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Une semaine en Hollandie, N°7 (2/3)

Rédigé par nikkopol le 12 octobre 2012.

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Photo : Patrick Peccatte
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Photo : Patrick Peccatte

Les riches qui nous fuient mais qu’on décore en Angleterre, Aurélie qui s’enfonce (encore), les sondages qui chutent toujours… Petit worst of de la semaine en Hollandie.

Le doigt dans le (sciences) pot : Il y avait un gars qui faisait une gentille unanimité dans le landerneau politico-médiatique germanopratin, c’était Descoings, le patron de Sciences-Po. Son aura tient principalement au fait qu’il aura ouvert sa prestigieuse institution aux lycéens de ZEP, sorte de discrimination positive. Cette petite révolution n’était en réalité qu’un vulgaire trompe l’œil pseudo social accordé à Sarkozy en pleine période pré-électorale et post-émeutes de banlieues…

Mais ce coup de pub permit surtout à Descoings d’accéder au statut d’Intouchable médiatique : il faudra attendre sa mort dans un hôtel américain, pour qu’un rapport de la Cour des Comptes interroge sa gestion : près de 30 000 euros de salaire brut mensuel, voiture avec chauffeur, appartement de fonction, primes massives accordées à l’encadrement (dont les salaires auront augmenté de 158% entre 2005 et 2010 !), emploi de son épouse… le tout dans un contexte de hausse massive des frais d’inscription (près de 14 000 € l’année en Master !). La Cour parle de « gestion hasardeuse » et de « fuite en avant financière ». Lorsqu’on interroge Hervé Crès, son administrateur provisoire sur ces faits, il est capable de répondre, sans rire : « ces chiffres sont à rapprocher du fait que 25% de nos élèves débutent dans le service public : ils rendent donc service à l’Etat » (Le Parisien, 08-10-2012). Monsieur, serait-on tenté de lui répondre, « servir l’Etat » ne veut pas dire « se servir dans les poches de l’Etat ». Comme dit l’un de mes amis : qu’il y ait de la gabegie à Sciences Po, des emprunts pourris, des malversations, des salaires mirobolants pour certains copains, des emplois présumés fictifs, une absence totale de contrôle… tout cela est normal, cette école enseigne à ses élèves à gouverner….

Education : le même jour, mardi, nous apprenions avec fierté le Prix Nobel de Physique du Français Serge Haroche, et nous écoutions avec attention le discours présidentiel sur « la refondation de l’école ». On se demande alors si notre nouveau lauréat serait devenu ce qu’il est sans un savant cocktail fait de goût de la réussite, sens de l’effort, récompense du mérite ? Produit de la méritocratie républicaine, Haroche ne doit qu’à son travail acharné le fait d’être entré 1° à Polytechnique et 3° à l’ENS. On attend donc de l’Education Nationale, de l’Ecole Républicaine donc, qu’elle encourage et développe ces valeurs, fondatrices, dans la réussite d’un tel parcours certes mais surtout dans celui de millions d’élèves, qui réussiront tout à fait bien, chacun à son niveau, sans être Prix Nobel naturellement. Alors on se tourne vers la Sorbonne et l’Ecole version Hollande. Et là, on est abasourdi parce qu’on entend, à savoir un discours terne et sans réelle ambition, somme des pires démagogies scolaires des 15 dernières années.

Pris en tenaille entre les « Pro semaine de 4 jours » et les « Pro semaine de 5 jours », il affirme, péremptoire, que le « temps de la décision est venu » : on fera la semaine de 4,5 jours !!!! Rhôôôô, le courage…. Plus loin, il explique qu’à l’avenir il faudra « indiquer un niveau » par une « évaluation positive » plutôt que de « sanctionner » par une note. Ah, la note ! Elle n’est vécue que comme une punition… Bel encouragement au dépassement de soi et à l’effort ! Plus loin, il nous dit qu’il faut remédier à la « démotivation » et à la « mésestime de soi » issues, selon lui, de ces satanées notes. Sans note, pas de niveau, donc toutes choses égales par ailleurs, pas d’excellence ni d’échec ! CQFD. Plus anecdotique a priori mais peut être pas tant que ça: la fin des devoirs à la maison. Le travail, l’effort, la continuité d’un processus d’apprentissage entre l’école et la maison, c’est donc ter-mi-né ! Autrement dit plutôt que d’avoir l’ambition saine d’impliquer les parents dans le processus de transmission des savoirs, Hollande abdique et il propose de niveler tout le monde par le bas. C’est désormais officiel : les Prix Nobel du futur, les esprits brillants qui éclaireront le monde de demain ne seront pas français. Par contre, les élus mafieux et corrompus, le seront, eux (cf ‘le doigt dans le pot !’).

Déjà une remarque sur cet article

  1. Juts dit :

    Je ne vois pas ce qu’il y a de choquant dans cet article… Le gouvernement actuel fabrique une génération d’abrutis et d’illettrés pour être sûr qu’ils voteront pour lui plus tard !

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