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Vive l’abstention en 2012 !

Rédigé par enreflechissant le 10 novembre 2011.

Personne ne pourra l'éviter: si par malheur il vous arrive de remettre en cause le système politique qui a le monopole actuellement dans nos pays développés, et que vous poussez l'argumentation jusqu'à prétendre que voter revient à légitimer le système en place, une foudre vous tombera dessus.

abstentionPersonne ne pourra l’éviter: si par malheur il vous arrive de remettre en cause le système politique qui a le monopole actuellement dans nos pays développés, et que vous poussez l’argumentation jusqu’à prétendre que voter revient à légitimer le système en place, une foudre vous tombera dessus.

“Comment peux-tu rejeter ce droit pour lequel des personnes se sont battues?!”
L’immense majorité des “citoyens” pensent que notre système politique est le fruit d’une mûre réflexion, et surtout, la plupart des citoyens pensent qu’il a été créé pour le bien commun.

 

Ils ont à moitié tort. Les systèmes politiques actuels, que nous nommerons dorénavant “oligarchies déguisées”, car ils poussent la majorité à conférer les pouvoirs dans les mains d’une minorité, sans contrôle, tout en faisant croire qu’ils sont démocratiques, ont été savamment réfléchis. Mais ils n’ont pas été réfléchis pour le bien commun. Au cours du 18ème siècle de multiples facteurs ont mis en avant une volonté de progrès dans plusieurs parties du monde. Le progrès est synonyme de liberté. Seulement voilà, les révolutions qui ont abouties à la chute de systèmes politiques monarchiques (ou oligarchiques, sans la participation des citoyens à choisir les membres de l’oligarchie) ont été menées ou récupérées, comme c’est très souvent le cas, par un petit nombre de personnes, plus puissantes (économiquement ou politiquement) ou plus libre de s’investir. Les constitutions des nouveaux systèmes politiques ont été créées par des personnes qui avaient des intérêts particuliers (économiques). Ainsi il a fallu réfléchir à une manière de contenter la population avide de liberté tout en s’assurant de la continuité des privilèges économiques et politiques. La “démocratie représentative” est ce qu’il leur fallait.

 

La “démocratie représentative” est une expression qui est apparue au cours du 19ème siècle. Lors de la mise en place des oligarchies légitimées par une participation minimale des citoyens, personne ne parlait de démocratie, puisque ceux qui s’intéressaient à l’étude des systèmes politiques savaient la différence fondamentale entre ces nouveaux régimes et la démocratie véritable à l’image de la démocratie athénienne. C’est avec la sortie du livre “De la démocratie en Amérique”, en 1835 par Alexis de Tocqueville qu’on assimile les “oligarchies déguisées” à la démocratie. Un gros problème qui n’arrange pas les choses: on nomme dorénavant la défaillance (oligarchie déguisée) par son contraire et par la solution: la démocratie. De fait, la plupart des gens pensent que nous vivons en démocratie.

 

Le système de l’oligarchie déguisée (démocratie représentative), a de nombreux avantages pour que l’oligarchie déjà formée (nobles et bourgeois) lors de la révolution subsiste et continue à se développer dans le temps:

 

-Le semblant de pouvoir accordé aux citoyens va faire taire la plupart des personnes réclamant la démocratie, car le matraquage médiatique persuade que le vote est fait pour changer les choses et donner le pouvoir au peuple.

-La création de partis politiques va permettre l’apparition de lignes de pensée qui vont s’imposer sur les élus. Les élus, s’ils veulent bénéficier des avantages liés à l’appartenance à un parti ( avantages quant à la communication, à l’organisation, au réseau..) doivent taire leurs revendications personnelles en désaccord avec la ligne du parti.

-La délégation du pouvoir à une minorité permet et encourage l’ignorance de la population sur certains sujets, comme les débats n’ont lieu qu’entre les dirigeants (parlementaires et gouvernement), les citoyens n’ont pas besoin d’avoir accès ou de se voir diffuser des études ou rapports sur tous les sujets. La connaissance des citoyens est freinée, et cela fait l’affaire de l’oligarchie.

-La convergence des puissants de l’économie, de la politique et des médias permettent le développement d’une pensée unique et la marginalisation de toute alternative.

