Mariage pour tous : une élue PS dénonce le gouvernement

Rédigé par lesoufflet le 10 décembre 2012.

homoparentalité
Photo : borgmarc

 

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Photo : borgmarc

Dans une tribune pour Le Monde intitulée “Mariage pour Tous, une intime conviction”, Bernadette Laclais, Députée socialiste de Savoie et maire de Chambéry, soulève les problèmes posés par le projet de loi absurde sur l’homoparentalité et le mariage homosexuel. Elle dénonce surtout (avec courtoisie, on sent qu’elle craint la punition du parti) les méthodes du gouvernement qui tente de faire passer cette loi le plus rapidement possible, afin de ne pas avoir à écouter les opposants et à imposer ce projet suicidaire, sans que les Français n’aient conscience de ce qui leur arrive.

La socialiste (pour combien de temps après avoir osé douter de la parole officielle ?) exprime ses regrets quant au manque de débat sur ce sujet, avant de s’inquiéter sur les conséquences juridiques et sociales, pour l’enfant, de l’instauration d’un mensonge officiel (pourquoi faudrait-il un homme et une femme pour faire un bébé ?).

Voici donc les principaux extraits de cette tribune qui prouve, malgré la langue de bois de son auteure, que de nombreuses personnalités de gauche ne sombrent pas dans le progressisme extrême et prométhéen d’un gouvernement à la botte des puissances communautaires et dans l’incapacité avérée de dire non à ses interlocuteurs :

“J’en tire comme enseignement que l’enjeu des décisions que nous sommes appelés à prendre justifie un débat serein, approfondi, responsable. Et je veux croire qu’il ne demeure dans notre société, en France en 2012, des questions à ce point taboues qu’elles ne pourraient être débattues sereinement, lucidement.

Sur la procédure : Je me réjouis de voir l’examen du texte à l’Assemblée nationale repoussé à la fin du mois de janvier. Cela permettra d’élargir les auditions, c’est une très bonne chose. Mais sera-ce suffisant au regard de la diversité des opinions et de l’ampleur de la réflexion qui touche à la sociologie, à l’éthique, au droit, à la spiritualité de chacun ? Notre pays doit pouvoir se donner le temps du débat et d’une décision qui, à défaut d’unanimité, ou de majorité massive, parviendrait à rallier un maximum d’adhésion, et a minima, de compréhension.”

[…]

“Mais au nom de l’égalité des droits entre adultes, faut-il créer par la loi des inégalités entre enfants ? Certes ces inégalités existent déjà entre enfants de conditions différentes, mais elles sont le résultat de parcours de vie, de situations de fait. Certains enfants élevés par des parents de même sexe peuvent être plus heureux que d’autres enfants de parents de sexes différents. C’est vrai. Mais cela suffit-il à admettre que, par l’a priori de la loi, des enfants auront à grandir avec des parents de même sexe, et d’autres avec des parents de sexes différents ?

Si l’extension du champ de l’adoption va de soi pour un enfant de l’autre conjoint issu d’une première union, est-il recevable de s’interroger sur la pertinence qu’il y aurait à créer par la loi une extension des situations dont on sait qu’elle posera très vite la question de la PMA et de la GPA ?

En changeant la loi pour institutionnaliser des situations qui restent exceptionnelles, ne la détourne-t-on pas de son but premier qui est de promouvoir le bien-être de l’enfant d’abord ?”

[…]

“Si l’on admet que ces questions méritent réflexion, pourquoi ne peut-on s’en tenir à une nouvelle avancée par rapport au pacs, qui permettrait l’union entre personnes de même sexe, sans ouvrir de droits nouveaux en matière d’adoption et donc de parentalité ? En soumettant ces questions à l’appréciation de mes collègues, et en les versant au débat public, je n’entends pas faire acte de provocation. J’espère aider chacun à admettre que le pays a besoin de temps pour faire mûrir les opinions et dégager des réponses.”

Le débat et l’échange d’arguments considérés comme réactionnaires et homophobes, c’est maintenant !

