Nucléaire : l’Allemagne paye cher son idéologie verte

Rédigé par environnementeur le 24 mai 2013.

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Image : Nioufs

centrale_nucleaire_catenon_dessin NioufsDepuis que l’Allemagne a décidé, à la suite de la catastrophe de Fukushima, de sortir du nucléaire, le pays est en proie à un double effet pervers : d’une part des coûts exorbitants d’une sortie anticipée du nucléaire, qui ont récemment été évalués à 1 700 milliards d’euros d’ici à 2030 ; et d’autre part, comble de l’ironie, l’Allemagne n’a jamais pollué autant et ne parviendra pas à tenir ses engagement européens en matière d’émissions de gaz à effet de serre. Quand le totalitarisme écolo détruit l’économie et…l’environnement !

Pour remplacer le nucléaire, les Allemands ont utilisé massivement le charbon. Leur production énergétique comprend désormais 40% de charbon (pour 3% en France). Les 130 centrales à charbon du pays ont été relancées et tournent au maximum de leurs capacités depuis.

Pour cette raison, les instances européennes ont récemment montré l’Allemagne du doigt car cette consommation massive a fait grimper de 4% les émissions de dioxyde de carbone du pays entre 2011 et 2012. Ainsi, en 2012, l’Allemagne, qui se positionne régulièrement en pays soucieux de la protection de l’environnement et en défenseur des énergies renouvelables, a été dans l’incapacité de respecter ses volumes d’émission de CO2 prévus par le marché européen de quotas. Le pays qui donne des leçons en matière écologique et qui tourne le dos au nucléaire pour montrer le bon exemple se retrouve à polluer plus que jamais. Le mieux est l’ennemi du bien…

En écoutant les idéologues verts sur la sorite du nucléaire, l’Allemagne a relancé ses émissions de CO2, si bien que le président de l’Office pour l’Environnement a demandé à Berlin de mettre en place une réforme énergétique.

Malheureusement pour les Allemands, l’absurdité de leur situation (on pollue plus au nom de la sauvegarde de l’environnement) ne s’arrête pas aux problèmes écologiques, puisque la sortie du nucléaire aura également mis à mal les caisses de l’état (sans parler des problèmes de compétitivité des entreprises). Alors que le gouvernement avait estimé, en mai 2011, le cout de la sorite anticipée du nucléaire à 16 milliards d’euros d’ici 2015, le journal allemand Süddeutsche Zeitung, se montrait déjà sceptique et évoquait plutôt une somme proche de 3 milliards d’euros par an.

Récemment, le groupe énergétique allemand RWE avait revu le cout à la hausse, le tablant sur une fourchette allant de 250 à 300 milliards d’euros. En janvier dernier, Siemens à jeter un pavé dans la mare en parlant d’une estimation autour de 1700 milliards d’euros de couts pour l’Allemagne d’ici à 2030. Une somme astronomique loin des premières estimations fantaisistes.

Les Japonais, qui sont dans une situation similaire (avec la dépendance au pétrole à la place de celle de l’Allemagne au charbon) depuis Fukushima et leur sortie du nucléaire, ont récemment décidé de relancer l’activité nucléaire du pays. Mais le Japon est un pays moins idéologisé et soumis au sectaires écolos que l’Allemagne…

 

 

 

 

 

 

 

Déjà 5 remarques sur cet article

  1. Urbon dit :

    La France aussi pourrait bien relancer son industrie minière, vu les prix du pétrole à l’heure actuelle. Mais effectivement, ça coûte très cher d’extraire et de transformer du charbon aujourd’hui. En plus, on a tout bazardé.

    L’industrie atomique a ses limites. D’abord, on ne fabrique que de l’électricité avec, ensuite la minerai aussi peut venir à manquer, enfin vouloir supprimer l’utilisation d’hydrocarbures dans les véhicules posera d’autres problèmes d’ordre écologiques et financiers, tout comme la construction d’un parc d’éolien d’ailleurs.

    La recherche d’un équilibre énergétique est balbutiante mais les directions prises ne sont manifestement pas les bonnes. Je ne crois pas aux solutions globales. Au contraire, plus on se dirigera vers des solutions locales et plus on progressera.

  2. daniel pilotte dit :

    L anti nucleaire qu il soit allemand ou d un autre pays il est deconnecte de la realite il est une tete d ampoule il pete un plomb a la moindre sur tension sa deconnexion au monde industriel fait qu il disjoncte en un mot il est hors ligne pour un rien il s emmele les clables .

  3. Saint-Aroman Marc dit :

    Environnementeur ferait bien de consulter les données officielles avant de reprendre – sans l’analyser – la propagande française systématique prémâchée par le lobby atomique contre la politique énergétique allemande.
    Alors voici seulement deux points par rapport au texte :
    – Pour une même puissance installée, le démantèlement coute moins cher aux allemands aujourd’hui qu’il ne le coûtera à la France demain : en effet plus le réacteur vieillit et plus les masses de matériaux contaminées à gérer sont en augmentation et plus les travailleurs – toujours oubliés – paieront un prix sanitaire lourd. Pour ce qui est des fantaisistes 1 700 milliards d’euros de coût de sortie allemande, qui devra dans tous les cas tôt ou tard se faire puisque les réacteurs ne sont pas éternels (contrairement aux déchets radioactifs !), il suffit d’aller consulter d’autres chiffres de l’IRSN concernant un accident majeur qui surviendrait en France pour s’apercevoir qu’il serait sans commune mesure avec ceux de l’arrêt… toujours bien sûr sans chiffrage des préjudice sanitaires de millions de personnes.
    – Pour ce qui concerne le CO2, effectivement , entre 2011 et 2012 l’Allemagne a augmenté ses rejets de 1.6 % …pas de 4 % MAIS sur la période 1990 à 2012, les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 25.5 % en Allemagne…

  4. […] En Allemagne, les résultats économiques sont catastrophiques depuis la décision du pays de sortir…Les énergies renouvelables s’effondrent et le pays a dû booster sa consommation de charbon, relançant ainsi ses émissions de gaz à effet de serre. Économiquement, ses entreprises sont en proie à de sérieux problèmes de compétitivité à cause du prix de l’énergie qui a explosé. Surtout, le cout de la fermeture prématurée des centrales nucléaires est énorme, creusant le déficit de l’état. […]

  5. Niak dit :

    Vous n’auriez pas pu oublier d’être con en devenant “”””journaliste”””” Non mais sérieux !!!! Vos conneries ont du poids dans la politiques de demains tout comme les conneries du passé pèse de tout leur poids aujourd’hui. La se résume toute la politique du nucléaire!!

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