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Lettre ouverte : Madelin démonte Montebourg et la démondialisation

Rédigé par notre équipe le 14 octobre 2011.

LETTRE OUVERTE À ARNAUD  MONTEBOURG, AUX PROTECTIONNISTES ET 
AUX DIRIGISTES DE TOUS BORDS
Cher Arnaud, 
Vous avez choisi d’interpeller Martine Aubry et François Hollande sous forme d’une lettre 
ouverte. Vous prenez l’opinion à témoin. Aussi je souhaite vous répondre et à ma façon 
éclairer le débat. Si je reprends votre lettre au vol, bien que ne m’étant sans doute pas 
destinée, c’est parce que le libéral que je suis ne peut laisser les arguments qui font votre 
succès sans réponse. 
Il est trop facile en temps de crise de jouer sur les peurs, de promettre d’illusoires protections, 
de dénoncer quelques boucs émissaires commodes. 
J’entends d’abord, point par point, réfuter votre protectionnisme, un protectionnisme dont 
l’Histoire nous a appris tous les dangers. C’est un protectionnisme radical tout comme celui 
de Mélenchon et de Marine Le Pen. 
Sans doute cette dernière comparaison vous irritera-t-elle, mais où est la différence lorsque 
celle-ci fait de la « mondialisation ultralibérale  imposée par les Etats-Unis et la finance 
internationale » la cause de tous nos maux. Avec pour remède, la reprise du contrôle de 
l’économie et de nos frontières par le politique et la promesse d’un Etat fort pour mettre en 
œuvre « un protectionnisme social et territorial ».
En fait, votre tâche est d’autant plus facile que le refus de la mondialisation libérale et la 
condamnation des excès de la finance internationale sont devenues des figures de discours 
convenus, à gauche comme à droite. Vous ne faites le plus souvent, que surenchérir dans des 
propositions puisées chez d’autres. 
Tous -ou presque- répètent leur volonté de protéger les Français contre les soi-disant 
dumpings fiscaux, sociaux, environnementaux. Et la  « préférence communautaire » -c’est-à-
dire la version européenne de la préférence nationale- est une proposition de l’actuel président 
de la République. La TVA sociale qui prétend faire  contribuer les produits étrangers au 
financement de notre protection sociale ou la taxe carbone sur les produits importés préparent 
les esprits. 
Votre succès devrait d’ailleurs servir à ceux qui pensent pouvoir emprunter le discours 
protectionniste qui fraie le chemin aux extrêmes et qu’ils trouveront toujours un « mieux 
disant protectionniste ». 
Aussi j’espère que les arguments que j’entends vous opposer serviront à combattre -bien audelà de vous- la tentation protectionniste 
1)   Vous souhaitez une France nouvelle mais votre réaction contre le libre échange n’a 
rien de bien nouveau. Elle est de toutes les époques. Déjà, d’autres que vous, au début du 
siècle dernier, dénonçaient la concurrence des travailleurs au rabais et les usines françaises 
établies en Pologne ou en Italie. Dit-on que la rapidité des moyens de communication modifie 
aujourd’hui la donne du libre-échange ? Hier, le textile parisien protestait parce que, avec le 
développement des chemins de fer, l’on assistait à « l’exode » des tissages et des filatures vers les Vosges pour  « mettre les petits bergers des Vosges en concurrence avec les pauvres 
lingères brodeuses, mères de  famille de Lyon ou de Paris ».  
Il est vrai que lorsque la machine à fabriquer les emplois est en panne et quand se prolongent 
les désordres financiers et monétaires, les arguments protectionnistes trouvent toujours un 
écho nouveau. 
2)       En fait protectionnisme repose sur une illusion d’optique. Ce que l’on voit, c’est une 
entreprise contrainte sous la pression de la concurrence de fermer ses portes ou de délocaliser. 
Mais le consommateur qui en achetant par exemple une paire de chaussures importée 110 € au 
lieu de 200, a gagné un pouvoir d’achat supplémentaire de 90 €. Ce que l’on ne voit pas 
derrière la perte du producteur national, c’est le profit de cet autre producteur qui bénéficiera 
de ces 90 €. Ce que l’on voit encore moins c’est que les 110€ touchés par le producteur 
étranger reviendront inéluctablement, directement ou indirectement, sous forme d’achat de 
bien ou de services dans notre  économie au profit d’un autre producteur. Ceci revient à dire 
que tout avantage obtenu par le producteur d’une activité protégée se fait nécessairement aux 
dépens du consommateur et de deux autres producteurs selon la règle « un profit, deux 
pertes » que les manuels d’économie enseignaient naguère.
