En Géorgie, le candidat Ivanishvili cancre des politiques

Rédigé par notre équipe le 08 août 2012.

« La mutation géorgienne a été remarquable. Les rues sont sûres, les services publics, libérés de toute corruption. » Le rapport 2012 de la Banque Mondiale est sans appel. Tbilissi a fait un grand pas en avant. Un marché prospère, une économie saine et grandissante, le gouvernement Saakashvili s’est dégagé du carcan soviétique pour se mettre à l’heure occidentale. Et pourtant, un parti fait « tâche » sur la scène politique nationale. Entre corruption et achats de voix, le parti d’opposition géorgien semble être lui, resté bloqué à l’heure moscovite.

Le « Rêve Géorgien », parti d’opposition national, fait débat depuis sa création il y a quelques mois à peine. À sa tête, le milliardaire Bidzina Ivanishvili. Et cette nouvelle figure dans le panorama politique fait déjà beaucoup parler. L’homme qui a bâti sa fortune sur les décombres de l’URSS, essaie de se construire une notoriété dans le pays. Et pour cela, tous les coups sont permis.

Le parti d’Ivanishvili a été pris la main dans le sac lorsque des militants ont été filmés à la télévision nationale distribuant des flyers aux habitants de Kutaisi. Jusque-là rien d’anormal. Cependant ces dépliants promettaient des cadeaux d’une valeur de 500 euros à qui se présentait muni de la dream card  lors d’un prochain rassemblement de la coalition. De quoi laisser perplexe sur la bienfaisance du « Rêve Géorgien » si ce n’est d’acheter ses électeurs.

Quelques semaines après cet incident, le parti d’opposition est une nouvelle fois sur la sellette. Les autorités et la justice géorgienne épinglent encore l’épineux oligarque pour les pratiques de sa fondation. Arrivée dans le paysage politique en mai, tout comme le candidat Ivanishvili, la fondation Komagi a pour but officiel de protéger les « victimes de répressions politiques. » La fondation offre par ailleurs à qui se porterait victime, une assistance juridique gratuite, des frais d’avocats payés et un soutien financier allant jusqu’à 2 500 euros.

Seul hic, cette fondation reçoit quantité d’argent de riches expatriés géorgiens, amis de … Bidzina Ivanishvili. L’un des principaux donateurs est Vano Chkhartishvili, accusé d’avoir fait de nombreux paiements à ces « victimes » via des comptes bancaires offshores.

L’ONG Transparency International sonne l’alarme. Dans un communiqué, l’organisation qui lutte contre la corruption dans le monde averti les élus. « Nous recommandons à tous les acteurs politiques de s’écarter des activités qui peuvent être perçues comme achats de voix, offrant des services ou des cadeaux, afin d’améliorer leur notoriété. Donner certains avantages peut avoir un impact considérable sur le comportement des électeurs et leurs relations vis-à-vis des partis et des candidats ».

Ces pratiques résonnent comme un faux pas pour la coalition d’Ivanishvili. Dans un pays qui s’est profondément réformer dans le cadre d’une lutte anti-corruption, le parti du « Rêve Géorgien » fait bien figure de cancre de la classe politique.

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