Après le Synode des Évêques, l’Église cherche sa “nouvelle frontière”

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Photo : Opus Dei

Face à l’hémorragie des fidèles, l’Église cherche à se renouveler sans pour autant trahir ses fondamentaux. Après le Synode des Évêques qui s’est tenu du 7 au 28 octobre au Vatican, quel bilan peut-on tirer de ce grand rendez-vous ecclésiastique ?

262 évêques venus du monde entier étaient réunis pour un Synode placé sous le thème de “La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne”. Au centre des débats, l’hémorragie des fidèles et le non-renouvellement des générations de croyants, un problème qui touche particulièrement les anciens bastions que son l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Amérique Latine. C’est “un tsunami qui a lessivé le monde occidental dans les années 1980 et 1980. […] Deux générations de baptisés sont aujourd’hui sous-catéchisées”, avait introduit en début de Synode le cardinal américain et archevêque de Washington Donal William Wuerl.

Pour le pape Benoît XVI qui a conclu ce Synode lors d’une messe solennelle qui s’est tenue dans la basilique Saint-Pierre de Rome, il est impératif de mener la “nouvelle évangélisation” auprès de ceux qui “ont perdu la grande richesse” de la foi. Après trois semaines de débat et pas moins de 340 interventions, les évêques ont délibéré en produisant un document composé de 58 propositions qui devront structurer cette “reconquête” évangélique. “A côté des méthodes pastorales traditionnelles et pérennes qui sont valables, l’Eglise cherche à en adopter de nouvelles, élaborer un nouveau langage, se mettre à l’écoute des différentes cultures du monde”, a expliqué le pape Benoît XVI.

Parmi les pistes ouvertes, Internet et les réseaux sociaux : 1,2 milliard de fidèles de l’Eglise utilisent aujourd’hui ces moyens de communication pour propager leur message. Une des 58 propositions sortie du Synode prévoit justement de former les cadres de l’Église aux usages de la communication digitale.

Autre piste : renforcer les outils actuels d’évangélisation par l’engagement de terrain. Un retour aux activités pastorales qui font la richesse d’une organisation comme l’Opus Dei. Présent à travers le monde, l’Opus Dei est engagée depuis longtemps dans des projets éducatifs et de développement en Amérique Latine, en Europe, en Afrique et en Asie.

Pour autant, les évêques réunis en Synode ont voulu éviter que cette évangélisation ne vire à l’opération marketing. Ce Synode n’a rien d’un nouveau Concile que beaucoup attendaient, même si l’Église a su mesurer les nombreux défis qui se trouvent face à elle. “Un Synode est moins spectaculaire [qu’un Concile] mais très encourageant tout de même” note André-Joseph Léonard, le primat de Belgique.

Pour plusieurs observateurs, ce Synode a tous d’un “Vatican Deux et demi”. Autrement dit, innover sans pour autant rompre avec le message fondamental de l’Église. Ne pas sombrer dans la critique pure et simple de la sécularisation, mais rester ferme sur la pertinence du message de l’Église. Benoît XVI avait d’ailleurs donné le La de ce Synode en déclarant que “l’aggiornamento ne signifie pas rupture avec la tradition, mais en exprime la vitalité continuelle ; elle ne signifie pas réduire la foi, en l’abaissant à la mode des époques, à l’aune de ce qui nous plaît, à ce qui plaît à l’opinion publique, mais c’est le contraire”.

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