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TweetWeilergate : le vrai scandale caché par les médias

Rédigé par lesoufflet le 23 juillet 2012.

hollande_trierweiler_
photo : anne hidalgo
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photo : anne hidalgo

Si les journalistes français se sont empressés de traiter abondamment l’histoire sordide du TweetWeilergate, tous sont passés à côté du vrai scandale de ce drame clownesque : en soutenant officiellement la candidate aux Législatives, Ségolène Royal, le président est sorti de sa réserve et a ainsi bafoué la démocratie et la Cinquième République. Fidèle à son habitude il a du coup trahi ses engagements de campagne les plus virulents…

Évidemment, le Tweet de Trierweiler, sa jalousie, sa hargne, la bêtise d’un tel geste en disent long sur le caractère “normal” de la première concubine, sur son ego et sur sa conception de l’honneur de la République, ainsi que sur la force de caractère du président face à sa petite copine. Toutefois, ce n’est pas là le plus important, bien au contraire. D’ailleurs, il y a fort à parier que si les journalistes ont fait un tel tapage sur le Tweet de la copine de l’ex de Ségolène, ils l’ont fait pour dissimuler le réel scandale de toute cette triste affaire…

De toute l’histoire de la cinquième république, jamais un président de la République ne s’était permis de soutenir officiellement de candidat aux Législatives. Pour des raisons logique de respect de la démocratie, de hauteur nécessaire du président de la république, censé représenter tous les français, et non plus les membres de son parti, tous les chefs d’État français depuis De Gaulle s’étaient pliés à cette tradition démocratique seine et de bon sens.

“Moi président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité.”

“Moi président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire.”

“Moi président de la République, il y aura un code de déontologie pour les ministres, qui ne pourraient pas rentrer dans un conflit d’intérêts.”

“Moi président de la République, j’essaierai d’avoir de la hauteur de vue.”

C’est avec ce beau discours que François Hollande a réussi à convaincre de nombreux gogos qu’il serait un président “normal”, éthique. En se faisant élire président de la république avec comme seul programme “regardez comme mon prédécesseur est méchant, je serai plus gentil que lui’, François Hollande devait s’attendre à un retour de bâton. Comment peut on faire une campagne basée sur les prétendus comportements antidémocratiques de son rival et se conduire de cette manière une fois élu ?

Jamais de l’histoire de la cinquième république un président en exercice n’avait soutenu officiellement un candidat pour des raison de démocratie évidente. Même le roi Mitterrand, même le Général de Gaulle n’ont pas osé enfreindre cette règle d’or démocratique. A socialiste, nul perfidie n’est impossible…

Encore une fois, ici, presque aucun journaliste n’a soulevé le problème, aucun éditorialiste ne s’est enflammé pour dénoncer les dangers de notre démocratie, les tentatives hégémoniques et totalitaire du président “normal”.

L’histoire ne retiendra peut être pas le Tweet grotesque de la première concubine de France mais bien l’entrée fracassante d’un président de la république dans un pouvoir que la démocratie avait prévu de donner à d’autres, par soucis de séparation des pouvoirs

Comment ne pas s’étouffer, le 14 juillet, devant l’interview du président par de bons journalistes complaisants aux brushings impeccables. On lui a demandé des comptes sur le Tweet de sa femme,mais pas pourquoi il avait soutenu officiellement Ségolène. C’est donc cela le journalisme ? Car en bafouant les principes de base de notre démocratie pour rendre un petit service à la mère de ses enfants, n’est-ce pas Hollande, plus que Trierweiler, qui a commencé à  mélanger affaires publiques et affaires privées ?

Et dire qu’il a été élu en se faisant passer pour un moralisateur de la vie politique… Ils sont forts ces socialistes, très forts…

Parallèlement, sans que beaucoup de gens ne soient choqués, les médias français sont peu à peu envahis par les compagnes des ministres qui viennent, au nom du féminisme, faire la propagande de leurs compagnons aux frais du service public. Audrey Pulvar nommée à la tête des Inrocks, il y a de quoi s’exiler… C’est d’ailleurs ce qu’à fait l’éditorialiste historique du journal, Thomas Legrand qui a démissionné en apprenant la collusion répugnante de cette situation : “Le journalisme politique, c’est avant tout une lutte contre la communication politique, un contre-pouvoir institutionnel. Un journal traitant de politique ne peut pas être dirigé par quelqu’un d’aussi impliqué personnellement dans la vie politique du pays”, a-t-il expliqué.

Le viol de la démocratie, c’est maintenant !

Déjà 5 remarques sur cet article

  1. Paul Emiste dit :

    Mais non, vous n´avez toujours pas compris. Qui parlait le plus de paix dans les années 80? Les communistes du bloc de l´est (!!), et dans un sens ils ne mentaient pas, seulement ils parlaient de la paix (sous je joug) communiste.
    Et bien l´a c´est la même chose. Bidauchon, pendant la campagne, ne parlait que de normalité, et nous l´avons compris avec notre conception de la normalité, mais Mimolette 1er parlait de la conception socialiste de la normalité. Bref nous avons maintenant un gouvernement socialo-communiste normal.
    Vous les avez voulu? Vous les avez!!

  2. […] Si les journalistes français se sont empressés de traiter abondamment l'histoire sordide du TweetWeilergate, tous sont passés à côté du vrai scandale de ce drame clownesque : en soutenant officiellement la candidate aux Législatives, Ségolène…  […]

  3. Marre de la gauche dit :

    A mettre en UNE !

    Alexis Corbière du Front de Gauche compare Lorànt Deutsch À CHARLES MAURRAS

    23/07/2012
    « Mon principal reproche est que vous profitez de votre statut de jeune acteur populaire, jouissant d’une réelle cote de sympathie chez nos concitoyens et particulièrement chez les enfants, pour refourguer UNE PROPAGANDE RANCIE, HÉRITÉE DE CHARLES MAURRAS, qui n’aurait rencontré aucun succès si ce n’était vous qui la véhiculiez. »
    http://leplus.nouvelobs.com/contribution/597973-polemique-metronome-ma-reponse-a-lorant-deutsch.html

    • Paul Emiste dit :

      Mais être anticommuniste est une question morale beaucoup plus que politique. Être anticommuniste n´est pas être fasciste, issu lui aussi du socialisme, mais être démocrate.

  4. Vieux Strasbourgeois dit :

    Je crois me rappeler au contraire qu’en 1962, après le referendum gagné sur l’élection du Président de la République au suffrage universel, le général de Gaulle avait bien déclaré : « Ah ! puissiez-vous faire en sorte que cette seconde consultation n’aille pas à l’encontre de la première ! » C’était appeler les Français à voter pour les candidats gaullistes dans leur ensemble. Hollande n’est pas allé aussi loin.

    Il reste que, selon moi, l’appui apporté par monsieur Normal à son ex-compagne de lit était on ne peut plus maladroit (à moins qu’il se fût agi d’un jeu machiavélique). Si j’avais été électeur en Charente-Maritime, j’aurais été tenté de m’abstenir, n’ayant aucune raison de choisir entre deux candidats de gauche. Le soutien d’Hollande à l’un d’eux était transformer l’autre en candidat anti-Hollande de rechange et on s’explique le report massif des voix de droite sur Falorni. Dans ces conditions le tweet de la Trierweiler n’avait plus aucune utilité et j’ai presque cru à un concours de gaffes entre les deux concubins.

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