-Le système fait voter pour des personnes et non pour des idées, – et encore moins pour des idées séparément – cela pousse les citoyens à faire des choix en terme de priorité, et d’entrer souvent en contradiction sur certains points entre leurs propres opinions et celles du candidats pour lequel ils vont voter. Cela permet à l’oligarchie de faire passer en bloc tout un tas d’idées.

-Les systèmes actuels, face à l’impuissance légale des citoyens, oblige ces derniers à faire des actes (manifestations, occupations, grèves) pénibles et contre-productifs pour se faire entendre (sans aucune assurance d’écoute ). Les oppositions sont donc contenues et freinées par la pénibilité et l’illégalité de l’acte.

Le système comporte aussi de nombreuses défaillances qui peuvent nuire à sa propre survie:

 

-L’élite qui se voit accorder les tout-pouvoirs vit très confortablement grâce à la décision qu’elle a prise: les citoyens vont financer le train de vie des décideurs. Cet abu crée un sentiment de rejet de la part des citoyens et favorise la critique du système.

-Le système politique représentatif est fondé sur le concept de la majorité, mais celle-ci n’est souvent pas atteinte lors des élections. Ainsi si on fait un calcul fiable et complet, en 2007 Sarkozy a été élu par moins de 41% de la population pouvant voter.

-L’absence de contre-pouvoir légal (les partis principaux ne forment pas des contre-pouvoirs puisqu’ils ont en majorité les mêmes intérêts) permet le développement et la mise en place de processus pouvant découler sur des crises graves (écologique, économique, sociale, morale).

-La polarisation du pouvoir amplifie la possibilité de choix non réfléchis et de conflits d’intérêts. S’en suit une instabilité du système lui-même.
Si le système politique actuel est le fruit d’un long combat, c’est bien celui du combat que mène la classe capitaliste (depuis le 18ème siècle est liée à la classe politique), pour conserver leurs provilèges.

 

L’oligarchie nous a “accordé” le “droit” de vote, c’est un leurre dont il ne faut pas se contenter. Nous réclamions le bras, ils nous ont donné le doigt, et sous l’argument que le doigt c’est déjà bien, certains participent au cirque électoral alors qu’il est là pour contenir le progrès. Les médias et l’éducation y sont pour beaucoup: nous devons arriver à ne plus voter, car voter c’est quelque part légitimer leur système, une fausse démocratie.

 

Déjà 4 remarques sur cet article

  1. denis dit :

    Enfin un article dans lequel je me sente totalement en accord. Il y a encore des gens qui réfléchissent, ça fait plaisir. Je ne sais plus qui disait que la démocratie était le pire des régimes politiques car c'était la dictature imposée par une majorité sur une minorité. C'est peut être un peu fort mais pas totalement idiot. Vous me direz que cela a au moins eu l'avantage d'éviter que les extrêmes ne dirigent notre pays, mais a quel prix…

    La démocratie c'est aussi imposer à ceux qui n'aiment pas ça le football, la télé poubelle-réalité, les chansons débiles l'été, la nouvelle manie crétine des films en 3D…

    Cela dit, il y aurait bien une alternative à l'abstention: le vote blanc. Le problème est qu'il représente une sorte de menace pour les partis politiques. On préfère comptabiliser les abstentionnistes pour mieux les culpabiliser. Le vote blanc c'est une autre histoire. Il est plus difficile de culpabiliser quelqu'un qui s'est présenter à un bureau de vote pour exprimer le fait qu'il ne se reconnaisse dans aucun parti politique. C'est surement une des raisons pour lesquels on ne donne jamais les chiffres du vote blanc ou nul. Cela légitimerait un agacement du peuple que les politiques ne veut pas entendre. Cela pourrait avoir un autre avantage: le vote "contestataire" ne serait plus orienté vers l'extrême droite…

  2. Henri dit :

    Content de voir que je ne suis pas seul ! La dernière fois que j'ai voté c'était en 1981. Ouvrier, j'avais toujours connu la droite au pouvoir. J'étais persuadé qu'un parti qui se réclame "de l'ouvrier" comme le PS, allait foncièrement changer les choses. Ah oui, ça a changé, en pire ! On oublie souvent que, la CSG, le RDS, le forfait hospitalier, le déremboursement des médicaments, ça a commencé avec Rocard. Et je pourrais allonger la liste des nuisances dûes aux socialistes. La pire étant à mon avis l'abandon de toute morale. De gauche à droite, c'est le même spectacle. La preuve que ce qui interesse les politiques c'est la palce et uniquement la place : au soir des elections le parti "vainqueur" dit "on a gagné". Poutant il devrait dire : on a la place, les responsabilités, dans 5 ans nous vous dirons si nous avons gagné, c'est-à-dire, si nous avons réussi à redresser la France. Mais ça ne leur vient même pas à l'esprit.

