L’Estonie dénonce les projets de Poutine en Géorgie

Rédigé par avecvusurlemonde le 18 septembre 2012.

vladimir_poutine_cire
Photo : Thomas Hawk

Photo : Thomas Hawk

Quatre ans après l’invasion de la Géorgie par la Russie, Moscou s’apprête-t-il à récidiver ? C’est en tout cas la crainte exprimée par Urmas Reinsalu, ministre estonien de la Défense, dans une tribune publiée sur le Huffington Post la semaine dernière. Le ministre met l’Europe en garde contre un trop grand laxisme envers la Russie et montre que Vladimir Poutine a plusieurs options sur la table pour reprendre le pouvoir en Géorgie.

Le ministre de la Défense estonien revient sur la guerre éclair de 5 jours en 2008 et le plan Medvedev-Sarkozy ayant mis fin au conflit. “La Russie n’a jamais respecté ses engagements ; il semble clair aujourd’hui qu’elle n’en a jamais eu l’intention » explique-t-il. En effet, l’accord signé entre les présidents russe et français prévoyait le retour des forces russes à leur position ante bellum et celui des forces géorgiennes à leur lieu de cantonnement. Or,  de 10 000 à 20 000 soldats russes sont encore déployées en Abkhazie et en Ossétie du sud, et Moscou oppose son veto au déploiement de missions d’observation de l’ONU ou de l’OSCE. La mission européenne de surveillance (EUMM) de pénétrer sur le territoire sud-ossète est tout bonnement interdite de pénétrer sur le territoire sud-ossète.

Se faisant encore plus menaçant, Moscou va prochainement lancerCaucase 2012”, des exercices militaires à proximité de la frontière géorgienne mobilisant environ 8 000 soldats avec la collaboration des forces armées des provinces séparatistes géorgiennes d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud.

Comme le rappelle Urmas Reinsalu, « l’organisation des exercices militaires Kavkaz 2008 dans le Caucase nord avait précédé l’invasion de la Géorgie par la Russie ». Une semaine avant les élections législatives géorgiennes prévues le 1er octobre, ces opérations devraient fortement mettre la pression sur les électeurs géorgiens. Préfigurent-ils une nouvelle invasion des troupes russes ? C’est ce que pensent plusieurs experts comme Pavel Felgenhauser : ” L’état-major général russe a sans doute un autre plan pour envahir et occuper le reste de la Géorgie. Comme en 2008, la décision de l’activer sera décidée par la même et unique personne, Vladimir Poutine. ”

Le ministre estonien de la Défense avance une autre possibilité : Poutine pourrait se satisfaire de l’arrivée à la tête de l’Etat géorgien d’un pantin au service du Kremlin. Ce candidat pro-russe est déjà connu, c’est l’oligarque franco-géorgien Bidzina Ivanishvili. Celui-ci  « a commencé à user d’une rhétorique nationaliste, anti-minorités, orthodoxe et fondamentaliste » explique Urmas Reinsalu avant de préciser : « Des groupes financés par Ivanishvili mènent des  actions violentes plutôt que des débats politiques, et le Rêve géorgien a refusé de signer un “code de conduite” pour les partis politiques, tout en violant délibérément les règles de financement politique afin d’injecter des fonds issus des actifs russes dans la vie politique géorgienne. ».

Conformément aux souhaits de Vladimir Poutine, Bidzina Ivanishvili a promis de ne pas demander l’adhésion à l’OTAN et dénonce l’un des pays membre, la Turquie, estimant que ce pays est une menace stratégique pour la Géorgie. Cependant, la majorité des géorgiens étant favorable à une adhésion à l’OTAN et un rapprochement avec l’Occident, le Rêve Georgien, coalition formée autour de Bidzina Ivanishvili, peine à convaincre les électeurs. De quoi doucher leurs espoirs ? Non, d’après Urmas Reinsalu qui estime que l’opposition pro-russe est prête à sortir dans la rue pour contester sa défaite annoncée et faire passer le gouvernement actuel pour un régime dictatorial.

« Ce mouvement politique financé par la Russie a jeté les bases d’une contestation des résultats d’élections en passe d’être remportées par un parti de réformateurs pro-occidentaux. Le Rêve géorgien s’apprête à descendre dans les rues et à provoquer des tensions – et ce même si les élections sont jugées libres et équitables par des observateurs internationaux – juste après un déploiement militaire important aux frontières de la Géorgie. » explique-t-il. Une telle situation serait le prétexte idéal pour que la Russie envoie ses troupes…

Déjà 3 remarques sur cet article

  1. Moumarkaddhafi dit :

    Quelle rigolade!
    Vous y croyez à ce que vous publiez

  2. LUDOVIC dit :

    Ni l’OTAN et aucune force ne seront en mesure de secourir, et la Géorgie, et l’Estonie, dans une guerre avec la Russie, surtout l’Estonie beaucoup plus en danger avec une population quasiment Russophone, la Russie chassera les mondialiste de ces pays

  3. PLOTTON dit :

    La GEORGIE peut elle adhérer à l UE

Laisser un commentaire