Déjà 6 remarques sur cet article

  1. Libertad dit :

    Hé bien, au moins une socialo lucide….qui ne crie pas à l’homophobie ou au fascisme-réac comme tous ses collègues dès que l’on ose critiquer ce projet de loi demandé par une poignée de gays agités contre l’avis de la majorité des homos et des français.

  2. Paul Emiste dit :

    Bravo madame pour votre courage…et oui nous en sommes arrivés à avoir besoin de courage pour proclamer haut et fort que pour procréer un bébé on a besoin d´un homme et d´une femme, et non pas de deux hommes ou deux femmes.

    Les forces de faux créer c´est maintenant!

  3. gazo dit :

    en temps que savoyarde je remercie mme laclais pour sa lucidité et son honneteté intelectuelle. j’espère qu’elle ne sera pas mise au ban par ses chers amis socialistes.

  4. Marieage dit :

    Une société oisive… depuis longtemps

    L’image d’une société uniquement soucieuse de s’amuser, d’une dépravation des mœurs, source de dénatalité, a longtemps occupé les esprits. Cette vision, bien qu’exagérée, est fondée. Ainsi, de nombreux spectacles sont organisés pour satisfaire le peuple qui réclame “du pain et des jeux” dans des arènes immenses (les plus grandes peuvent accueillir jusqu’à 20 000 personnes). Cependant, si la licence des mœurs, la corruption des fonctionnaires et l’attrait populaire pour le cirque et le jeu avaient été la cause de la chute de Rome, l’Empire aurait dû disparaître depuis longtemps. Certes, la crise économique et sociale qui a atteint l’Empire romain n’a guère permis d’enrayer “la corruption de l’esprit public”. Mais il ne faut pas pour autant en grossir l’importance.

  5. Urbon dit :

    Qu’elle est gentille.

    Sauf que bon, le temps ne fait rien à l’affaire. Ni l’amour ni l’homosexualité n’ont été inventé au 21ème siècle. La seule chose de nouveau, ce sont les progrès médicaux, avec la PMA. Et plus la médecine progresse, plus ça pose de problèmes déontologiques.

    Il faudrait payer des techniciens pour faire des enfants, introduire une distinction entre les enfants fabriqués naturellement et les autres OGM, etc.

    De toute façon, à partir du moment où il devient possible de procréer sans avoir de rapport sexuels, il n’est plus nécessaire que les enfants aient deux parents, qu’ils soient de sexe opposés ou non.

    Autrement dit, le mariage homo, c’est déjà has been.

    Les gens se marient et divorcent je ne sais combien de fois dans une vie, multipliant ainsi le nombre de parents. Fini la relation privilégiée avec ses parents pour l’enfant, ça vient, ça va… Et ça complique bougrement la vie des parents. Alors autant faire des enfants tout seul, ça simplifiera les choses.

    Chacun aura ses propres enfants, peu importe ses partenaires sexuels et la stabilité de ses relations.

    La question n’est donc pas de savoir si il faut réformer le mariage pour le faire à la convenance des homos, mais si il faut l’abolir, tout simplement. Il n’y a pas que les homos susceptibles de profiter des progrès de la sciences. Tout un chacun… Les célibataires, par exemple, sont d’ailleurs beaucoup plus nombreux que les homos. Qui a envie de voir ses enfants une semaine sur deux ?

    Pour le moment, aucun des problèmes déontologique n’a effectivement été abordé et ce n’est pas pour rien. C’est parce que les homos veulent se réserver, eux, la prérogative des débats. Le fait qu’ils soient homos ne les distinguent en rien des autres.

    Soit les enfants se font à deux, parce qu’il faut un papa et une maman, soit ils se font autrement, c’est à dire en dehors du couple, dans un laboratoire médical. Alors pourquoi les homos imposeraient-ils la vie en couple quand il s’agit de faire des enfants en dehors du couple ?

    Ce projet de loi n’a aucun sens, c’est un torchon proposé par des lobby sexistes et irresponsables.

  6. Samwell dit :

    Il n’y a pas pire que ceux qui ne veulent pas voir!
    Toutes les dérives de la société sont annoncées dans les protocoles des sages de sion (en Suisse) dès la fin du XIXe siècle!
    Lisez-les, vous en tomberez sur le cul.

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