“Plus ça rate, plus on a de chances que ça marche”

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Photo : François Hollande

A Rome, notre normal de président a annoncé la couleur et autant le dire tout de suite : elle n’est pas très engageante. Il voudrait aller tout droit à un scénario « à l’espagnole » qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Petit rappel des mécanismes macro-économiques (basiques) auxquels notre normalito national semble absolument rétif.

1. Il nous annonce une réduction des déficits sur l’exercice 2013, conformément à l’engagement français auprès de l’Europe, obtenue grâce à une stabilisation des dépenses. Déficit = recettes – dépenses. En effet, les recettes étant inférieures aux dépenses, il y a déficit. Si les dépenses sont stables et que le déficit baisse quand même, c’est inévitable, cela veut dire que les recettes vont augmenter. Comme on ne peut pas compter sur une croissance forte qui ferait augmenter mécaniquement les fameuses recettes, les choses sont entendues : nouveau coup de massue fiscal sur les particuliers et les entreprises.

2. La croissance en France est atone, nulle au mieux (prévisions Cour des Comptes, OCDE, Europe…) et nous serons probablement en récession avant la fin de l’année 2012. Si on augmente les impôts des particuliers l’année prochaine, cela veut dire qu’il y aura moins de revenu disponible pour consommer. Si on augmente les impôts des entreprises, il y aura moins de capital pour investir donc pour embaucher. (Moins de consommation des ménages) + (moins d’investissement des entreprises) + (contexte de croissance nulle) = récession.

3. S’il y a récession, c’est-à-dire une contraction de la richesse produite en France, cela veut dire qu’il y a moins de revenus distribués aux ménages et moins de richesse produite par les entreprise. La principale conséquence est une contraction de l’assiette fiscale. En clair, moins de rentrées d’argent pour l’état.

4. Revenons à notre équation précédente : déficit = recettes – dépenses. On sait, par expérience très récente dans quelques économies voisines, que les recettes qui ont d’abord augmenté vont s’écrouler très vite (via des rentrées de TVA qui baissent, d’impôts sur les sociétés, d’impôts sur le revenu…). Conséquence in fine : le déficit augmente.

Conclusion : la décision d’augmenter les impôts dans un contexte de croissance faible voire nulle dans le but de réduire les déficits aboutit à une conséquence qui est exactement l’inverse de l’effet recherché.

Monsieur le président, il existe dans la vie une règle simple qu’il est toujours aisé de vérifier : les mêmes comportements conduisent aux mêmes effets. A moins, cher président, que vous ayez pour ambition (forcément) secrète de nous prouver que les Shadocks avaient raison : « En essayant continuellement, on finit par réussir. Donc plus ça rate, plus on a de chance que ça marche. »

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A propos de l'auteur nikkopol

3 réactions à ““Plus ça rate, plus on a de chances que ça marche””

  1. Il aurait été mieux de mettre une photo en rapport avec Rome plutôt qu’une avec un ex ministre (Rubalcaba) du gouvernement socialiste espagnol de Rodriguez Zapatero…

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