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Anne Sinclair et la droitisation de la France

Rédigé par lesoufflet le 28 novembre 2012.

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Photo : Patrick Peccatte
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Photo : Patrick Peccatte

L’ex femme de Dominique Strauss Kahn, désormais rédactrice en chef du site d’actualité Huffington Post, a publié une chronique où elle s’inquiète de la “droitisation” de la France. Une étrange angoisse de la part d’une représentante du capitalisme tout puissant, qui a soutenu pendant des années la politique ultra libérale du FMI.

Généralement, les socialistes qui sont le plus attachés à la gauche sociétale, sont ceux qui ont délaissé la gauche sociale depuis longtemps. Tel François Hollande et son mariage homosexuel comme alibi sociétal pour montrer qu’il est bien de gauche, pendant que le chômage atteint son apogée, les élites socialisantes et les membres de la gauche caviar sont les premiers à mépriser les doléance des classes laborieuses. Nous en avons ici un bel exemple avec cet édito d’Anne Sinclair, qui en dit long sur la conception de la politique des élites médiatiques et sur leur déconnexion totale du reste des Français :

A l’évidence, la France se droitise, dans les préoccupations, dans les discours.

Plus de 100.000 personnes en France ont, ce samedi, défilé contre le mariage pour tous, autrement dit contre la possibilité de se marier, que le futur projet de loi bientôt discuté à l’Assemblée, offrira aux homosexuels.

Il est bien entendu de leur pleine liberté de l’exprimer ainsi, mais cela va sans doute à rebours d’une évolution qui ne leur est pas favorable. Anti- mariage gay, mais surtout anti-adoption, avec “un papa et une maman”, leur slogan, en contradiction avec une époque qui voit l’explosion des familles monoparentales, et l’existence de fait d’enfants jusqu’ici condamnés à un impossible statut, fruits de l’adoption par un couple du même sexe.

Fine progressiste, l’argument de Sinclair pour le mariage homo est d’une pertinence incontestable : comme la famille est en train de se désagréger, pourquoi ne pas lui assener le coup de grâce. Rappelons aussi à l’ex de DSK que les Allemands Nazis, les Russes staliniens, les Italiens fascistes et autres dérivés du socialisme au XXe siècle, considéraient leurs idéologies comme modernes, dans l’air du temps et donc dans l’ordre du progrès, tout comme les actuels partisans du clonage ou des mères porteuses. Les évolutions sociétales ne vont pas toujours dans le bon sens Claire. Il serait plus que ridicule, dangereux, de se plier aux dérives les plus sordides de la société contemporaine au nom de l’air du temps. “L’air du temps”, “l’évolution”, “l’époque” comme vous dites madame Sinclair voulaient à un moment donné que l’on brule des Juifs : était-ce pour autant une bonne chose pour la civilisation ?

La directrice du Huffpost continue plus loin à dresser son constat alarmant sur une France droitisée :

Droitisation encore. Les “unes” des newsmagazines se font de plus en plus violentes, agressives. Celle de L’Express de cette semaine, qui fit débat au sein même de la rédaction a pour titre “Le coût de l’immigration” et montre une femme voilée, de dos, sous un panneau “allocations familiales”. Le Point n’était pas en reste en ayant titré il y a quelques jours sur “L’Islam sans gêne”. Ces “unes” surfent à l’évidence sur une islamophobie rampante, qui gagne dans la société, alimentée par des hommes ou femmes politiques qui attisent le feu avec des “pains au chocolat” ou des douceurs du même ordre.

Non contente de reprendre l’ensemble des éléments de langage de la doxa journalistique, Sinclar va plus loin et regrette que Hollande ne soit pas assez à gauche.

On ne peut pas accuser le gouvernement de François Hollande de dérive droitière. Toutefois, il a semblé ranger au magasin des accessoires – ou en renvoyant aux calendes grecques – le vote des étrangers aux élections locales, qui était pourtant l’une de ses promesses. On croyait qu’enfin un gouvernement allait imposer cette mesure voulue déjà il y a 31 ans, et déjà mise en œuvre par douze pays de l’Union Européenne. Il a choisi de s’abriter derrière la nécessité des 3/5èmes des voix du Congrès pour faire adopter la loi lors d’une révision constitutionnelle.

