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La revue de presse souverainiste 3

Rédigé par Billy Michu le 15 octobre 2012.

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Photo : MPhotographe
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Vendredi 12, le célèbre comité norvégien a remis le prix Nobel de la Paix 2012 à l’Union européenne. Pour lui, « L’UE et ses ancêtres contribuent depuis plus de six décennies à promouvoir la paix, la réconciliation, la démocratie et les droits de l’homme en Europe ». Un tsunami d’autocongratulations.

Le président du Parlement européen, l’Allemand Martin Schulz, s’est dit « profondément ému et honoré » par cette attribution. Le président de la commission européenne, le Portugais José Manuel Barroso, parle d’ « un grand honneur » fait à l’UE. Pour le président du conseil européen et président de la zone euro, le Belge flamand Herman Van Rompuy, l’UE est tout simplement « la plus grande force de paix de l’Histoire ».

Les chefs d’Etat et de gouvernement européens, à l’image de François Hollande et Angela Merkel ont bien entendu abondé dans ce sens. Cette grande victoire européiste s’est souvent doublée d’un encouragement à aller plus loin, à faire l’Europe politique, la fédération européenne. A noter que le Premier ministre britannique David Cameron a gardé un splendide silence sur cette affaire.

Un choix moqué

De nombreuses critiques, certes moins prestigieuses, sont venues qualifier cette attribution. Pour Nicolas Dupont-Aignant (DLR), ce prix est décerné « à titre posthume ». Marine Le Pen (RBM/FN) continue sur cette lancée, affirmant que « L’Union européenne est aujourd’hui le premier facteur de désunion et de montée des tensions entre les nations européennes ». Lionnel Luca (UMP/Droite Populaire) s’est étonné de cette attribution étant donné que l’UE est « un nain diplomatique ». Face au qui de l’œuf ou de la poule, Henri Guaino (UMP/Rassemblement Gaulliste) répond : « Je n’ai jamais pensé que l’Europe avait fait la paix ; c’est la paix qui a fait l’Europe ». Les critiques ont également regretté que l’UE n’ait pas plutôt remporté le Nobel d’Economie et que le comité Nobel ait méconnu la situation sociale explosive de l’UE-27. A noter que Jean-Pierre Chevènement (MRC) ne s’est malheureusement pas exprimé.

Les facteurs de paix extérieurs à la construction européenne

Bien sur, pour se féliciter de l’honneur qui est fait cette année à l’UE, il faut oublier que l’Europe a été un simple spectateur du siège de Sarajevo et des guerres de Yougoslavie de la décennie 1990. Il faut aussi oublier le théorème de la paix démocratique, cher aux Américains, qui dit que les démocraties libérales ne se font pas la guerre entre elles. Il faut enfin oublier la ratification du traité de l’Atlantique nord, qui institue une alliance militaire permanente, entre les Etats-Unis et les pays qui ont fait la construction européenne.

Un prix norvégien destiné au peuple norvégien

Ces européistes si enthousiastes sont-ils donc si naïfs ou simplement ignorants ? Le comité Nobel n’a pas attribué son prestigieux prix au Grand Machin, pour son bilan. Le président du comité s’appelle Thorbjørn Jagland. Cet ex-ministre norvégien est un européen convaincu, mais son peuple a refusé deux fois par référendum de rejoindre l’UE. En arrivant à la tête du comité, il a juré de remettre avant de le quitter, le Nobel de la paix à l’UE, pour encourager les Norvégiens à rejoindre l’Europe. L’année 2012 était sa dernière opportunité de pousser la prospère Norvège dans les bras de l’austère Europe.

Le Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg a pour sa part félicité l’UE, tout en rejetant tout dessein d’adhésion de son pays aux communautés européennes. A croire que l’UE c’est bien, surtout quand l’on n’en fait pas partie.

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