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Une semaine en Hollandie, N°3

Rédigé par nikkopol le 14 septembre 2012.

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Photo : Patrick Peccatte
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Photo : Patrick Peccatte

Les méchants riches, les gentils pauvres, des insultes en Une, les plans sociaux d’abord « inacceptables » qui deviennent « inéluctables »… Petit « worst of » de la semaine en Hollandie.

1. Le film du dimanche soir : La semaine a commencé tôt. Dimanche, l’actualité politique a été riche : Sur TF1, notre président a débité son filet d’eau tiède devant une conciliante Claire Chazal qui n’était là que pour relancer le débit. On n’a pas appris grand-chose que nous ne savions déjà : les hausses d’impôts, c’est pour tout le monde et pour tout de suite. Toujours pas de cap (si ce n’est une société plus juste et plus heureuse dans 5 ans… avant ou après la présidentielle ???), toujours pas de vision. Ah si, on sait désormais 2 choses : notre président se fait une jolie couleur pour dissimuler sans doute les cheveux blancs qui lui viennent à la lecture des sondages et il apprécie les cravates qui brillent. A part ça, rien.

2. Good Morning Bruxelles… : Bernard Arnault veut donc être belge. Il dit qu’il souhaite continuer de payer ses impôts en France. Certains pensent qu’il optimise sa situation fiscale en vue d’une irrémédiable succession en installant des actifs, ses holdings, dans un pays où l’impôt sur les successions est quasi nul. En fait, ce n’est un secret pour personne, en cette rentrée, les patrons montrent les crocs au pouvoir. Ils ne comprennent pas la politique du gouvernement à leur encontre. « On ne sent pas de direction claire, les ministres se contredisent, les conseillers ne sont pas au niveau » estime dans Le Monde un patron du CAC40 pourtant peu soupçonnable d’amitiés sarkozystes. Ce pouvoir expulse les roms qui finissent toujours par revenir et veut garder les riches capitaines d’industrie qui partent quand même… Quand ça ne veut pas…

3. Libé… ratum ? Le débat qui agite la France en début de semaine est l’insulte envers Bernard Arnault, encore lui, qui barre la Une de Libération : « Casse-toi, riche con ! » La gauche s’étrangle donc devant « la fuite » d’un (très) riche contribuable. M’enfin, faudrait savoir : selon les biens pensants de la rue Béranger, la double nationalité franco-belge d’un milliardaire est une trahison quand celle franco-sénégalaise, franco-malienne ou franco-algérienne de certains jeunes de cité est une richesse. Allez comprendre… L’insulte n’est jamais vraiment gratuite : le journal annonce avoir perdu directement plus de 700 000 euros de recettes publicitaires suite à cette une, les marques du Groupe LVMH ayant décidé de retirer du quotidien leurs opérations publicitaires d’ici la fin de l’année 2012. Les riches n’ont même plus le sens de l’humour…

4. Liberté encore : Réjouis-toi, citoyen, tu vis dans un pays de liberté ! Un pays où le ministre de l’industrie (Montebourg) peut traiter les patrons d’escrocs, et être condamné pour ça. Un pays où un grand quotidien réputé sérieux peut insulter le patron du 1° groupe mondial de luxe. Un pays où on surtaxe ceux qui ont réussi en créant de la valeur et des entreprises… Ceci dit, heureusement qu’on n’a pas de problème de chômage en France ! Parce que si on devait convaincre les entrepreneurs d’investir en France pour créer de l’emploi, on serait mal…

5. Feu Vert : on se souvient du président, lors de sa brillante allocution du 14 juillet qui annonçait bravement que « l’Etat ne laissera pas faire » le plan social de PSA, le jugeant « inacceptable ». Dimanche dernier, le changement de ton et de discours fut saisissant : « l’Etat accompagnera la restructuration du groupe » mais que c’était désormais « aux partenaires sociaux de négocier ». Quand on vous dit que les vacances présidentielles ont été une calamité…

6. « Au sombre Ayrault de l’amer… » : Sans fanfaronner, on le disait ici dès le 30 août. Il y a désormais un problème reconnu avec le premier ministre jugé autoritaire, peu sur de lui, et même « banal » aux dires d’un conseiller élyséen. Pire, il se serait « Cressonisé », du nom d’Edith Cresson, le plus éphémère premier ministre de la V° République… Restée moins d’un an entre 1991 et 92. Résultat : Hollande n’a d’autre choix que de monter au créneau en lieu et place de son collaborateur ! Il se dit même que certains ministres demandent des arbitrages au président lui-même par sms, ignorant superbement le premier d’entre eux… Des noms circulent déjà pour le remplacer mais rien ne sera possible avant les prochains échéances électorales en … 2014. A Matignon, le changement, ce n’est pas maintenant ! C’est vrai que ça ferait désordre… Quelque chose me dit qu’on n’a pas fini d’en parler…

7. Je n’ai qu’une parole, c’est pour ça que je la reprends… : Des sondages à l’Elysée ? Non, ça vraiment, on n’en verrait plus. C’était honteux mais c’était avant, au temps du diable personnifié qui avait usurpé le vote des français… etc. Ainsi parlait le candidat Hollande, le 15 avril 2012 dans le JDD. Or, le Parisien nous apprend ce jeudi que l’Elysée signe une convention avec le SIG (Service d’Information du Gouvernement) portant sur la commande d’études répétées sur l’image et l’action du chef de l’Etat. Encore un engagement du candidat qui aura fait long feu, comme les dictateurs qui ne seraient plus reçus à l’Elysée, les accords « compétitivité emploi », le traité européen… Nous vient alors une idée : certains journalistes (Le Monde, Le Point notamment) tiennent un « Hollandomètre » : le baromètre des promesses tenues. Nous tiendrons ici un outil comparable et que nous appellerons sobrement le « Démago-mètre » : le baromètre des reniements du président qui permettra de mettre la lumière sur les postures démagogiques du candidat en campagne auquel le président aura renoncé une fois élu… Travail utile au demeurant, des fois que les journalistes dits traditionnels oublient cette petite comptabilité…

Bon week end et bon courage !

Déjà 3 remarques sur cet article

  1. pylatais dit :

    a quand la premiere manif contre ce gouvernement d’incapables , de condamnés et de profiteurs.

    • latifa dit :

      Bravo ! QAuand on pense au tollé provoqué par la proposition du CPE et les manifs engendrées, on croit être dans un cauchemar.
      Quand tout le monde sera pauvre, au chômage et à la charge de l’état, on pourra mesurer où conduit ces décisions stupides et vexatoires pour la moitié des Français

  2. hugain dit :

    Fait du bien des articles comme celui-ci, merci.

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