Certes, François Hollande a formellement raison s’il veut passer par la voie parlementaire.
L’autre solution aurait été l’adoption par voie référendaire. Mais – droitisation de la société toujours – il est vraisemblable que le débat qui en aurait résulté dans l’opinion aurait été encore plus violent que celui sur le mariage gay et risquait de déchirer un tissu social délicat.

On notera au passage que la journaliste se trompe : pendant la campagne, lors même du débat télévisé avec Nicolas Sarkozy, François Hollande avait annoncé qu’il proposerait cette mesure mais qu’elle ne serait pas appliquée, faute de majorité au 3/5e. Un aveu que personne n’avait relevé à l’époque et qui en disait déjà long sur le cynisme de notre bon président.

Ici encore, tout le mépris et la conception élitiste de la politique d’une certaine gauche française ressort dans les mots de Sinclair : la démocratie c’est bien, mais quand les électeurs sont de gros beaufs franchouillards, mieux vaut ne pas leur demander leur avis.

Mais pour en revenir au sens de ce papier qui tentait de décrire la droitisation de la France, c’en est un autre signe, quel que soit le vainqueur de cette improbable joute. François Fillon aura été obligé de se déporter sur sa droite pour concourir. Et c’est autour des thèmes de Jean-François Copé et de sa droite décomplexée que se sont organisés les débats comme l’écrivait ce week-end Geoffroy Clavel dans Le HuffPost.

Si, comme il se pourrait bien, une victoire – sera-ce une victoire ? – de JF Copé se dessinait, ce serait bien un autre signe d’une société qui se droitise et d’une opposition qui se radicalise. Et si c’était Fillon, les militants ont parlé. Ils veulent une droite dure, au verbe souvent “hargneux”, comme l’écrivait Nicolas Demorand cette semaine dans Libération.

Avant tout, il faut s’accorder sur la droitisation : si on parle d’un libéralisme à outrance, de la négation de l’état face aux marchés, Anne sinclair appartient à la droitisation, elle qui milite ardemment pour que les œuvres d’art ne soient pas fiscalisées, elle qui a soutenu la politique du FMI pendant si longtemps.

Il faudrait rappeler à madame Sinclair que la gauche ne signifie pas le progressisme sociétale, mais le contraire : respect des valeurs et des traditions, contrôle des frontière, travail, défense de la famille, voilà qui étaient des valeurs de gauche, avant que Mitterrand et autres DSK, qu’elle a soutenus toute sa vie, ne transforment la gauche française en laquais des marchés grimée derrière des positions mondialistes progressistes sociétales qui vont à l’encontre des classes laborieuses mais qui font semblant, avec la complicité des journalistes, d’être de “gôche”.

Et puis, comment ne pas se demander si la droitisation ne consiste pas à défendre les plus riches et puissants hommes blancs contre les petites bonnes noires ?

#gauchemoraleougauchecaviar?

Déjà 3 remarques sur cet article

  1. katlen dit :

    BRAVO, votre commentaire me rejoins et me plais..Oui nous somme de droite, pas dure , nous n osions pas avant de devenir une droite decomplexe. en parler..Nous avons aussi nos valeurs peut etre plus forte que la gauche qui parle beaucoup mais n agis pas..Je le voies autour de moi…Nous nous respectons , somme fiere et souhaitons que la France ne perde pas sont drapeau et sa democratie

  2. daniel pilotte dit :

    Anne sinclair meprise la droite pourtant elle ne crache pas sur le fric de la bourgeousie capifaliste en france qui a tout les piuvoirs la gauche elle me donne la nausee elle est pitoyable

  3. Paul Emiste dit :

    Monet, Renoir, Picasso, Cézanne et beaucoup d´autres (vous savez ceux qui couvrent les murs de votre 600 mètres carrés place de Vosges) se retournent dans leur tombe.
    Finalement, avec Dominique, vous formiez un couple homogène .

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