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Peillon, éducation : juste un peu d’humour

Rédigé par tygrys le 06 mars 2013.

vincent_peillon
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Photo : Parti socialiste

Changer l’école, un entretien exclusif avec François Legentil, Chargé de la Réussite au Ministère de l’Education Idéale.

Propos recueillis par Nicolas Lehideux, ancien chargé de mission pour le Renforcement des Inégalités Sociales au ministère délégué chargé de l’Echec Scolaire (2007-2012).

NL. Comment réussir le changement ?

FL. Le quoi ???

NL. Ben le truc, là… qui était en gros sur les affiches… le machin, quoi, le « changement »…

FL. Hmmm ? ah oui ! ah, mais c’est fini ça, c’est bon, c’est fait ! le changement, c’était hier ! nous étions au bord du gouffre ; nous avons fait un grand pas en avant. Maintenant, ce qu’il faut, c’est éviter tout nouveau changement, qui serait une régression. Le changement, c’est plus jamais !

NL. C’est clair. Et quel est votre programme ?

FL. Nous voulons (et nous allons l’inscrire dans la Constitution) une Ecole populaire, démocratique, sociale, solidaire, durable, respectueuse, citoyenne et fraternelle qui assurera pour toutes et tous une Réussite parfaite dans tous les domaines afin que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes possible (sans fausse candeur, bien sûr) ; nous voulons une Ecole plus juste, plus efficace, plus au service des gens et des gentes, plus de progrès, plus de diversité…

NL. Bien que modeste et réaliste, ce programme est l’inverse de celui de vos prédécesseurs. Cela sera difficile, non ?

FL. Pas du tout. Question de méthode seulement.

NL. Justement. Comptez vous plutôt privilégier une méthode arbitraire, tyrannisant les professeurs et méprisant les élèves et les parents les plus défavorisés pour imposer par la force des réformes injustes, ou comptez vous plutôt agir par la concertation, le dialogue social solidaire, l’intelligence, le respect et la recherche du meilleur pour toutes et tous ?

FL. Notre méthode est la concertation libre, gratuite et obligatoire. D’abord, nous prenons les bonnes décisions. Nous les inscrivons dans la Constitution. Puis, par une large concertation (à l’exception naturellement des éléments et factions qui ne seraient pas d’accord, parce que nous ne ferons pas le jeu des réactionnaires, là-dessus nous serons inflexibles) nous démontrons l’évidence absolue du Progrès et du Bien.

NL. Comptez-vous poursuivre sur la voie de la ségrégation sociale au profit des nantis et de la négation des valeurs républicaines de progrès ?

FL. (il réfléchit) Là, nous disons courageusement, mais résolument, « non », au risque de déplaire. La démagogie ne fait pas partie de nos principes ! Les classes seront obligatoirement paritaires.

NL. Autant de filles que de garçons ?

FL. Quelle vision rétrograde ! la vraie parité, après des millénaires de domination machiste, c’est 2/3 de filles, 1/3 de garçons. Nous avons d’ailleurs interrogé par sondage des élèves masculins à partir de la classe de quatrième, et la majorité sont pour. Mais pas la totalité, bien entendu. Donc, nous allons aussi instaurer la vraie parité des sexes : hétéros, gays, lesbien(ne)s, bi et trans, à l’issue d’une formation pédagogique adaptée qui interviendra en troisième. Les hétéros et hétéroses devront représenter au plus 48,4% du total, le solde étant équitablement réparti. Par ailleurs, ce doit être l’école de tous : les classes devront également comporter au moins 51,6% d’élèves issus de la Diversité, dont la moitié au moins d’élèves étrangers (parmi lesquels une proportion minimale restant encore à définir d’étrangers en situation irrégulière, qui ont droit à la dignité et au respect), répartis au strict prorata des diverses communautés fraternellement accueillies par la République, avec cependant la possibilité d’un sur-quota légitime (2,3%) pour les petits Norvégiens, nous sommes en ce moment en discussion sur ce point avec nos amis les Verts. Il faudra aussi dans chaque classe des élèves en situation de handicap et des élèves senior. Tous ces critères devront naturellement être croisés. Voilà des principes simples (à inscrire dans la Constitution) et très faciles à appliquer !

NL. Il suffisait d’y penser. Comment faire ?

FL. Avec la classe unique. Une académie, une classe. Plus de distinctions artificielles surannées entre les matières enseignées. D’ailleurs, l’enseignement deviendra obligatoirement facultatif, puisque au moins 100% des élèves devront avoir le Bac, ce que nous allons inscrire dans la Constitution. C’est un signal fort.

NL. Quels sont vos grands principes d’action ?

FL. Le Ministre, tous les membres de son cabinet et l’ensemble des hauts fonctionnaires que nous avons nommés à la place de ceux qui se sont honteusement enfuis, nous avons tous signé une Charte de Déontologie Ethique Citoyenne (que nous allons inscrire dans la Constitution) par laquelle nous nous engageons formellement à ne pas conduire ces réformes à notre profit. Non aux conflits d’intérêt ! Donc, nous mettons nos enfants dans le privé. Cela fera taire les insinuations malfaisantes des journalistes à la solde du précédent pouvoir. Toute la presse pluraliste et démocratique, que nous allons libérer du joug des puissances de l’argent, pourra le constater.

