Une semaine en Hollandie, #28

hollande_montre_a_lenvers
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Photo : Patrick Peccatte

Le pédalo sombre, le prof d’allemand sauve ce qu’il peut, c’est à dire pas grand chose, Cahuzac la main dans le sac… Semaine riche en Hollandie, dont voici le worst of.

Le pédalo sombre : les enquêtes se suivent et se ressemblent dans une litanie de mauvais chiffres. On ne coule plus, c’est une « dévalade » ! Entre 30 et 35 % d’opinions favorables après seulement 10 mois, c’est du jamais vu, on le sait. Mais surtout on est sur l’os, là. On arrive à son score de 1° tour, ce qui est une cote non plus d’alerte mais d’alarme. Et encore une fois, jusqu’ici, il n’a fait payer que ceux qui ne votaient pas pour lui… On va fiscaliser les alloc, reculer l’âge de départ à la retraite, baisser drastiquement les dépenses d’état… Pas gagné-gagné pour redorer le blason du Pépère dans son électorat. Et les chiffres s’empilent sur la perception de sa politique : 80% des français pensent qu’elle est inefficace (BVA)… Si on sait que tout ça finira mal, la vraie question c’est : QUAND?

Au Palais, on se rassure: dans les enquêtes, ce n’est pas sa personnalité qui est rejetée, c’est sa politique qui n’est pas comprise. Ah bon, c’est rassurant ? Il veut quoi : il veut faire des concerts, vendre des T-shirts avec sa tête dessus, des tournées de petites blagues ? En fait, on peut aider nos amis de la com’ élyséenne : les gars, vous avez raison, le bonhomme n’est pas rejeté. Il est tellement sympathique qu’une dijonnaise lui a conseillé vivement de ne pas épouser sa houri et les images ont fait le tour des télés et du web… c’est dire si on le considère comme le voisin sympa à qui on balance sur sa nana… C’est juste que les français considèrent que Pépère est une incroyable erreur de casting. Rassurant, en effet…

« Il est où Cahuzac ? Ben tu ne le reverras plus… » Le compte est bon, surtout s’il est en Suisse… Bon, on ne sait pas si le bonhomme a planqué ou non de l’argent sur un compte suisse, la justice le dira. Mais ce qui est intéressant est ailleurs et il y a 2 conséquences majeures à cette sorties de piste : D’abord, Plenel confirme sa haine du pouvoir et continue de se voir, plus que jamais, en grand inquisiteur, dernier défenseur de la morale républicaine, de la justice, du progrès et de tout ce qui fait du bien à l’entre- soi germanopratin. Amen. En tout cas, qu’une personnalité de gauche se trouve pris au piège de la conception plenelinenne du journalisme, c’est le bon vieux coup de l’arroseur arrosé. Que n’a t-on pas entendu quand le même petit moustachu titrait et tirait à boulets rouges sur la droite alors aux affaires : à gauche, les éloges d’alors pour un journalisme d’investigation indépendant, libre et rigoureux se font plus rares aujourd’hui. Ensuite, c’est une nouvelle claque pour le prof d’allemand. Alors qu’il repasse son oral devant l’Assemblée, en réponse à une motion de censure déposée par l’opposition, son exercice va de toute façon se trouver escamoter par l’actualité de son gouvernement. D’ailleurs, de manière assez surprenante, le ministre mardi soir a présenté sa démission au président, et non au chef du gouvernement. C’est donc Hollande qui a démis le ministre, de l’aveu même du communiqué de l’Elysée… pour un président qui voulait revaloriser le rôle du premier ministre après Fillon « collaborateur » de Sarkozy, il vient de terminer de tuer le job : les ministres remontent directement au Palais… Décidément, Pépère passe son temps à faire exactement l’inverse de ce qu’il avait annoncé…

Censure toujours. Cette motion de censure arrive en fait à point nommé pour les députés socialistes qui peuvent, désormais, mettre ouvertement la pression sur le Premier Ministre. Thierry Mandon, le porte-parole du groupe PS à l’Assemblée, a annoncé la couleur mercredi : il attend du premier ministre «un discours d’un chef, d’un patron de majorité qui sait où il va, qui sait comment il le fait et par quels moyens y parvenir.» Autrement dit, jusqu’à maintenant il a déploré un manque d’autorité, de charisme, de cap, de pédagogie… Un autre sous couvert de off auprès de Libé, l’a clairement annoncé : « Ayrault n’a pas intérêt à nous ressortir le chapelet et la Sainte Trinité pacte de compétitivité – emplois d’avenir – contrats de génération. Il faut des perspectives et des décisions ». Tu voulais des responsabilités ? Tu les as, Jean-Marc, tu les as…

