Journalistes: Entre opportunisme et Complicité

Rédigé par B.Kali le 02 mars 2012.

Dans son livre, « Sexe, mensonges et medias » (Ed. Plon paru le 1er mars), Jean Quatremer, journaliste de Libération, accuse Laurent Joffrin, son patron de l’époque, de l’avoir empêché d’enquêter sur DSK alors qu’il était un des rares journalistes à avoir alerté à propos du comportement de DSK envers les femmes, dés 2007. Il y revient dans le grand journal de canal + du 28 février.

Laurent_Joffrin_DSKDans son livre, « Sexe, mensonges et medias » (Ed. Plon paru le 1er mars), Jean Quatremer, journaliste de Libération, accuse Laurent Joffrin, son patron de l’époque, de l’avoir empêché d’enquêter sur DSK alors qu’il était un des rares journalistes à avoir alerté à propos du comportement de DSK envers les femmes, dés 2007. Il y revient dans le grand journal de canal + du 28 février.

Laurent Joffrin lui répond dans une tribune, où il se défend en prenant appui « sur le respect de la vie privée ».

La grande question des medias et de leur rôle dans la vie de la cité revient donc en force avec ce débat entre Joffrin et Quatremer.

Les medias se font incontestablement complices des politiques et des industriels, souvent amis des politiques, lesquels sont amis des premiers, par des liens transitifs.

On se fréquente en général entre argentés et/ou dotés d’un pouvoir et l’équation Information = Pouvoir + Argent n’est que rarement démentie.

Evidemment, il est encore question de l’affaire DSK. Pour cause : elle a incontestablement marqué l’année 2011 mais surtout, elle possède la force du symbole plus qu’aucune autre affaire, eu égard au niveau du personnage, son charisme médiatique et surtout l’ambition présidentielle qui était la sienne.

Les amis de DSK reprochent souvent aux journalistes ou blogueurs de « parler de DSK ».

Avant son bannissement des débats politiques pour la présidentielle, on criait au complot politique pour l’évincer du débat et l’on espérait par cette rhétorique l’en préserver.

Certains de ses amis ont cru jusqu’à la veille de la clôture des primaires qu’il “irait” malgré l’affaire du Sofitel. D’autres ont même appelé, dans une pétition de soutien, à voter pour lui en dépit des décisions du PS, grâce à un bulletin sur papier libre !

Après qu’il eut été évincé, le reproche s’est transformé, devenant désormais « C’est du lynchage », « on tire sur l’ambulance » ou « que lui voulez-vous maintenant, il ne concoure plus à rien ».

Certes. Pourtant, l’histoire nous appelle à la vigilance. Les communicants et journalistes “amis” sont toujours dans son sillage et dans celui d’autres.. Pour se souvenir, il faut se rappeler. Il n’est qu’à constater que c’est Anne Hommel – une des communicantes Euro RSCG affectée à l’image de DSK- qui a élaboré la campagne de communication du Huffington Post, media d’Anne Sinclair.

On navigue dans un petit monde qui ne tend qu’à conquérir le grand.

Medias + instituts de sondage = bras armé de la propagande des politiques.

Si l’on veut savoir « à qui appartiennent les medias », dans cet article , on apprend vite que le pouvoir médiatique appartient au pouvoir politique. Ce qui caractérise en principe un régime totalitaire.

On le sait, DSK ne doit sa popularité post-2007 qu’aux artifices de ses communicants, aidés en cela par les medias, qui ont majoritairement relayé la « popularité » supposée de DSK, via des sondages eux-mêmes frappés de suspicion en raison de l’appartenance ou des liens entre l’argent/le pourvoir et ces mêmes instituts de sondage.

Le quidam peu politisé qui lit « DSK battrait Sarkozy à 62% » est amené à penser que « DSK doit être un bon candidat pour la gauche ».

