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Intermittents : Filippetti sanctuarise un système scandaleux

Rédigé par lateigne (24actu) le 11 septembre 2012.

Photo : Frifotouk

Photo : Frifotouk

Pas touche aux intermittents du spectacle. Alors que les Français vont devoir se serrer la ceinture pour résorber la dette, la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, ne touchera pas au régime des intermittents. Un régime sans contrôle et largement abusif qui compte pour un tiers dans le déficit de l’assurance chômage.

Pour rappel, les intermittents du spectacle, dont le nombre est largement supérieur aux besoins de la production artistique, bénéficient de 8 mois d’indemnisation pour 507 heures travaillées sur dix mois ! Un système vérolé dont les intermittents et les boites de production usent et abusent… puisque les contrôles sont quasi-inexistants.

Et comme les plus de 100.000 intermittents votent massivement à gauche, le gouvernement ne va surtout pas toucher à la machine à fraudes que constitue ce régime si spécial, même si l’effort fiscal demandé par François Hollande aux Français est sans précédent.

En période de crise, est-il raisonnable que le gouvernement fasse du clientélisme, quand on sait, comme l’affirme la Cour des Comptes que le “déficit cumulé sur les dix dernières années (du régime des intermittents) s’est établi à un montant proche de l’endettement total du régime d’assurance-chômage”, soit un déficit d’un milliard d’euros par an.

Mais la gauche a ses raisons que la raison ignore, et Aurélie Filippetti a caressé son électorat dans le sens du poil en assurant que “l’assurance-chômage pour les artistes et les techniciens du spectacle, ce n’est pas un système pour les privilégiés mais pour des gens pré­caires”.

Faire payer les riches (les classes moyennes qui travaillent en langage socialiste), il n’y a pas de problème ; mais il ne faut surtout pas toucher les électeurs de gauche. C’est ça la justice et l’équité promises par François Hollande ?

Déjà 12 remarques sur cet article

  1. Paul Emiste dit :

    En fait ce sont des intermittents du travail quoi…

  2. John dit :

    Encore une fois, un article écrit bien au chaud dans son appartement du XVIe par un type sans aucune notion de la réalité, qui est que les intermittents ne peuvent pas manger sans ce statut. Être intermittent du spectacle c’est un métier à plein temps, où l’on fait largement plus de 35 heures par semaines. Mais comme le seul contact avec cette réalité que le rédacteur a eu, c’est son petit théâtre au festival d’Avignon une fois par an, il n’a pas pu s’en apercevoir.

    D’où le fait qu’il écrive des articles pour demander qu’on arrête de verser leur salaires à des gens qui, sans ça, mourraient de faim.

    Mais n’en doutez pas : ce sera le même qui écrira que l’exception culturelle française doit être maintenue.

    • Paul Emiste dit :

      S´ils font plus de 35 heures par semaine (moi aussi d´ailleurs), alors pourquoi pèsent ils pour un tiers dans le déficit de l’assurance chômage.?! Y aurait il des fraudes??!!

    • gazo dit :

      un peu d honneteté intelectuelle svp. les intermittents du spectacle on un statut privilégié et vous le savez. moi saisonnier dans la restauration je sui loin d’avoir ces périodes d’indemnisation … il y a bien deux poids deux mesures…

  3. Karamba dit :

    @ John
    Oui les intermittents mourraient de faim si on ne les payait pas à ne rien faire. Mais transposer ce même régime privilégié à l’ensemble des secteurs de l’économie française et piquons ensemble un chouette fou rire…

  4. krabe dit :