Retour au Palais : passé l’effet du lapin dans les phares, le petit bonhomme qui découvre l’étendue des dégâts et surtout de ses responsabilités, le voile se déchire et les failles apparaissent. Le Monde cette semaine essaie de sauver ce qui peut l’être chez le soldat Hollande. Rendant hommage à son pragmatisme, le quotidien du soir est quand même obligé de reconnaître (et de déplorer !) l’absence d’épine dorsale idéologique et intellectuelle dans l’action du président. Au final, pépère donne des gages à ses gauches, qui sont multiples et aussi inconscientes les unes que les autres, tout en essayant à l’autre bout de la chaine de convaincre les instances internationales et nos partenaires européens du sérieux global de l’histoire. S’il a cru que cela pouvait marcher, et entre nous ce serait faire injure à son intelligence, c’est désormais terminé : les chiffres de « la trajectoire budgétaire » sont désormais à jeter, remettant en cause son engagement de Zéro endettement en fin de quinquennat, et les gauches dures ne cessent de le laminer, au son de la chute de l’emploi salarié en France et de l’explosion du chômage. Hier la gauche était trop dogmatique, aujourd’hui, par manque de courage, elle emmène la France dans une répétition de l’histoire espagnole telle que Zapatero l’a fait vivre à son à son pays. S’il n’a pas la fiesta, le peuple de gauche aura au moins les cornes…

Du recours à l’étalon : La droite ne sait pas si elle doit adorer ou craindre les enquêtes d’opinion qui remettent en selle son ancien champion. Toujours est-il que le phénomène de réhabilitation, dont on avait parlé ici d’ailleurs l’été dernier, est en train de se produire. Lequel ? D’abord le rejet de Sarkozy relevait du personnage, et non de sa politique de vérités de l’effort qui, sans être adorée, reste comprise par esprit de responsabilité. Les français ont compris qu’ils n’avaient pas le choix, que désormais se payer du bon temps (les 35h) sur le dos de ceux qui ne sont pas encore nés (via la dette) n’était ni très moral ni très malin. En tout cas, ça ne passe plus. Alors ils ont voulu croire les balivernes socialistes de la campagne. Après tout, puisqu’il nous le dit, pourquoi ne pas le croire ? Retraite à 60 ans, prospérité pour tous, plein de profs et de fonctionnaires, etc etc. Forcément, le réveil fut aussi rapide que douloureux. Mais surtout, Sarkozy revient dans un effet de balancier et surtout dans un exercice de comparaison cruel pour le corrézien : on commence à comparer le nouveau par rapport à l’ancien. Et à cet exercice-là, la lumière crue de la réalité fait mal au corrézien. Les indicateurs qualitatifs sont formels : l’ancien président revient en grâce, tout au moins son action. Il devient la référence à laquelle on compare l’action de son successeur. L’activisme avait du bon. La capacité de décision, la pugnacité, le courage… bref les qualités d’un patron en temps de crise remontent à la surface et les faiblesses du pépère deviennent alors criantes. D’ailleurs, son clan ne s’y trompe pas : il lance ces dernières semaines quelques offensives qui signe le départ de la reconquête : c’est l’album de Carla qui sort à point nommé et qui fait la une des médias, non pour sa qualité artistique mais pour sa dimension politique (le pingouin…). C’est une visite en Libye de Sarkozy et Juppé, pour l’anniversaire de la libération du pays. C’est une stratégie de coups de communication qui maintiennent l’ancien président dans l’actualité (sa prétendue prise de responsabilité d’un fonds qatari qui amène les ministres à donner leur avis sur la question…). Oui, il revient. Et compte tenu du contexte de la majorité comme de l’opposition, il est sans doute plus dangereux que jamais.

« Pomme P ? Mais ça n’imprime pas… » : un spécialiste de la communication politique décrypte cette semaine un phénomène normal : la parole présidentielle n’imprime pas. Nous l’avions dit ici il y a quelques moi : le principal risque du « président normal » est le de devenir un « président banal ». Ca n’a pas loupé. D’abord la volonté de revenir à une communication mitterrandienne, monarchiste en quelque sorte, à savoir la parole rare et dense, nécessite 2 conditions : maitriser le temps de gérer et surtout avoir de l’autorité. La crise profonde interdit à Pépère 1er de prendre son temps d’une part et d’autre part il n’a aucune autorité sur ses troupes, à commencer par les ministres. Résultat : cacophonies à tous les étages, états d’âme étalés dans la presse, mesures annoncées par X démenties une heure après par Y… L’expression d’une impréparation, de tergiversations, de non-décisions… Une parole qui ne porte pas dans l’opinion. Résultat, le désenchantement de la population, à commencer par son électorat, qui n’attend donc rien de sa parole. Pomme P ? Mais ça n’imprime pas…

