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La révolution libérale géorgienne : un exemple pour la région?

Rédigé par avecvusurlemonde le 07 juin 2012.

Mikhail_Saakachvili

Mikhail_SaakachviliComment passer d’un Etat en quasi-banqueroute à un modèle cité par les plus grands organismes internationaux ? C’est l’exploit qu’a réussi à réaliser la Géorgie en quelques années grâce à des réformes clairement libérales.

Dès son accession au pouvoir en 2003, Mikhail Saakachvili a désigné la corruption comme l’ennemi principal à affronter. Cela correspondait aux fortes attentes des géorgiens étant descendus dans la rue pour renverser Edouard Chevardnadzé, ministre des Affaires étrangères d’URSS de 1985 à 1990 et président géorgien depuis 1992. L’un des organes les plus corrompus de l’appareil d’Etat, la police de la route, fut drastiquement réformé en juillet 2004. Le gouvernement instaura notamment la formation de jeunes officiers aux salaires élevés, la mise en place d’inspecteurs des polices, le paiement électronique centralisé des amendes. Les effets se sont rapidement fait sentir : l’International Republican Institute a montré, dans une étude publiée en 2010, que la perception positive du travail mené par la police de la route atteignait à présent les 84%… contre 10% en 2003.

La fiscalité et la bureaucratie géorgienne ont été amplement bouleversées également : simplification de la fiscalité, renforcement des capacités de collectes de l’impôt, lutte contre la corruption et la fraude fiscale, allégement et rationalisation de création d’entreprise. Dès 2003, Saakachvili instaura une « flat tax », un impôt unique avec un taux à 12% (aujourd’hui à 25%) sans considération de revenu.

Toutes ces mesures ont participé à une nette amélioration de l’environnement des affaires salué par les institutions internationales. Dans son rapport Doing Business 2012, la Banque mondiale classe ainsi la Géorgie à la 16e place mondiale en termes de facilité à créer et développer une entreprise, devant l’Allemagne (19e), la France (29e) et la Russie (120e).

En 2011, les investissements directs en Géorgie ont atteint 747 millions d’euros en progression de 20 %. Entre autres atouts, la Géorgie possède une main d’œuvre (1,9 million de personnes) très éduquée (30,8% est diplômée) et des salaires faibles ($346/mois en 2010).

L’exemple géorgien nous montre donc  qu’un pays peut se débarrasser de la corruption, si tant est que la volonté politique est réelle. De même, le choix de réformes libérales a permis au pays d’attirer de nombreux investissements étrangers. Dès lors, peut-on parler d’un miracle géorgien ? Le gouvernement de Mikhail Saakachvili sait bien que les efforts restent encore nombreux à faire, cependant l’exemple géorgien commence à être de plus en plus cité par les pays sortant tout juste de dizaines d’années de dictature et de stagnation économique.

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