Une semaine en Hollandie, #22

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Photo : Patrick Peccatte

Des références brunes du gouvernement au rebond sondagier du petit lieutenant corrézien, voici un tour d’horizon de l’actualité de la semaine en Hollandie…

Le gouvernement a les références qu’il peut ! On constate, ahuri, le besoin compulsif de la gauche française de mobiliser les fantômes de la Seconde Guerre mondiale pour combler les vides de son discours. La bataille de chiffonniers actuelle à l’assemblée n’échappe malheureusement pas à cette sordide habitude. Comme le souligne Goldnadel, entre la photo d’Anne Frank exhibée dans les rues de Paris et légendée ainsi : ‘’Le mariage pour tous ! Les fachos l’auront dans le cul !‘’, les déclarations du député socialiste de l’Hérault, Christian Assaf, considérant à l’Assemblée nationale que : « le temps du triangle rose est terminé », et celle de Pierre Berger déclarant que les opposants au mariage gay incarnaient la vieille France antisémite, tous les poncifs post-shoatiques auront été servis sans gêne aucune. Les nostalgiques du Troisième Reich ne sont décidément plus là où l’on veut le faire croire.

Honni soit qui Mali pense : la France gagne une guerre sans avoir besoin de la mener. Saluons que nos soldats soient ainsi épargnés par la barbarie islamiste. Néanmoins, il faudrait que nos commentateurs gardent un tout petit peu les pieds sur terre. Ainsi M. Wiedler, dans Le Monde du 30 janvier, se laisse déborder par l’émotion à un point qu’on espère qu’il n’est pas allé jusqu’à faire sous lui. « L’intervention de la France au Mali peut lui permettre (François Hollande) de devenir le grand réformateur qu’il n’est pas encore. Les français ont appris que les succès militaires pouvaient être les préludes à de grandes lois. Napoléon, bien sur, De Gaulle, évidemment. » Normalito 1er en descendant direct de Napoléon et de De Gaulle. S’il est sincère, on ne saurait trop conseiller à cet éditorialiste d’aller écrire ses hagiographies en Corée du Nord. S’il ne l’est pas, c’est qu’il est décidé à accélérer une carrière stagnante de petit scribouillard dans les couloirs du bel immeuble du boulevard Auguste Blanqui.

Descendance toujours : on se souvient que les premiers pas de Lui Président fut pour aller gerber, pardon, déposer une gerbe sur le Mausolée du bon Jules Ferry, fondateur de l’école publique laïque. Judicieux, comme il était trop visible de remercier les profs, leurs syndicats et leurs représentants dans la haute administration, autant le faire en une seule fois avec un symbole qui touchera les populations concernées au cœur. Ce fut fait. Le hic c’est que 7 mois après, il pourrait faire exactement le même geste au même endroit. Cette fois, ce n’était plus le défenseur de l’éducation pour tous que Normalito aurait décoré mais le grand colonisateur. Parce qu’il ne faut pas s’y tromper, si notre intervention au Mali se pare de vocables différents, l’esprit est bien le même : A l’époque, les armées du général Faidherbe parlait de « pacification », aujourd’hui on dit « restauration de la démocratie ». A l’époque, on disait qu’on « apportait la civilisation », aujourd’hui on dit qu’on défend les droits de l’homme. A l’époque, on embarquait les chefs des tribus du sud qui avaient eu maille à partir avec les arabes du nord, aujourd’hui on a à nos côtés une armée malienne qui n’a d’autre but que de régler ses comptes avec les touaregs. A l’époque les entreprises françaises lorgnaient sur le coton, aujourd’hui elles regardent plutôt les gisements d’uranium. A l’époque, on arrêtait les exactions des tribus arabes qui ambitionnaient d’islamiser l’Afrique Noire (pillages, commerce d’or et d’esclaves noirs), aujourd’hui on tente de mettre fin aux trafics de cocaïne, d’armes, de clandestins locaux et d’otages occidentaux. Aujourd’hui comme hier, la France se retrouve otage d’une guerre sans merci entre les noirs du sud et les berbères du nord qui se haïssent. A l’époque, la France avait échoué. Cette semaine, acclamé dans les rues de Tombouctou, Normalito a vécu au Mali la journée « la plus importante de sa vie politique »… Qu’il n’oublie pas que la Françafrique, qu’il vient d’incarner avec talent, à été le tombeau de nombreux vaniteux.

Taubira, des goûts… : La garde des Sceaux envisage de remplacer les dispositifs anti récidives que le précédent gouvernement avait mis en place par des peines de probation. Plus d’emprisonnement, donc, mais une mise à l’épreuve, en quelque sorte, qui devrait faire terriblement peur aux délinquants chevronnés. La rétention de sûreté est également en passe d’être abandonnée. Une fois encore, les classes populaires qui représentent les premières victimes de la criminalité et qui sont théoriquement protégées par la gauche, les pauvres donc seront les premières victimes de son idéologie.