    est-ce que le rédacteur de cet article est journaliste?
    Il ne suffit pas de regarder quelques bilans comptable pour se faire un avis sur la question de l’intermittence.
    Ce qui est est grave, ce sont les abus des employeurs qui préfèrent embaucher des intermittents plutôt que de créer de vrais postes. Cas de figure très présent dans l’audiovisuel,mais pas que. N’en déplaise à certains, la précarité est belle et bien le lot quotidien des artistes et des technicens.
    Incertitude sur l’emploi, les projets culturels sont pour la plupart éphémères et dans les structures culturelles, un intermittent n’a aucune certitude sur la pérennite son emploi. De plus, si l’on tombe malade ou accident du travail, presque pas d’indemnisation. Les démarches adminitratives, l’accès au logement, crédit à la consommation sont plus que problématiques. Le plus drôle, c’est le salarié aux 35 heures, avec ses congés payés, son congé maternité, ses arrêts maladies, ses heures supplémentaires, ses horaires de bureau, ses dimanches, ses primes de fin d’année, ses indemnités kilométriques… qui ne comprenant rien imagine que ces branleurs d’intermittents ne servent à rien. Peut-être n’a-t-il pas conscience que de notre façon de travailler, de la diversité de nos compétences, de la richesse humaine de notre milieu, de la qualité artistique de notre travail, du nombre de corps de métiers qui travaillent autour d’un spectacle, de notre remise en question permanente, des sacrifices personnels, de notre passion, du travail d’équipe.
    Depuis plus de 25 siècles le théâtre existe et ce statut lui permet de subsister.
    Ce qui me révolte plus, c’est de penser qu’on a payé quelqu’un pour écrire ça…

    • John dit :

      Inquiétez vous plutôt de ce que quelqu’un a accepté de l’écrire bénévolement.

      Bref, commentaire on ne peut plus vrai et proche de la réalité. C’est rare sur ce site.

    • Nicolas. dit :

      En effet, se serait trop facile de croire que les intermittent ( et encore plus souvent les techniciens) ne sont que payés à rien faire comme j’ai pu lire sur de nombreux forums.
      Pour ma part je suis étudiant en costume de scène, en clair d’ici peu, je vais sortir en tant que costumier, donc intermittent, hors alors que je suis étudiant, il m’arrive de faire des semaines de près de 50h dans mon école afin de pouvoir sortir nos costumes et très franchement ce genre de commentaire non content d’être déplacé est aussi non constructif :
      “@ John
      Oui les intermittents mourraient de faim si on ne les payait pas à ne rien faire. Mais transposer ce même régime privilégié à l’ensemble des secteurs de l’économie française et piquons ensemble un chouette fou rire…”

      Ok faisons le, mais dans mon cas, je devrais alors déclarer toutes les heures que je fais réellement ! Car oui, la vérité est tout autre, si on comptait TOUTES les heures d’un costumier, d’une habilleuse, d’un machiniste, éclairagiste etc. Personne ne pourrait les payer, car il y a les heures qu’on déclare sur le papier, et le véritable temps passé, et bien qu’on puisse déclarer 8h (voire 10 dans le meilleur des cas) une journée de costumier ne descend jamais en dessous des 11h de travail. Alors oui, un restaurateur, ou qqun d’autre comment fait-il ? Déja me semble que lui rendre la vie plus douce, on a baisser la tva ? après lui, il affiche ses vrais prix.
      Hors un costumier lui ne peut pas vendre un costume au “vrai prix” pour la bonne et simple raison qu’il serait trop cher ! Ah oui, là j’entends deja arriver la masse populaire ” mais un costume ça ne coute pas cher !?! Faut aller dans des friperie !” aller dire ça à Patrice Chéreau lorsqu’il à fait la reine margaux par exemple, quant on sait qu’un des costumes de ce films comptabilise plus d’une centaine d’heure de travail et qu’au final pour pouvoir entrer dans les grilles des assedic, il faut que déclarer ses 8h de travail journalier alors qu’on passe parfois près de 13h en atelier 6 jours sur 7. Hors contrairement à ce que pense l’opinion publique, l’intermittent ne prends pas de vacances ou peu lorsqu’il est près de 507h car il ne peut dire non à un contrat qui va lui rapporter ses heures et donc ses trimestres (oui il cotise aussi ! ça lui arrive) et donc verse une partie de son cachet dans des caisse chômage et retraites, comme monsieur tout le monde. Alors c’est le fait qu’il doivent faire 507h en dix mois qui vous choque ? Alors rappellez vous que le chiffre 507h au final, ce n’est que sur le papier !
      Nous ne sommes pas là pour remplir des heures comme dans d’autres fonctions, nous sommes là parce que nous avons la passion de notre métier ! Passions que vous appréciez également lorsque vous aller au cinéma voir n’importe quel blockbuster ou au théâtre ou bien lors de festival qui au final rapporte aussi pas mal d’argent.
      Alors avant de jeter la pierre regarder bien sous toutes les coutures !