C’est pourquoi globalement le libre-échange est toujours  gagnant-gagnant. 
Certes, si le dynamisme entrepreneurial est insuffisant et l’économie peu compétitive, les 
nouveaux emplois de substitution ne verront pas le  jour. Mais est-ce là la faute du libre 
échange ?  
3)       Le libre-échange est un jeu à somme positive, le gain de l’un n’est pas la perte de 
l’autre.
Le libre-échange est l’expression de droits fondamentaux : la liberté de produire, d’échanger, 
de choisir. La mondialisation n’est rien d’autre que cette extraordinaire opportunité offerte à 
tous les habitants de la planète d’échanger toute sorte de biens, de services, de capitaux, 
d’informations sans avoir à se préoccuper de l’existence des frontières. 
Les pays pauvres ont tiré globalement profit des progrès du libre-échange. La pauvreté, la 
faim, la misère et l’oppression reculent. La démocratie avance, l’éducation progresse, la santé 
s’améliore, la liberté économique profite à tout le monde. La liberté permet la mobilité 
sociale, les droits de propriété protègent les plus pauvres. La démocratie libérale permet le 
développement ; les pays en développement ont besoin de liberté,  de libre-échange et moins 
de protectionnisme. Cela est si vrai que l’on se presse aux portes de l’OMC pour y rentrer et 
que personne je souhaite en sortir. 
Vouloir réserver le libre-échange à des pays comparables, serait dire que les riches devraient 
échanger entre eux, les plus pauvres pourraient leur acheter, mais surtout pas leur vendre. 
4)       Le faux procès du dumping fiscal, social ou écologique
Les inégalités de conditions de concurrence ne constituent en rien du dumping. 
Le mot dumping que tous utilisent volontiers n’est  applicable qu’à des comportements 
potentiellement répréhensibles de vente à des prix inférieurs à ceux du marché national. 
Si l’égalité des conditions de concurrence est nécessaire à l’organisation d’une course 
hippique, elle n’a pas de sens pour des activités économiques dans lesquelles la recherche de 
l’efficacité doit primer. Le climat, les aptitudes, la législation économique, les charges 
publiques, les salaires, l’abondance du capital, l’accès à des réserves de matières premières 
sont autant d’inégalités de conditions de concurrence qui, grâce à l’échange, vont créer de la 
valeur. D’ailleurs, il n’y a pas de différence entre la concurrence d’une main-d’œuvre étrangère bon marché et celle d’une machine qui économise le travail humain et fait baisser 
les prix. 
Si l’on voulait égaliser les conditions de concurrence, encore faudrait-il dire lesquelles et 
jusqu’où ? Le temps de travail ? Les impôts ? Les salaires ? Et si oui, faut-il le faire par le 
haut, par le bas, par la moyenne ? Et que faire des conditions naturelles ? Faudrait-il 
harmoniser les jours de soleil pour préserver l’égalité des conditions de concurrence dans le 
tourisme ? 
Dumping fiscal ? Assurément, beaucoup de pays ont des impôts inférieurs aux nôtres : un 
faible impôt sur les sociétés en Irlande, un impôt au taux unique d’environ 20% dans les pays 
Baltes, pas de plus-values en Belgique, pas d’ISF en Allemagne… Mais cela correspond à une 
dépense publique inférieure  (34% du PIB en Irlande avant la crise contre 53% en France). 
Qui doit se rapprocher de qui ? Baisser l’ISF, copier la flat tax… L’Irlande ne pourrait-elle 
pas reprocher à la France la concurrence déloyale de ses exonérations de charges ? 