La revanche du médiocre : la stratégie d’épuisement de Normalito contre tous ses opposants, qu’ils soient à gauche de sa gauche, à sa gauche seulement ou encore à sa droite a une explication toute simple. Elle n’est même pas voulue, ni théorisé. En fait, il est tellement content d’être là que plus rien n’a d’importance. C’est ainsi la revanche des médiocres : « vous n’y croyiez pas, vous ne pensiez pas mon élection possible, tous autant que vous êtes. Et pourtant ça l’est ». Aussi se mettent en place des schémas mentaux particuliers qui font que l’enjeu n’est pas de savoir s’il sera un bon, un grand ou un mauvais président. Il aura été. Seul cela compte. Un vrai médiocre va même faire des choses à l’encontre de ce qu’il pense être juste, pour le « plaisir inconscient » de faire hurler ses opposants. De là à penser que le mariage gay relève de cette logique…

Les khmers verts et leurs couleuvres : L’improductif ministre redressé a annoncé cette semaine le lancement des nouvelles techniques d’exploitation des gaz de schiste (via le parlement) et que le gaz de houille pouvait devenir une source d’énergie bon marché pour notre pays. Parallèlement, une note des services techniques du Ministère de l’Ecologie vient défendre le maintien de l’exploitation de la centrale de Fessenheim, que le candidat Hollande s’était engagé à fermer. Les Verts n’ont pas bougé un cil. D’ailleurs, électoralement, on peut penser qu’ils sont en état de mort cérébrale. Ils incarnent désormais la bonne conscience écologique d’un PS hégémonique, la seconde force d’appoint après les Radicaux de gauche. Les municipales se rapprochant, ils vont d’abord faire les gros bras (ils ont eu raison, ça a marché une fois… en 2012), puis sans doute se rendre à la raison et négocier dans une petite tractation politicienne quelques postes ici et là pour leurs apparatchiks locaux. On connaissait le « pétrole contre nourriture », voici l’opération « des couleuvres contre des postes ». On ne sait pas s’il y a un gagnant à ces minables petits jeux d’appareils, mais celle qui perd, c’est la démocratie, assurément.

La réalité sondagière : Au delà du petit sursaut de popularité du petit lieutenant et de son valet nantais, les études qualitatives sont dramatiques pour l’exécutif : selon l’Ifop cette semaine, seuls 12% des français interrogés pensent que leur situation va s’améliorer pendant le présent quinquennat, quand 44% pensent qu’elle va rester stable et 44% pensent qu’elle va se dégrader ! Au sein même de son électorat, seulement 25% se disent optimistes, et 20% d’électeurs du PS sont mécontents. Avec de tels scores, on va pouvoir chercher le courage politique encore longtemps…

Le sabotage cégétiste : la presse fait peu de cas d’un nouveau drame industriel arrivé à son épilogue cette semaine : Goodyear à Amiens. Depuis plus d’un an, la direction de l’entreprise a prévenu que cette usine n’était pas compétitive. En clair, cette entreprise tournait à perte ce qui veut dire que dans le groupe d’autres salariés en France et dans le monde travaillaient aussi pour permettre à ceux d’Amiens de survivre. Cette situation n’était évidemment pas durable. Depuis plus d’un an, la direction de Goodyear a expliqué aux syndicats et aux actionnaires que pour maintenir le site en activité, il fallait investir et modifier l’organisation afin de dégager des marges de compétitivité pour revenir à l’équilibre. Depuis plus d’un an, la direction butait sur le refus catégorique de la CGT d’accepter de signer un accord de compétitivité qui aurait permis de maintenir l’emploi au prix d’une réduction d’horaires (chômage partiel). Exactement l’esprit de l’accord signé il y a une quinzaine de jours entre le patronat et la CFDT. Pendant plus d’un an, la CGT a refusé toute négociation et la direction en a tiré la leçon. Il lui faudra fermer le site et licencier plus de 1000 salariés qui seront impossible à recaser dans la région. Conformément à sa tradition, la CGT a donc fait du sabotage industriel en faisant le choix du chômage contre l’emploi. C’est un choix à la fois scandaleux et catastrophique puisqu’il revient à dire aux salariés que finalement, ils ont plus intérêt à toucher des indemnités de départ et des aides au chômage que d’accepter un travail passagèrement soldé et ainsi sauver une usine. Soulignons que pour l’indignation médiatique, il faudra repasser : Goodyear n’a versé aucun dividende à ses actionnaires depuis 3 ans ! Bref, l’argumentation gouvernementale classique du patron voyou, de l’actionnaire rapace et du licenciement boursier ne s’applique pas ici. Par contre, celle du syndicat pourri, oui. Quant à avoir le courage de dénoncer ce type de réalités, c’est un peu plus compliqué que de faire la Une des magazines en marinière…

L’enfumage et les enfumés : On a du mal à savoir qui est le plus content : l’enfumeur ou les enfumés ! L’enfumeur n’a même pas besoin d’être très habile: il sort les uns après les autres des pare-feu pour cacher la misère de sa politique et les enfumés, à savoir les opposants, semblent extrêmement contents de se noyer dans la nasse : le mariage gay, c’est fait ; le droit de vote des étrangers, ça se met en place. Jeudi, c’est l’autorisation d’une salle de shoot à Paris… Pendant ce temps-là, personne ne parle explosion du chômage, misère sociale, désindustrialisation grandissante, récession, faillites, coupes prévues dans les dépenses publiques… Personne pour lui rappeler que le virage social libéral pris par le gouvernement revenait à appliquer le programme de Nicolas Sarkozy. Personne non plus pour souligner qu’au nom d’un incroyable principe de réalité, c’est tout le programme socialiste qui est à mettre à la poubelle. Personne enfin pour dénoncer un logiciel socialiste hors d’âge qui n’a aucun sens dans le monde ouvert du 21° siècle, et qui n’a désormais aucun avenir à part dans des discours de campagne grandiloquents qui ne servent qu’à prendre le pouvoir pour le pouvoir et ses électeurs pour des cons.

Allez, bon week end et bon courage !

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