Google, Facebook, Apple : les passagers clandestins du Web ?

Crédit photo : jm3 (cc, Flickr)

Le modèle Youtube est-il en train de vampiriser l’Internet mondial ? Le site de partage de vidéos de Google est symptomatique de la croissance tentaculaire des géants américains du Web : il diffuse une quantité astronomique de contenus (notamment des clips et des chansons) en rétribuant au lance-pierres les artistes, tout en saturant les réseaux de bande passante, obligeant les opérateurs à financer des travaux d’infrastructures.

Google, Apple, Facebook. Les trois Big Brothers du Web font (très grassement) leur beurre en siphonnant le système à ses deux extrémités. D’une part, ils paupérisent la production culturelle (dans des proportions qui dépassent sans doute largement l’impact du piratage) en diffusant massivement des contenus sans rétribution significative, et d’autre part ils refusent de participer aux investissements d’amélioration des réseaux rendus nécessaires par… leurs applications.

Une stratégie de passagers clandestins d’autant plus insupportables que les multinationales du Web sont dans le même temps domiciliées dans des paradis fiscaux, ce qui leur permet d’échapper très largement à la fiscalité française, y compris lorsqu’il s’agit de gérer des clients de l’hexagone. Et ainsi de bénéficier d’un avantage compétitif conséquent sur leurs concurrents français. De quoi lancer un débat… et même faire réagir le gouvernement.

Et Fleur Pellerin, la ministre de l’Economie Numérique d’y aller bille en tête en dénonçant “la piraterie fiscale” des géants du Web. Et même d’ouvrir la boite de Pandore de la neutralité du Net (l’un des principes fondateurs d’Internet qui vise à ce que les opérateurs ne puissent pas, par souci d’égalité, discriminer les contenus et ainsi faire remonter des contenus payants)… avant de la refermer bien vite suite au tollé suscité.

Sauf que Google est soupçonné depuis plusieurs années de vouloir créer un Internet à deux vitesses. Moteur de recherche ultra-hégémonique (près de 90% des recherches mondiales), les Américains seraient tentés de faire payer pour garantir un accès dans les premières pages. Un projet de “priorisation du trafic” avait même vu le jour en 2010 avant d’être remis au placard face à la bronca soulevée.

Mais si Google, fort de son moteur de recherche et de Youtube, semble la figure de proue de cette nouvelle oligarchie du Web, les intérêts de groupes tels que Facebook, Apple, Amazon ou eBay vont dans le même sens. Être des acteurs incontournables au coeur de la nouvelle économie numérique afin d’être en mesure de faire pression sur les acteurs en amont et en aval. Avant une régulation du secteur ?

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3 réactions à “Google, Facebook, Apple : les passagers clandestins du Web ?”

  1. Je suis désolé de vous le dire mais la solution, c’est Free qui l’a trouvé.

    Bloquer les pubs.

    La bande passante a un coût aussi. Faire passer de l’information “gratuite” sur le réseau, c’est bien, à condition de pouvoir l’assumer.

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