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Les fausses bonnes idées de nos gouvernants sous pression

Rédigé par alkli12 le 16 mai 2013.

francois_hollande_cravate Parti socialiste
Photo : Parti socialiste

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Crise, chômage galopant et pression croissante d’une population qui commence à trouver le temps long  poussent les dirigeants politiques à prendre des décisions d’appoint mais sans efficacité réelle.

Il semblerait que le Gouvernement ne sache plus où donner de la tête et se laisse submerger par une conjoncture économique qui le dépasse. Depuis un an, les réformes de François Hollande n’ont eu ni la continuité ni la force nécessaire au choc tant attendu.

Qu’il s’agisse du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi sous utilisé, de la Banque Publique d’Investissement viciée par des luttes intestines ou encore des contrats aidés critiqués par le Conseil d’analyse économique, les résultats ne sont pas vraiment au rendez-vous. La litanie des réformes engagées, énoncées dans une énième redondance, lors de la conférence de presse du 16 mai par François Hollande n’y a rien changé.

Après un an de mandat, toutes ces déconvenues ont de quoi désemparer notre président, qui a soudain perdu toute hauteur de vue. Il envisage, sur les recommandations du think tank Cartes sur table, d’ « Inclure dans l’assiette de l’impôt sur le revenu les revenus fictifs que le propriétaire tire de sa résidence principale » au motif qu’ « acheter son logement principal rapporte un revenu fictif (le loyer qu’on n’a pas à payer) ».

Injuste, populiste, accessoire et inefficace, voilà les quatre adjectifs qui définissent le mieux cette proposition dont on voit mal comment elle va agir sur la structure d’une économie malade.

Il semble que cet égarement ait franchi les frontières de l’hexagone. L’Europe s’y met aussi en s’attaquant à des problèmes périphériques dont le citoyen lambda se soucie comme d’une guigne. La stratégie est toujours la même : s’attaquer aux acteurs les plus détestés du moment, les banques, pour agir en faveur du consommateur, et donc de la relance économique.

Il s’agit des commissions d’interchange dont Michel Barnier, Commissaire européen au Marché intérieur et aux Services financiers, a fait un sujet d’importance sous la pression du lobby commerçant qui voudrait que ces commissions disparaissent ou du moins soient diminuées.  Ces derniers sont en effet tenus de supporter les coûts des commissions que leurs banques versent, dans le cas d’un achat par carte, à la banque  du consommateur.

On ne comprend d’abord pas bien au nom de quoi les commerçants refuseraient aujourd’hui de rémunérer un service qui leur est pourtant rendu avec des coûts de fonctionnement. Les émetteurs de cartes de paiement permettent aux commerçants de ne pas supporter les risques de la création et de la gestion de leur propre système de paiement et leur garantissent d’être payés sans avoir le souci de la facturation ou du recouvrement.

L’utilité macroéconomique d’une telle mesure est, elle aussi, discutable. Il est avancé que les économies réalisées par le commerçant payant moins de commissions seront répercutées sur les prix de vente. Une bonne nouvelle a priori pour le consommateur. Un raisonnement démenti par des mesures identiques prises en Australie et en Espagne.

Dans ces pays, c’est l’inverse qui s’est produit. Le consommateur a été doublement perdant : il a vu ses frais bancaires augmenter car les banques ont cherché à compenser le manque à gagner ainsi généré, mais n’a pas pour autant consommé moins cher. Les conclusions des études qui se sont intéressées au phénomène laissent penser que les commerçants en ont profité pour réaliser une marge.

La France n’est pas la seule à perdre la tête. La crise persiste et pousse les dirigeants à privilégier l’action à la réflexion pour apaiser momentanément les européens impatientés. Mais ces coups d’épée dans l’eau répétés empiètent sur le temps qui devrait être consacré aux mesures de fond, forcément plus difficiles à prendre.

Déjà 5 remarques sur cet article

  1. IGTBB dit :

    l’idée serait la suivante : De même que placer de l’argent sur un livret d’épargne génère un revenu (taux d’intérêt versé par la banque), acheter son logement principal rapporte un revenu fictif (le loyer qu’on n’a pas à payer). Et de même que les intérêts des placements, ces loyers fictifs devraient être imposés sur le revenu, après déductions des intérêts d’emprunt. Bien sur on explique pas comment on lisse dans le temps la dite déduction des intérêts puisque chaque année, quand on rembourse, la part des intérêts diminue … Mais nos Hauts Fonctionnaires qui n’ont pas eu la chance d’être recrutés dans les cabinets ministériels de juin ne s’arrêtent pas aux détails « pratiques », seule l’originalité prime pour se faire remarquer du Prince…

    Ainsi donc l’idée serait de dire que tout le monde doit payer pour son logement et cela toute sa vie: si vous êtes locataire, vous payez un loyer, si vous êtes propriétaire vous payez un remboursement d’emprunt et quand vous aurez fini de payer … ce remboursement sera remplacé par une taxe équivalente …

    La première fois que j’ai lu ça, en juin dernier, je me suis dis que ce n’était qu’une rumeur, une sorte de projet un peu fou, du genre de ceux qu’on balance à la presse pour déstabiliser l’adversaire. En un mot je pensais que la droite avait inventé le repoussoir absolu pour se garantir une victoire assurée aux prochaines élections : la rumeur de la taxe insupportable… la suite sur mon site

    • Urbon dit :

      Sarko voulait que tous les Français deviennent propriétaire. Hollande a décidé le contraire.

      Le communisme, ça doit remplir les caisses de l’état. Pour la redistribution, on verra plus tard… Des HLM pour les nouveaux immigrants sans doute ?

      Bientôt, Hollande fermera les frontières. Pas pour les immigrés, ça non, surtout pas. Pour les français qui voudront se casser d’ici !

  2. Urbon dit :

    Relancer l’économie par la consommation ? La bonne blague. Cela fait bien longtemps qu’on consomme de moins en moins français, faute de délocaliser la production.

    Tout ce qu’essaye de faire le gouvernement, c’est de récupérer de la TVA.

  3. daniel pilotte dit :

    Il a propose quoi ? Rien comme d habitude il a prone des idees qui ont echoue .

  4. Libertad dit :

    Taxe sur un loyer fictif pour les propriétaires de logement…Et les voitures, les aspirateurs et les vibromasseurs ? Ca pourrait se louer aussi, Non ?
    Le leasing, ça augmente le PIB ! Sinon taxez les !
    Bien sûr les œuvres d’art seraient exonérées….

    Quant à l’Europe des technocrates, non élus, surpayés, exonérés d’impôts, imposant leurs délires aux nations……

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