Il se fie aux sondages, n’ayant pas d’autres références. L’effet « suivre la foule » marche. De même, les titres sur la supposée « compétence exceptionnelle de DSK » s’impriment dans le cerveau du quidam qui n’a ni le temps ni les capacités d’analyser le fil de l’histoire.

Non, en politique, le miracle n’existe pas. Il faut faire campagne. Dans le cas d’un homme fortuné comme DSK, la campagne est officieuse. On embauche 4 communicants d’une grosse agence (Euro RSCG) et on distille l’image que l’on veut. C’est une forme de campagne déloyale, qui met à mal la démocratie, car les chances sont inégales entre un candidat qui possède de l’argent et des réseaux et les autres.

Soyons clairs : Quand on est battu par Ségolène Royal par plus de 60% aux primaires de 2007, on ne devient pas subitement compétent et présidentiable. Il y a eu la nomination – par Sarkozy –de DSK au FMI, qui lui a conféré une stature internationale qu’il n’avait pas auparavant, agrémentée d’une fausse aura de compétence, démentie par les mésaventures de l’Europe alors que DSK a eu 4 ans pour anticiper et agir.

 

Quel rôle ont joué les journalistes dans l’ascension de DSK ?

Car au-delà des communicants personnels de DSK, les journalistes ont eu un rôle non négligeable, relayant des informations partiales et partielles, sans analyse ni critique et passant sous silence ce qui pouvait gêner DSK, en empêchant des investigations, comme l’a fait Laurent Joffrin.

Jean Quatremer a alerté dés 2007, sur le comportement de DSK à l’égard des femmes, émettant des doutes sur la pertinence de le nommer à la direction du FMI. Il avait en effet écrit sur son blog en juillet 2007 “Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France).”

Il a été seul à creuser ce sujet et même à l’évoquer. Personne d’autre n’a trouvé à redire à cette nomination qui arrangeait le futur candidat Sarkozy à sa propre réélection. Peu de temps après, l’affaire Piroska Nagy, bien que partiellement étouffée, est venue confirmer ses alertes.

Bien sûr, après l’affaire du Sofitel, il eut été difficile de continuer de se taire car cela se passait “ailleurs”, et que les faits étaient déjà connus au niveau planétaire.

Ainsi, les journalistes français n’ont eu qu’à se raccrocher aux wagons.

Et ils ont donné libre cours à leur opportunisme : après avoir joué de la complicité, ils ont hurlé plus fort que leurs confrères américains.

 

Quelle frontière entre vie privée et publique pour un homme publique ?

Aujourd’hui, Jean Quatremer revient sur ce sujet, mettant largement en cause Laurent Joffrin, qui l’a empêché d’enquêter sur le problème de DSK. Ce dernier lui répond dans une tribune : “Suis-je coupable pour avoir refusé qu’on enquête sur la vie privée de Dominique Strauss-Kahn ? Oui, sans doute un peu. (…) mais pas pour les raisons qu’on entend le plus souvent.”

Etonnant argument que celui de Joffrin. Ainsi, le peuple, qui élit un homme n’aurait-il pas le droit de savoir si, en privé il deale ou viole des femmes ou braque les petits bijoutiers ?

Pour un élu, la frontière est ténue entre vie privée et vie publique, car l’une impacte l’autre. Que dire d’un président qui commet des délits en toute impunité ? L’image d’un élu, d’un président est intimement liée à celle de son pays, sa région. Si un élu a des activités mafieuses, par exemple, on ne peut attendre qu’il y ait « un soupçon sérieux » – dixit Joffrin- pour alerter.

Et si erreur il y a de la part du journaliste investigateur, le politique injustement soupçonné pourra toujours porter plainte en diffamation et sera le cas échéant blanchi.

Il s’agit d’un candidat au pouvoir. Et quand il s’agit du destin d’un peuple, il vaut mieux prévenir que guérir.