Dumping social ? Il faudrait soustraire nos producteurs nationaux à la concurrence 
d’exportateurs en provenance de pays aux droits syndicaux trop faibles et aux salaires trop 
bas. Il y a là beaucoup d’hypocrisie. Qu’on ne dise pas que l’on défend les droits 
fondamentaux quand on les réduit aux droits syndicaux. Quant aux salaires, s’ils sont bien 
entendu plus faibles dans les pays pauvres que dans les pays riches, c’est que la productivité 
globale y est aussi beaucoup plus faible. Augmenter le coût du travail dans ces pays 
reviendrait à supprimer leurs avantages comparatifs et à les condamner à la pauvreté ! Et si les 
désordres des changes engendrés par les manipulations monétaires des Etats empêchent 
souvent les ajustements de coûts, le libre échange n’est pas responsable.  
Dumping écologique ? Les  contraintes environnementales que nous nous imposons sont loin 
d’être partagées par tous. En fait, la valeur de l’air, de l’eau ou d’un paysage, n’est pas la 
même dans un pays riche et dans un pays émergent confronté à la famine, aux épidémies et à 
la pauvreté. Et il n’est guère réaliste d’imaginer  une taxe frappant les produits importés des 
pays qui ne pratiquent pas les mêmes limitations de rejets de CO2 que nous. Pourquoi pas une 
taxe frappant les exportations des pays riches en raison de leurs rejets passés dans 
l’atmosphère ? 
Dans quel monde économique vivez-vous pour imaginer une agence publique chargée de 
fixer pour chaque produit le juste prix écologique ou social ? Voilà qui serait beaucoup plus 
for que  le contrôle des prix. 
5)       L’industrie ne disparait pas. Elle se transforme et s’internationalise 
Derrière le film catastrophe de la désindustrialisation que la France aime se projeter, la baisse 
de nos effectifs industriels a deux causes essentielles.  
D’une part, l’externalisation des fonctions de service (gardiennage, nettoyage, cantine) 
autrefois comptabilisées dans les emplois industriels et passées aujourd’hui dans les services. 
La frontière entre industrie et services s’estompe. Au lieu de vendre un bien, on vend de plus 
en plus un service. Les industriels se font commerçants. Les commerçants se font industriels. 
D’autre part, la hausse de la productivité dans l’industrie fait que moins d’emplois et moins 
d’argent sont nécessaires par unité produite. 
L’influence des délocalisations reste d’ailleurs marginale. Tous les rapports convergent pour 
montrer que les délocalisations sont globalement favorables à la croissance économique et à 
l’emploi. Elles n’ont, par exemple, pas empêché l’Allemagne de devenir le premier exportateur de biens de haute technologie devant les Etats-Unis, à partir des mêmes facteurs 
de production que la France (même monnaie et même coût du travail). 
La plupart des produits aujourd’hui sont le résultat d’assemblages extrêmement complexes à 
l’échelle de la planète et vouloir opposer des obstacles à cette prodigieuse division 
internationale du travail est puéril. 
Apple en est un bon exemple. Prenez un iPhone, comptabilisé 179$ dans les statistiques 
américaines des importations en provenance de Chine. Une récente étude universitaire 
réalisée au Japon (Yuquig Xing et Neal Detert) a décomposé le processus de fabrication et la 
chaîne de valeur. Si la 3G, le Bluetooth et les composants audio sont « Made in USA », la 
mémoire flash et l’écran sont produits au Japon, le processeur et ses composants sont coréens, 
le GPS, la caméra et le Wifi viennent d’Allemagne.  L’assemblage final en Chine ne 
représente que 6,5$ soit 1,3% du prix de vente aux Etats-Unis ! 
Ce que l’on voit, c’est un déficit commercial apparent de 1,9 Md pour les Etats-Unis avec 
l’iPhone, ce que l’on ne voit pas, c’est la captation de l’essentiel de la valeur créée par les 
américains et par Apple. 
La mondialisation et la mutation de nos économies vers la société de la connaissance ne font 
que renforcer cette interdépendance des activités économiques et financières.  
6)       Le protectionnisme appauvrit les peuples
D’abord toute mesure de protection s’analyse comme un impôt de plus. Fermer nos marchés, 
c’est contraindre le consommateur français à acheter un produit européen à un prix supérieur 
à celui d’un produit extra-européen. La différence  entre ces deux prix constitue un 
prélèvement obligatoire de plus que le consommateur devra verser non pas à l’Etat mais au 
producteur européen. Il s’agit même là – cela devrait vous préoccuper - d’un impôt sur les 
consommateurs les plus modestes, car cette préférence communautaire s’appliquerait et 
priorité sur les produits de grande consommation populaire.  
