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Rama Yade : chronique d’un échec annoncé.

Rédigé par zemmouriendegauche le 06 octobre 2011.

Pauvre Rama. Encore au top il n’y a pas si longtemps, voilà dorénavant que le ciel s’assombrit sur son parcours.

Le top, elle le doit à Sarko, c’est évident. Et ses échecs, elle ne les doit qu’à elle-même. Pourtant, tout lui était donné. Comme Chantal, comme Rachida… Mais alors que ces deux là sont finalement retombées sur leurs pieds et ont acquis un fief électoral et un mandat solide, Ramatoulaye tombe de charybde en scylla.

Pensez donc…Rien ne pouvait lui arriver, à elle, la chouchoute des Français… Sauf que , être le chouchou des Français ne veut pas dire qu’on a un potentiel électoral.

Du jour où il l’a compris, le Président lui a dit « bye bye ». La popularité superficielle ne fait pas une élection. Demandez donc à Kouchner, Veil ou Hulot. Ils ne vous diront pas le contraire. Et Rama, c’est pareil.

L’ancienne Maire de Colombes, Nicole Goueta, s’en lamente encore. En 2008, Yade l’a rejoint sur sa liste, en « guest star ». Résultat : des municipales perdues et une ville qui passe à gauche. La magie ne prend pas. Nicole Goueta ira même jusqu’à considérer que son illustre colistière lui a fait perdre plus de voix qu’elle ne lui en a fait gagner.

Le même résultat se reproduit en 2010 à l’occasion des Régionales. Yade, au sommet de sa popularité, est deuxième de la liste du 92. Et surtout, elle fait campagne à Colombes, comme une vraie tête de liste. Dans cette ville, particulièrement, le score de l’UMP est pitoyable, de 8 points inférieurs à ce qu’il était en 2008.

Mais Rama continue de croire en son destin. Cependant, fin 2011, alors qu’elle brigue la direction de l’UMP locale, elle retire soudain sa candidature, tant est évidente la « déculottée » qu’elle va prendre face au « chef du coin », le dénommé Lionnel Rainfray. Yade retirée, elle envoie tout de même son candidat face à Rainfray. Résultat, Rainfray gagne avec plus de 80% des voix des adhérents.

Enfin, dernier épisode en date, Rama veut aller aux législatives.

Alors qu’elle annonçait quelques mois auparavant sa volonté de s’attaquer au député communiste Muzeau dans la 1ère circonscription des Hauts de Seine, elle change d’avis. Ce sera la 2ème, selon elle plus facile à gagner parce que « plus de droite ».

C’est sans compter avec les élus en place, au premier rang desquels Manuel Aeschlimann, défait en 2008 mais toujours Député, toujours populaire et visant la reconquête de la Mairie en 2014.

C’est sans compter avec les élus de Colombes qui la détestent et sont prêts à s’allier pour lui faire mordre la poussière. C’est sans compter avec Marie-Do Aeschlimann, qui n’est pas seulement la femme de l’autre, mais qui a acquis des mandats électoraux (conseiller régional depuis 2004 et élue municipal depuis 2001) et qui arpente le terrain en long en large et en travers.

C’est sans compter avec une horde de nouvelles têtes, légitimistes d’Asnières et de Colombes, qui veulent accompagner Aeschlimann et Goueta dans leurs reconquêtes respectives et ne veulent surtout pas de Yade et de sa part d’imprévu.

C’est sans compter avec l’électorat, où l’on pointe environ 15% de vote FN et une forte coloration de vote UMP populaire bien de droite. Sociologiquement, ce n’est pas un électorat fait pour elle.

Si elle y va quand même, faute d’autre choix, c’est chronique d’une mort politique annoncée. Dans un tel bourbier, elle peut au pire recevoir une correction et se faire battre par l’une des gloires locales. Au mieux, se fourvoyer dans une triangulaire dont sortira gagnant le candidat de gauche, surtout si Hollande l’emporte aux présidentielles.

Yade, elle, ne gagnera pas. C’est écrit. Et les choses empirent depuis que Jean-Louis Borloo, son radeau de la méduse à elle, l’a abandonné en rase campagne présidentielle. Un récent “confi” de l’Express précisait qu’après l’abandon de sa candidature à la présidentielle de 2012, Sarko avait fait appelé Yves Jego pour le faire revenir, mais qu’il avait fermé définitivement la porte à Paillé le fébrile et à Rama l’insolente.

Pour continuer d’exister politiquement et médiatiquement, il est parfois des moments où il vaut mieux renoncer à une élection. Et il est bien ainsi que les hommes et les femmes qui ne sont pas loyales envers la branche qui les a verdit et qu’ils coupent sans amertume finissent pas le payer publiquement un jour.

Ce ne sont pas tous les ex-ténors de la vie politique française, disparus au lendemain d’une défaite contre un sans grade, qui prétendront le contraire.

 

Déjà une remarque sur cet article

  1. Nicolas dit :

    Aeschlimann toujours populaire, qu'est ce qui faut pas lire!