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Primaire socialiste : François Hollande ou le sectarisme

Rédigé par lateigne (24actu) le 13 octobre 2011.

Le dernier débat de la primaire socialiste aura au moins eu le mérite de montrer le vrai visage du parti socialiste selon Martine Aubry : celui de l’arrogance, de la suffisance et du sectarisme. Le choix est désormais clair à trois jours du second tour : si les sympathisants socialistes choisissent la maire de Lille pour les représenter, ils s’enfonceront dans la voie de l’extrémisme et de la démagogie d’extrême-gauche qui a déjà marqué le premier tour.

Que restera-t-il de ce débat feutré entre deux candidats potentiels qui ne pouvaient pas montrer trop ouvertement leur haine mutuelle ? La hargne de Martine Aubry, mal fagotée dans les habits (trop courts pour elle) de la combativité et de la pugnacité. En se positionnant perpétuellement dans une double posture de drague aux électeurs d’Arnaud Montebourg et d’agressivité (et souvent de condescendance) à l’égard de François Hollande, la Dame des 35 heures a montré ses limites : l’invective et la morgue jospinienne !

Revenant sans cesse sur son portefeuille ministériel sous l’ère de la Gauche Plurielle (c’était au siècle dernier) pour prouver son sérieux et tenter de décrédibiliser sans élément François Hollande, la fille de Jacques Delors (qui a de surcroît hérité de la mairie de Lille là où Hollande a gagné ses premiers galons au coeur de la chiraquie corrézienne) a joué aux professeurs de politique avec une suffisance parfois intolérable… comme lorsqu’elle se lança dans une leçon incompréhensible sur l’éducation nationale.

En face, François Hollande a eu beau jeu de ne pas relever toutes les piques et de ne renvoyer que “mollement” les attaques de roquet de Martine Aubry. Il sera resté tout du long dans une posture assez présidentielle qui dénotait avec sa rivale et avait de quoi séduire l’électorat centriste qui in fine fera l’élection en 2012… Et même si ses propositions ne cassent pas des briques, il aura au moins eu le mérite de la pédagogie et de placer le débat sur des bases politiques et pas seulement politiciennes.

Hélas pour les Français, le bon sens le plus élémentaire ne paie pas toujours à l’heure de convaincre des militants sur de leur fait et fiers de leur prérogative à sélectionner le candidat le plus radical (voire extrême). La primaire écologiste, un exemple de suicide collectif que les générations futures étudieront sans doute en classes de sciences politiques, est un sacré exemple qui devrait à lui seul empêcher François Hollande de dormir trop tranquille jusqu’à dimanche.

Si la prestation télévisée de Martine Aubry n’aura sans doute pas convaincu les Français, elle peut avoir flatté une frange non négligeable de l’électorat socialiste… Ce sera tout l’enjeu du scrutin de dimanche.

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