Toutes les expériences protectionnistes montrent ensuite que protéger durablement un secteur, 
c’est détruire les signaux des prix qui permettent  les adaptations permanentes. Avec pour 
résultat - le plus souvent – un décrochage par rapport au monde. 
7)       Ne faisons pas du libre-échange le bouc émissaire de nos désordres monétaires. En 
fait, les bas salaires sont le reflet d’une productivité globale beaucoup plus basse. Le fait que 
les salaires des pays pauvres soient plus faibles que ceux des pays riches ne constitue ni un 
fait nouveau ni une hérésie économique. Si les salaires chinois, vietnamiens ou indonésiens 
sont beaucoup plus faibles que les salaires européens, c’est parce que la productivité moyenne 
y est plus faible. C’est, en principe, la fonction du système des taux de change que de corriger 
ces inégalités de productivité. 
Au fur et à mesure que les pays les moins productifs se développent, leur monnaie devrait 
dans un même temps se réévaluer et se rapprocher de ce qu’on appelle la parité de pouvoir 
d’achat. Sur ce point, je vous concède volontiers qu’il ne peut y avoir de fonctionnement 
normal du libre-échange que lorsque les Etats s’abstiennent de manipuler les monnaies. Or, 
aujourd’hui – ce n’était pas le cas dans les périodes les plus prospères du libre-échange – 
beaucoup de problèmes de compétitivité imputés au libre-échange sont clairement des 
problèmes d’ajustements monétaires. 
Néanmoins, il est facile d’observer que sur les cinq dernières années, le coût du travail en 
Chine, corrigé du taux de change, s’est apprécié d’environ 50%. 
8)       Promouvoir le protectionnisme, c’est se tromper de combat. Il ne faut pas se tromper de combat et prétendre défendre nos emplois, face aux pays à main 
d’œuvre bon marché, en comprimant les salaires, en subventionnant les emplois peu qualifiés 
par d’artificielles baisses de charges tout en décourageant le capital et en sur fiscalisant les 
emplois qualifiés. 
Ce n’est pas la baisse du coût du travail qui fait la compétitivité. Les baisses artificielles du 
coût du travail à coups de subventions publiques sont non seulement contre-productives mais 
aussi désespérantes socialement. Elles donnent le sentiment qu’avec la mondialisation, 
l’avenir est au « salarié low-cost » épuisable et jetable. Que l’entreprise idéale, c’est un patron 
avec des salaires américains et des employés avec des salaires tchèques. 
L’avenir est à la France des bons salaires, pas à celle des bas salaires ! Il existe une saine 
augmentation du coût du travail au travers de la maîtrise des dépenses sociales et de meilleurs 
salaires rendus possibles par les gains de productivité et l’accroissement des investissements. 
Il est absurde, comme on le fait trop souvent, d’opposer le capital et le travail. C’est le capital 
investi qui fait les bons salaires de l’entreprise. Et c’est le niveau de capital productif qui fait 
le niveau général des salaires d’un pays. La déflation salariale allemande (imposée pendant 
dix ans à la suite de la surchauffe de la réunification) n’est pas un modèle. Le vrai secret de la 
compétitivité est ailleurs ; dans la qualité, la créativité, la qualification, l’innovation, 
l’investissement. Savez-vous qu’il y trois fois plus de robots dans les usines allemandes que 
chez nous (240 pour 10 000 employés, 85 en France) ? 
Vos diatribes contre la finance appellent des réponses plus courtes. 
Dire que l’on veut faire payer les banques car elles le méritent bien « flatte l’opinion ». La 
responsabilité  des banques dans la crise mériterait discussion. Une chose est sûre, c’est que 
l’activité bancaire est par nature hyper réglementée et que les failles de la réglementation 
relèvent pour la plus large part de la responsabilité des politiques de tous bords. 
Certes les Etats dans la crise ont du soutenir les banques pour éviter la faillite du système de 
crédit mais l’on sait qu’en France le soutien apporté aux banques dans la dernière crise n’a 
rien coûté aux contribuables (et à même rapporté). 
Quant à l’actuelle crise de notre système bancaire, ce n’est pas celle d’une quelconque 
spéculation mais bien la menace d’un défaut possible d’obligations souveraines présentées 
comme les plus sûres, d’une réglementation  qui a forcé leur détention par les institutions 
financières, et d’un dépassement dangereux des déficits autorisés par le traité de Maastricht, à 
commencer par la France. 
