Fessenheim : le hochet nucléaire de Hollande aux écolos

Rédigé par lateigne (24actu) le 31 octobre 2011.

L’art de la synthèse et du compromis mou aura finalement été plus fort que les grandes déclarations de campagne. François Hollande semble avoir cédé (du moins en apparence) aux écologistes sur la question nucléaire en promettant la fermeture de la centrale de Fessenheim, pourtant déclarée aussi sûre que le reste du parc français par les autorités de sûreté nucléaire.

S’il ne s’est pas totalement dédit en n’offrant aux écologistes qu’un lot de consolation, la position de François Hollande sur le nucléaire est de plus en plus paradoxale : s’il assure ne pas souhaiter de sortie de l’atome, le candidat socialiste veut faire passer la part du nucléaire de 75% à 50% en 5 ans ! Pourquoi ?

Et sur quelles bases accorder aux écologistes la tête de Fessenheim, dont ils ont fait leur principal cheval de bataille depuis des mois ? Tous les experts en sûreté nucléaire affirment pourtant que la centrale alsacienne respecte toutes les normes de sûreté… Hélas, il ne s’agit pas ici de sûreté nucléaire, mais de marchandage électoral.

François Hollande ne souhaite pas vouloir humilier les Verts, qui le menacent depuis plusieurs semaines de ne pas se rallier à lui en cas de maintien de son projet nucléaire. En se mettant d’accord sur une mesure avant tout politique et symbolique (la fermeture de Fessenheim), il met un peu d’eau dans son vin sans remettre en question sa doctrine nucléaire.

Sauf qu’à multiplier les arrangements à la petite semaine, la gauche est en train de nous tricoter un programme (notamment en matière énergétique) qui n’a ni queue ni tête. Et que diront les écologistes si en cas de victoire, François Hollande maintiendra le projet EPR comme tout semble l’indiquer ?

Déjà une remarque sur cet article

  1. denis dit :

    ce que lateigne ne dit évidement pas dans son super article pur beurre de désinformation c'est que:

    – Le 29 mars 2011 le Conseil régionale de Franche-Comté a adopté par neuf voix contre quatre une motion demandant la fermeture de la centrale de Fessenheim.

    – Le 11 avril 2011, le conseil municipal de Strasbourg s'est prononcé à l'unanimité moins une voix en faveur de la fermeture de la centrale.

    – Le 15 avril 2011, le conseil de la Communauté urbaine de Strasbourg a demandé l'arrêt de la doyenne des centrales françaises et sa reconversion en site pilote de recherche-développement, suite à une motion adoptée par 56 voix pour et 6 contre (12 absentions).

    Ah, ces méchants écolos, ils sont décidément partout. Sauf ici…

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