Une semaine en Hollandie N°6 (1/2)

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Photo : Patrick Peccatte

Ayrault vote Sarko et tente rallier son propre camp, la révolte des pigeons, copinage et pilonnage… petit « worst of » de la semaine en Hollandie…

Ayrault vote Sarko : Mardi, nous avons vu un ex prof d’allemand dans la banlieue de Nantes, dont les mauvaises langues disent qu’il est le premier ministre socialiste français, défendre avec toute la passion dont il est incapable le traité européen signé par Sarkozy et Merkel, devant des députés goguenards.

En effet, sa majorité est divisée sur ce projet, et c’est rien de le dire. Au point qu’il se pourrait bien que le président et son premier ministre ne disposent pas d’une majorité « de gauche » : c’est-à-dire que le traité n’aurait pas été ratifié sans les voix de la droite, qui elle, votera le texte sans état d’âme. Et pour cause : le traité MERKOZY n’a pas changé d’une virgule…

Et dire que le candidat Hollande a fait campagne sur sa capacité, supposée mais revendiquée le front haut, à renégocier et donc faire plier Angela. Quelle tartufferie ! Jugez plutôt : le voilà qui aujourd’hui défend et avalise un texte dont Sarkozy est l’auteur, dont il avait dit qu’il était inacceptable, qu’il n’est pas parvenu à faire amender, et qu’une partie de sa majorité va rejeter.

Quelle démonstration ! Son impuissance n’a d’égale que sa malhonnêteté intellectuelle ! Il ne faut pas chercher plus loin les causes de sa rapide, brutale et interminable chute dans les sondages. Il a pris les français pour des abrutis et finalement, ils n’ont pas aimé. Le ridicule (politique) ne tue pas, certes, mais j’en connais un qui va se sentir à l’aise lors du prochain sommet européen…

Gastronomie : le début de semaine est marquée par la recette du Pigeon à l’Internet, efficace et goûtue: prenez quelques têtes bien faites, une expertise digitale évidente, quelques relais bien sélectionnés, vous laissez mijoter le temps d’un week end et vous obtenez une savoureuse opération de buzz politico-médiatique. Les entrepreneurs et investisseurs crient à l’assassinat des start ups du fait d’une trop grande taxation des plus-values de cession.

Pas faux, tellement le projet de budget 2013 semble aller chercher l’argent où on croit qu’il est. Les faits mentent rarement : au moment de la revente d’une entreprise, la plus-value réalisée par l’entrepreneur (ou le capital risqueur) sera taxée au taux marginal de 60%, alors même que la valeur créée par l’entreprise aura été (largement) ponctionnée via l’impôt sur les sociétés (le plus élevé du monde). Autrement dit, ceux qui dirigent l’état et qui en vivent ponctionnent ceux qui investissent leurs propres deniers pour créer de la valeur et des emplois !

La France des planqués contre la France des investisseurs ! Le gouvernement montre en tout cas qu’il a une forme de lucidité : le matraquage fiscal ne concerne que des populations (très) faiblement acquises aux thèses socialistes : les riches, les patrons d’industrie, les entrepreneurs, les investisseurs… Le gouvernement Ayrault, d’ailleurs, sera le premier depuis 10 ans, à faire augmenter le nombre de fonctionnaires. A croire que personne, dans les hautes sphères, n’a compris la nature de la crise actuelle.

Merci les copains : La loi de finance prévoit donc un tour de vis fiscal sans précédent pour les populations suspectes de vote à droite. A contrario, elle protège plutôt bien les clientèles socialistes : par exemple, les investissements dans les Dom Tom seront les seuls à échapper au plafonnement des niches fiscales. Et pour cause : le 6 mai dernier, ces départements ont massivement voté pour le candidat Hollande avec près de 64% des voix ! On s’en doutait un peu, mais cette fois on en est sûr : à Élysée, arbitrage rime avec copinage.

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