Quant à « faire payer les banques », il faut comprendre que cela signifie « on va faire payer 
les clients des banques ». Depuis longtemps la sagesse fiscale nous a appris « que si l’on met 
un impôt sur les vaches, ce ne sont pas les vaches qui paient les impôts ». 
Il en va de même d’une très éventuelle taxation des transactions financières qui, bien 
évidemment, serait répercutée sur le coût du capital et du crédit. 
Je sais bien que vous n’êtes pas seul à la préconiser mais je vous conseille de relire les 
rapports des experts économiques auprès de Lionel Jospin ou des déclarations de Dominique 
Strauss-Kahn ou Laurent Fabius qui savaient si bien expliquer qu’une telle taxe serait 
« inefficace » et « irréaliste ». 
Quant à prétendre mettre les banques sous tutelle sans indemnisation, c’est ignorer 
l’intégration mondiale des marchés financiers et la libre circulation des capitaux et les règles 
de droit européennes. 
Imaginez que la France puisse faire « monde à part » ou « finance à part » est chimérique. Tous les discours protectionnistes et dirigistes ne changeront rien – fort heureusement – aux 
évolutions du monde. Mais ils peuvent assurément faire perdre des chances à notre pays, 
aggraver nos problèmes d’emploi et de pouvoir d’achat. 
Au total souhaiter que la France ou l’Europe fasse « monde à part » ou « finance à part » n’est 
pas une solution qu’il soit honnête intellectuellement de proposer à nos concitoyens, même si 
c’est peut-être ce qu’ils veulent entendre dans ces temps difficiles où il faut avoir le courage 
de dire et de rappeler que les causes des malheurs de la finance ne sont pas celles que vous 
pointez mais plus sérieusement des manquements des politiques publiques, des interventions 
intempestives de ces dernières dans l’économie (ainsi en est-il de la cause de la crise dite des 
subprimes) et pire encore des défauts des Etats à honorer leurs signatures sur les marchés 
faute d’avoir proposé des produits financiers sains, c’est-à-dire en reflet avec une valorisation 
réelle. 
Etatiser les finances d’un pays ainsi que leurs institutions n’est pas le gage d’un 
comportement vertueux, souvenez-vous du Crédit Lyonnais ! 
Placer sa foi dans l’intervention publique en se défiant de l’initiative privée est une profonde 
erreur de raisonnement. C’est au nom des convictions qui sont les miennes que je crois 
nécessaire de vous le rappeler. Il n’ya pas une France vertueuse du service public et une 
France corrompue des entreprises privées. Ce clivage qui marque les idées qui sont semble-til votre succès divise encore une fois notre pays et ne le rassemble pas autour de ses talents 
créateurs qu’il faut encourager et non encadres, qu’il faut libérer et non contraindre. 
Je sais que ce discours a peu de chance de retenir votre raison, tant il est vrai que le constat 
que je fais est toujours peu partagé par vos amis mais encore par ceux qui, à droite aussi, 
entendent promouvoir le retour de l’Etat. 
Tant il est vrai que tenir un discours de responsabilité sur les causes de la crise et sur les 
solutions qui doivent être proposées, c’est marquer le pas sur une démagogie toujours plus 
facile. 
Il n’empêche qu’il m’appartenait de vous répondre aussi complètement que possible même si 
j’ignore, à vrai dire, si ceux qui ont emporté le premier tour des primaires prendront ce même 
soin. 
Croyez bien, Cher Arnaud, à l’expression de mes sentiments libéraux, démocrates et 
républicains. 

 Alain Madelin

Déjà une remarque sur cet article

  1. Bernard dit :

    Alain Madelin, homme d’expérience qui a fait ses preuves puisqu’il a eu plusieurs fonctions ministérielles a une vision claire du monde qui nous entoure. Je crains qu’il ne soit pas entendu par M Montebourg (avocat) d’extrême gauche et peut être trotskiste ! Celui-ci est contre l’OMC et prône des mesures de protectionnisme ! Il entend relancer la croissance par la dépense publique ! Il fait partie d’un gouvernement sans expérience, le Pays peut s’attendre au pire.

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