NL. Une première mesure concrète ?

FL. Un iPad pour tous les élèves. D’ailleurs nous allons inscrire le droit à l’iPad dans la Constitution. Cette mesure a été expérimentée avec succès au niveau mondial dans un grand département de la région Limousin. C’est un signal fort, et en plus cela va relancer la croissance, l’emploi et le bonheur.

NL. Mais ces instruments sont tous fabriqués en Chine ! cela va-t-il relancer la croissance ?

FL. Oui. La croissance chinoise. Donc le tourisme. Et cela va permettre à un nombre croissant de Chinois de venir s’installer en France, pour ouvrir des restaurants japonais et racheter les bars-tabac. Et puis, des outils fabriqués par des enfants pour des enfants, n’est-ce pas idéal ?

NL. Quelle place pour les enseignants ?

FL. Les enseignants et les enseignantes se sentent bafoué(e)s, humilié(e)s, martyrisé(e)s… les courageux syndicalistes et syndicalist(e)s qui se dévouent pour les défendre de l’odieuse oppression sont terrorisé(e)s. Nous allons leur rendre leur juste place. Nous allons créer des dizaines de millier(e)s de postes de Concerteurs et Concerteuses Permanent(e)s de Progrès Social, qui seront déchargé(e)s de classe et bénéficieront d’un appui matériel et logistique adapté à leur(e) vocation pédagogique (banderoles en carton recyclé, portevoix issus du commerce équitable, autocars électriques, paniers repas bio en partenariat avec le Ministère de la Joie Campagnarde, etc.). Les crédits nécessaires ont déjà été débloqués par le Ministère de la Croissance Retrouvée. Et nous allons, enfin, évaluer le travail des professeurs et des professeures par une méthode simple et juste. Il y aura un Indice Synthétique Personnalisé de Progrès Psycho-Pédagogique et d’Insertion Sociétale Citoyenne Durable élaboré par le ministère qui aura un effet direct sur le taux de primes. Dans l’immédiat, la Commission chargée de la Justice et du Progrès, que nous avons réunie, a proposé que l’indice soit le même pour tous et tousses, et égal(e) à 1. C’est une sage recommandation, et un signal fort.

NL. Parlons des rythmes scolaires…

FL. La durée du travail des enseignants sera réduite de 40%, et la pause déjeuner majorée de 35%, avec droit à congé sabbatique permanent rémunéré, et revalorisation de la prime de sujétion pour contact éventuel avec des enfants ; de plus, comme signal fort, nous allons inscrire dans…

NL. Hum, heu… excusez-moi, je voulais parler du rythme de travail des élèves…

FL. Des quoi ??? … ah oui, les élèves. Eh bien, nous allons expérimenter la semaine de 4 jours ¼ en alternance trimestrielle avec la semaine de 4 jours ¾, dans la moitié des académies, et dans l’autre moitié, ce sera le contraire, une année sur deux, et l’inverse la suivante. Bien entendu, sur la base du volontariat. Ce sera seulement une condition (inscrite dans la Constitution) pour que les enseignants soient rémunérés par l’Etat.

NL. Et pour le bonheur des élèves ?

FL. Nous allons aussi inscrire ce droit dans la Constitution. Et le droit à tous les droits, aussi.

NL. Y a-t-il un droit que vous n’allez pas inscrire (tout de suite) dans la Constitution ?

FL. Oui, parce qu’il est déjà universellement répandu et pleinement accompli : le droit à la bêtise…

Fin de l’entretien, M. Legentil devant partir pour une mission d’échanges de bonnes pratiques pédagogiques à Pyongyang organisée en partenariat avec le Ministère de la Paix Mondiale – un long et éprouvant voyage car en tant que haut fonctionnaire « normal » il s’est engagé à l’effectuer en train (jusqu’à Orly).

Déjà 4 remarques sur cet article

  1. Libertad dit :

    C’est bien pour ça qu’il est tant populaire ce Peillon…auprès des profs et des parents qui n’ont qu’un mot à la bouche pour cette réforme: “Payons, payons” !

    Une suggestion toutefois pour le bien être de nos chers écoliers: ne pas oublier les salles de shoot et les placards à Kalachnikov.

  2. katlen dit :

    Oui bien sur c est le changement un bon discour de Politicien….Avec le Hamster c est tout ce que l on peu s attendre….Bravo la France….

  3. Urbon dit :

    Pourquoi offrir aux enseignants des cadeaux fiscaux ? Mais parce qu’on ne saurait leur garantir des conditions de travail dignes de leur profession, alors il faut bien compenser. Qui de nos jours a encore envie d’enseigner ?

    Quand on donne le droit aux enfants d’avoir le bac sans même savoir lire et écrire (vu et vérifié, je ne divague pas, nombreux sont ceux qui en sont encore au stade du déchiffrage), que peut on offrir aux enseignants ? La satisfaction du travail accompli ?

    Mouarf…

  4. daniel pilotte dit :

    Monsieur le ministre peillon a du obtenir son poste dans une pochettz surprise .

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