La presse de gauche s’écroule. Les chiffres de l’OJD (l’Organisme de Justification de Diffusion) sont tombés cette semaine. L’OJD, c’est l’organisme qui certifie les audiences de la presse. Une info qui est tout sauf une surprise: la presse de gauche s’écroule, à l’instar de ceux qu’elle soutient. Pas un titre n’échappe à la règle : Marianne, Les Inrocks, Libé… aucun titre pourtant si prompt à diffuser la bien-pensance venue d’en haut n’échappe à la règle. Résultat, à Libé, Demorand se retrouve contesté par sa rédaction. Forcément, plutôt que de s’interroger sur la ligne pro n’importe quoi du canard, il est toujours plus simple de s’en prendre au(x) gros salaire(s). Ceci dit on ne va pas plaindre le gros Nicolas, il paie ici le soutien inconditionnel au corrézien. Et oui, le peuple de gauche n’est plus ce qu’il était. Point de vue business, les gars, vous devez regretter amèrement le quinquennat précédent ! Avec vos unes sur « le voyou de la République », ou encore « cet homme est-il compatible avec la République », brocardant Sarkozy en collabo si ce n’est en apprenti nazi, vous en avez vendu du torche-balle ! Aujourd’hui, pour servir la soupe des bras cassés qui nous gouvernent, sortir quelques euros chaque jour, c’est (trop) cher payé. Et ce n’est pas moi qui le dit, c’est votre (é)lectorat. CQFD.

Abattre le premier opposant : vendredi matin, nous avons appris la mise en examen de Nicolas Sarkozy pour abus de faiblesse dans l’affaire Bettencourt. Tout sauf une surprise. Le pouvoir en place va passer les 4 années qui lui restent (théoriquement) à tenter d’éliminer la principale menace de son maintien : le futur ex-retraité de la politique. Aujourd’hui une mise en examen pour abus de faiblesse, une gageure à prouver puisqu’il faut démontrer qu’à l’époque des faits, la victime était déjà sénile ! Quand un pouvoir en est à instrumentaliser la justice et activer ses officines pour se maintenir, c’est qu’il est en train de tomber comme un fruit mur. Et dimanche, le 24 mars, le printemps français défile dans les rues de Paris…

Allez, bon weekend et bon courage.

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A propos de l'auteur nikkopol

7 réactions à “Une semaine en Hollandie, #28”

  1. Francois hollande ne propose strictement rien de valable vat il finir par comprendre que nous le peuple de france nous en avons ras le bol , j ai oublie notre president aime et aide uniquement les lobbys qui sont minoritaires .

  2. une semaine en hollandie ! des mensonges extra larges ++ POUR UN PARTI DIT SOCIALISTE ? qui n’écoute pas le peuple !un gouvernement qui rigole des petites blagues de TAUBIRA ?MINISTRE DE QUOI ? justice ? OU INJUSTICE ? DES LOIS TAUBIRA = des lois qui soutiennent plus les criminels que les victimes et leurs familles ( du sang et des larmes ) et pour les CRIMINELS ET RACAILLES récidivistes ? DES CONDAMNATIONS AVEC SURSIS ? UNE HONTE . ET POUR LES CREATIONS ??? DES ENFANTS = les pinocchios des apprentis sorciers ? lorsque un enfant aura des problèmes de santé ? QUI sera responsable LA MERE porteuse ? LA MERE ovule ? LE PERE PIPETTE ? OU les parents dit affectifs ? HOMME/HOMME OU FEMME/FEMME ?QUI sera responsable ? QUI SERA COUPABLE la loi TAUBIRA .

  3. La presse de gauche s’écroule, bonne nouvelle, les subventions vont être augmentées, mauvaise nouvelle.

  4. LA MANIFESTATION ? LE GOUVERNEMENT DE LA PLEUTRITUDE
    DES GAZ LACRIMOGENES ? SUR DES FEMMES DES GD MERES /DES ENFANTS ? SUR NOS AVENUES A PARIS ? CAPITALE DES DROIT DE QUI ? DROIT DES HOMMES ? DES HORS LA LOI ?
    AUJOURD’HUI SUR LES AVENUES DE PARIS ? DU GAZ ?? A QUAND LES TIRS ?? GOUVERNEMENT DIT SOCIALISTE ??
    HOLLANDE UN aussi bon pour son peuple que KIM JONG UN HOLLANDE = DEMISSION .

  5. SCANDALE EN FRANCE = le soit disant pays des droits de l’homme ? les champs Elysées OUVERT POUR LE MONDE ENTIER ? ET MEME POUR LES ISLAMISTES QUI INSULTENT ET MENACENT LA FRANCE ? MARS 2013 ? LA FRANCE = DICTATURE ON GAZ FEMMES ET ENFANTS ETGD MERE ET GD PERE ?
    MEME PRATIQUE QUE LA COREE DU NORD . POURQUOI DES BARRIERES ? pour des enfants et familles FRANCAISE .
    LES CHAMPS ELYSEES DE HOLLANDE 1ER UNIQUEMENT RESERVER POUR LES GASTEROPODES ET ETRANGERS QUI EUX MANIFESTENT SANS AUCUNES AUTORISATIONS ?
    GOUVERNEMENT DE LA HONTE = DEMISSION ET VITE AVANT REVOLUTION . LES FRANCAIS EN COLERES . CELA FINIRA MAL .

  6. Excellent.
    La mise en examen de Sarko intervenant juste après Cahuzac et avant la manif pour tous, pur hasard…..
    Pathétique de voir Harlem Désir donner des leçons de morale judiciaire lui qui a été condamné sur le plan pénal …et amnistiés par Tonton François 1er .

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