Cependant, Joffrin semble manier aisément le « deux poids, deux mesures », comme lorsqu’il regrette d’avoir été censuré par le Maroc récemment, mais censurant lui-même sur son media les blogueurs pour des propos que d’autres medias publient sans y voir matière à censurer. Il décide quand il veut de ce qui est diffamation ou atteinte à la vie privée, se substituant allègrement à la justice. S’agit-il d’un réflexe stalinien, ou seulement de préserver ses liens d’amitié avec les hommes politiques qu’ils cherche à protéger sous des prétextes indéfendables.

Vie privée ? Celle de notre futur président est susceptible de nous intéresser, en ce qu’elle révèle ce qu’il est, comment il se comporte, comment il va gérer nos sous et notre avenir.

Si l’affaire du Sofitel de New York s’était déroulée en France,comment Laurent Joffrin et ses confrères l’auraient-ils gérée? “étouffée » pour cause de respect de la vie privée?

Déjà 9 remarques sur cet article

  1. Volnay2012 dit :

    Commentaire long certes mais refusé ?

  2. […] complet ici : https://24heuresactu.com/2012/03/02/journalistes-entre-opportunisme-et-complicite/ Share this:TwitterFacebookJ'aimeJ'aime  Catégories:Actualités, France, Politique, […]

  3. GHORBAL dit :

    Tiens ça me rappelle l'église catholique qui protégeait ses "pédophiles" ! Le "cela ne nous regarde pas" c'est un peu court comme moyen de défense…..

  4. esprit indigo dit :

    là c'est pas j'enfrain mais joffrin les règles de déontologie, mais rien d'étonnant puisque ce soit disant journaliste participe au diner du club "le siecle"avec les copé,aubry,lang,guygou,dati, pujadas,bhl,parisot et toute la clique des 500.

    Bref encore un a la botte faux derche,menteur, démago, bref rien que des qualité!!

  5. esprit indigo dit :

    là c'est pas j'enfrain mais joffrin les règles de déontologie, mais rien d'étonnant puisque ce soit disant journaliste participe au diner du club "le siecle"avec les copé,aubry,lang,guygou,dati, pujadas,bhl,parisot et toute la clique des 500.

  6. PolT dit :

    L'avez vous regardé encore hier soir à la télé ce joffrin , c'est un partisan, un journaliste!!!!! très orienté et il est partout sur les médias aussi orientés tout pour Hollande, tirons sur les partis de droite et du centre

  7. lilidubassin dit :

    Si Laurent Joffrin va au diner de l'organisation "le siècle" c'est qu'il probablement franc-maçon comme la majorité des membres, des patrons de presse, des sénateurs, des conseilles régionaux et généraux, comme un grand nombre de magistrats, commissaires de police…..
    Il est le fils d'un magnat de la presse, il doit sa position et sa fortune qu'a sa famille dont il ne veut même pas reprendre le nom "Mouchard" pour prendre un pseudo "Joffrin".
    Encore un bon représentant de la gauche caviar.

  8. quinquaix dit :

    Le respect de la vie privée est un concept de gauche et n'existe que pour les hommes politiques de gauche,
    Mitterand et maintenant DSK, ont été épargné par la gauche tandis qu' à droite quand un larbin enregistre des conversations privées chez Mme Bettencourt on n'est plus dans la sphère privée…
    La presse écrite étant majoritairement de gauche, tout comme la télévision, on comprend qu'il soit difficile en France de sortir un scandale ou la gauche soit impliquée, sauf bien entendu quand c'est déja sur la place publique et que là, les médias ne peuvent pas faire autrement.
    On est dans un système malsain où les bobos règnent en maitre, des Ruquier, De Caunes, tout ceux de France Inter, France Info, Canal + on ne les compte plus… et face à cela..il n'y a que le pauvre Zemmour pour faire parler la diversité politique.
    Quand je pense qu'il y a des gros connards qui dénoncent la main mise du pouvoir sur l'information!…

  9. sedzicki dit :

    se sont les elephants du p.s. qui ont monte le coup du sofitel pour evincer dsk…par peur que le scandale eclate pendant la campagne presidentelle…magouille ..clientelisme…. intolerence honte au p.s.

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