      • popof dit :

        John dit : “D’où le fait qu’il écrive des articles pour demander qu’on arrête de verser leur salaires à des gens qui, sans ça, mourraient de faim.”

        Nicolas dit : “Nous ne sommes pas là pour remplir des heures comme dans d’autres fonctions, nous sommes là parce que nous avons la passion de notre métier !”

        Je dirai simplement que vous avez décider de vivre de votre passion. Très bien, c’est enrichissant, mais il faut assumer…Beaucoup de monde avec des $ plein les yeux mais peu d’élu . 9a fait partie du jeux. Si vous faites fortune vous partirez ailleurs. Comme les tennisman qui profite de l’insep, payé par nos impots pour ensuite se casser en Suisse sans participer au développement de leurs successeurs.
        Vraiment un monde d’égoistes qui ne pensent qu’à leur gueule.

        Et pour avoir travailler il y a longtemps dans la restauration, je peux vous dire que ce n’est pas passionnant et que c’est mal payé. Alors SVP arrêtez de chialer et que ceux qui se plaigne de ne pas avoir de travail se prennent en main. Ils ont des amis acteurs, technicien etc. Une camera fullHD ne coute plus cher, youtube est là pour la promo. ALORS AU BOULOT LES GARS.

        Désolé je suis confus et je n’ai pas envie d’y passer 3 heures.

  5. popof dit :

    j’oubliais. Le choix de la photo est excellent. C’est exactement pour ce genre d’ “artiste” que je suis contre ce status. Des mimes avec une guitare!!!!! vu revu rerevu et détesté. Quel est l’intérêt de produire et reproduire ce genre de …je n’ose plus écrire spectacle.

  6. Antoine dit :

    je suis musicien intermittent du spectacle, et là, je remplis ma feuille d’imposition, et je vois que j’ai 25 employeurs différents. Je repense au mois dernier où j’ai fait 10 concerts avec 7 formations musicales différentes, jazz, chanson, musique africaine, blues, musette. Ce week end je jouais pour un mariage, nous sommes arrivés sur place à 15h et repartis à 7h du matin, on a monté la sono, les lumières, fait le son, joué 5h, puis passé de la musique ensuite, tout démonté, tout chargé, refait la route. Le guitariste et le clavier eux, ont dormi une heure et sont repartis faire un thé dansant le dimanche après midi à 2h de route.. ils sont rentrés le dimanche soir à 23h avec 1 heure de sommeil.
    on ne se plaint pas du métier que l’on fait, qu’on doive ingurgiter et répéter des répertoires entiers parfois pour 1 ou deux dates. que l’on doive souvent s’occuper de tout, matos, organisation, publicité, lumière, son. qu’on ait des horaires souvent merdiques et jamais réguliers. Je ne suis pas parti en vacances depuis des années. Je ne considère pas bien gagner ma vie mais je ne cours pas après l’argent de toute façon. Et là je lis encore un article où l’on nous traite tous de fénéants qui profitent du système. Et c’est vrai qu’on se demande bien à quoi ça sert des fois nos métiers, comme les gens préfèrent rester collés à leur télé où à leur ordi et leurs références culturelles c’est “star ac”.. pourquoi se décarcasser. d’ailleurs ont devrait enlever tout ce qui coûte cher et dont on peut se passer… whaou.. ça fait un paquet de métiers dis donc… et popof, j’ai fait mes études dans l’audiovisuel, je suis aussi technicien du son et video je me suis équipé de trois caméras full HD pour faire nos vidéos promotionnelles, et tu sais quoi, ça prend un max de temps de faire tout ça et ça coute cher, mais on le fait déjà, on a pas attendu ton conseil de mec qui débarque. est on rémunérés pour ça? … bien sur que non, ça nous coûte au contraire. par contre un pote à moi bosse pour des banques qui payent sans broncher des dizaines de milliers d’euros pour faire des vidéos internes à l’entreprise, mais ça tout le monde trouve ça utile et normal. Il y a des intermittents qui abusent du système, il y a des nuls, mais ça c’est dans tous les métiers pareils, et parfois dans des métiers qui rapportent beaucoup d’argent contrairement aux notres. il est tellement facile de faire les amalgames et raccourcis que vous faites.

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