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La république des mallettes et les “fantasmes” de Pierre Péan

Rédigé par notre équipe le 24 septembre 2011.

Qu’est-ce que le journalisme à la française ? On connaissait déjà les méthodes totalitaires de l’inquisiteur Edwy Plenel, il faudra désormais se faire à l’art consommé de la théatralisation selon Pierre Péan, qui accuse (sans l’once d’une preuve) à tout va et dénonce un système généralisé de rétro-commissions pour financer la vie politique française.

 

Fraîchement relaxé dans l’affaire Clearstream, Dominique de Villepin, (particulièrement visé dans le dernier livre de Pierre Péan) a résumé le sentiment général face à la lecture de La République des mallettes (éditions Fayard) : un condensé des “fantasmes” de Pierre Péan. Des “fantasmes” qui tournent autour du “secret” (des services aux commissions) et se nourrissent de constructions complotistes osées.

 

Si Pierre Péan n’a pas de scoop à vendre, il a à coup sur des idées… et plus particulièrement une imagination débordante qui entraîne ses lecteurs aux quatre coins du monde dans ce qui ressemble beaucoup à un roman d’espionnage bien touffu avec ses intermédiaires peu scrupuleux, ses mallettes de billets qui passent d’un continent à l’autre… et ses trompe-l’oeils du pouvoir (ceux qui nous dirigent ne sont pas ceux qu’on croit). Malheureusement, ce n’est pas un livre d’espionnage qu’a voulu écrire Pierre Péan, et l’écrivain n’en démord pas : tout ce qu’il raconte n’est que pure vérité.

 

De quoi retourne-t-il précisément dans ce livre qui ferait passer un scoop de Mediapart pour un entrefilet du Figaro commandité par l’Elysée ? De la campagne de Nicolas Sarkozy tout d’abord, qui aurait été financée par des fonds secrets mis à disposition par Alexandre Djhouri, “prince des ténèbres” dixit Péan. Jamais entendu ce nom ? C’est pourtant lui qui dirige en sous-main la France… et ce depuis pas mal de temps !

 

Selon Pierre Péan, cet homme d’affaires d’origine maghrébine qui a grandi en banlieue (ça sent déjà le souffre) et a construit sa fortune en servant d’intermédiaire dans des grands contrats internationaux, est l’homme de l’ombre de la politique française… et accessoirement son financier occulte puisqu’il est chargé de négocier les rétro-commissions qui serviront in fine à financer les campagnes présidentielles des politiques.

 

Petit souci de crédibilité tout de même. Alexandre Djhouri est depuis des années un très proche ami de Dominique de Villepin… Ce qui tend à décrédibiliser quelque peu la thèse en faisant l’éminence grise de Nicolas Sarkozy… Mais Pierre Péan se moque de ces broutilles et se fait un devoir de dérouler son intrigue en prenant pour acquis les supputations faites à la page précédente.

 

On retrouve donc Alexandre Djhouri dictant ses volontés à Claude Guéant au fil de ses humeurs face à un Nicolas Sarkozy d’une passivité que ses pires détracteurs n’avaient jamais imaginé. Le “fantasme” à la sauce Péan est total et “packagé” pour être un succès de librairie : le petit banlieusard qui prend les rênes de l’Etat en tenant la classe politique par la/les bourse(s)…

 

Une construction qui pose tout de même des questions, au point que Dominque de Villepin se demandait récemment : “il n’y a jamais eu d’enquête de Pierre Péan. Je me pose même la question de savoir si ce n’est pas un livre de commande”. Et si on jouait à notre tour au petit jeu de la théorie du complot ? Qui aurait intérêt à affaiblir l’appareil d’Etat à moins d’un an de la présidentielle ?

Déjà une remarque sur cet article

  1. streit dit :

    D’après Pierre Péan les tribunaux ont reconnu qu’il y a eu valse de mallettes un non lieu a été prononcé parce que les destinataires restent introuvables. Pas de traces…pas de preuves!!!

    Qui croire???

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