  3. Darenas Bareda dit :

    Voici un texte plutôt intéressant trouvé sur internet. Que vive l’abstention !

    Communiqué du Comité Anonyme pour l’Abstention Active.

    Plus bête et plus fallacieux que jamais : Votez contre ! Votez PS contre UMP ! Votez UMP contre FN ! Votez FN contre la Phalange française néo-fasciste !

    Jusqu’où voter contre ?

    Des bulletins de votes pour choisir nos corrompus.
    Préparer vous à prendre le chemin des urnes pour choisir celui des candidats qui vous représentera le moins mal possible. Avec soin, choisir la faction qui sera amenée à vous dicter ce qu’il convient de subir.

    Préferez l’abstention !

    Ne pas voter n’est pas un désengagement, mais un refus des choix restreints qui nous sont offerts.
    « lls ont voté et puis après ! », chantait Léo Ferré. Les élections passent et les problèmes restent.

    Les élections ne servent que les intérêts du gouvernement. Le droit de vote permet de légitimer le gouvernement en limitant dans la réalité le choix et la volonté du peuple.
    La sélection des candidats est facilement contrôlable par les diverses forces politiques en place.
    Ce système perpétue la pauvreté, les inégalités, le racisme, le sexisme, la destruction de l’environnement et la guerre.
    Il ne faut pas s’attendre à résoudre un de ces problèmes en changeant de corrompu tous les quatre ou cinq ans.

    Ne pas voter favorise le Front national. Absurde rhétorique. Le Front national ne progresse pas avec l’abstention, mais lorsque la croyance dans les autres partis s’amenuise.
    La fumisterie des partis élus apparaît dans toute son évidence après les élections. L’électeur se tourne alors naturellement vers le parti qui n’a pas encore fait la démonstration de son incompétence. Le FN en est l’exemple parfait. Petit à petit, après la démonstration de nullité de tous les autres partis, le FN fait inévitablement sa place. Il sera probablement élu un jour à la présidence. Par l’abstention massive, le FN, ne sera élu que par la plus réduite des minorités.
    Voter massivement contre le FN, serait prendre le risque s’il est élu, de lui procurer toute la légitimité dont il a besoin. Car l’électeur se doit de respecter le choix du srutin.
    Voter contre le FN et réussir à élire à sa place un parti presque autant réactionnaire de droite ou autrement corrompu de gauche, ne semble pas une option lucide et durable pour un avenir meilleur.

    Le discours simpliste servi à tout bout de champs est toujours le suivant « Qui c’est qui va raler quand le FN sera élu !? » Nous abstentionnistes, serons légitimement les seuls à pouvoir râler et protester, car nous n’acceptons plus les chimères du jeu électoral. Ne participant plus aux élections, nous ne sommes plus contraint de respecter l’imposture du srutin. Citoyen affranchi, cohérent et libre de contrer un gouvernement illégitime, élu par une minorité réduite du peuple.

    Ne pas voter ne suffit pas, il sera nécessaire de devenir la majorité grondante, être aux portes des palais lorsque les corromp-élus prendront les dernières mesures contre le peuple.

    Agissons par nous-mêmes, organisons-nous librement avec d’autres, dans notre milieu de travail, dans notre communauté, partout dans le monde – comme des égaux.

    Pour une société nouvelle, ou la liberté, l’égalité et la fraternité ne seront plus des mots vains.

    Comité Anonyme pour l’Abstention Active

  4. aaaaa dit :

    Tu proposes quoi à la place ? La démocratie athénienne était elle aussi imparfaite et son système n’est pas applicable pour des millions d’habitants, alors l’anarchie? Boloss.

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