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Manif pour tous : quelle bonne nouvelle !

Rédigé par Abeille le 29 mai 2013.

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manif_pour_tous Mon_ToursLe journal le Monde en tête, les médias, les sociologues en tous genres, les hommes politiques scrutent, interprètent, jugent les réactions des participants aux manif pour tous ! Ils cherchent à évaluer l’avenir de ce mouvement et bien entendu une éventuelle récupération politique ! Parce que, dans leurs intelligences formatées, ce mouvement va évoluer et se replacer dans les clivages normaux de la société française actuelle.

Mais ils ne sont pas capables de comprendre que ce que cette loi a réveillé, c’est la liberté de conscience des participants jeunes à âgés ! Et la liberté de conscience c’est justement de s’affranchir des pensées en vogue autour de soi et de réfléchir soi-même! Ces participants de tous âges, de toutes confessions, de tous partis politiques et de toutes orientations sexuelles ont été capables de réfléchir, de s’informer objectivement et de faire des choix! Ils ont même été capable d’assumer leur choix jusqu’à subir les provocations des CRS, puis et des gardes à vue !

Cette force qui les a animés dérange, mais elle existe bel et bien. C’est une grande chance pour la France qu’il y ait enfin des citoyens libres de penser, de sortir du moralement et politiquement correct. Car la modernité n’est pas de suivre les revendications des lobbys mais de chercher le meilleur pour la majorité des Français ! L’égalité ce n’est pas d’appliquer à tous la dernière idéologie en vogue, mais c’est que le projet de société respecte également tous les citoyens du plus jeune au plus âgé !

Quelle bonne nouvelle de savoir que plus d’un million de citoyens français sont capables de résister à une idéologie destructrice et irrespectueuse des hommes et des femmes. Il n’y a pas bien longtemps d’autres idéologies ont fait des ravages et on s’est étonné que personne n’ait lucidement décrypté leurs dangers ! Mais en France aujourd’hui, nous avons la chance que les participants à la manif pour tous réagissent lucidement aux dangers de l’idéologie du mariage pour tous et du gender.

Déjà 20 remarques sur cet article

  1. […] Le journal le Monde en tête, les médias, les sociologues en tous genres, les hommes politiques scrutent, interprètent, jugent les réactions des participants aux manif pour tous !  […]

  2. Libertad dit :

    Oui, ce mouvement est une espérance pour la France, de balayer les partis politiques dits républicains mais qui n’ont eu de cesse de confisquer à leur profit le pouvoir aux français , de balayer enfin les idéologies périmées et sclérosées des socialos et autres gauchiasses, de vendre la France à l’immigration et à la mondialisation….Un renouveau enfin qui attire de plus en plus de jeunes. Bravo !

  3. Sikamanou dit :

    En France on a peut-être presque plus de boulot mais on a des idées et c’est l’essentiel : une armée de robots formatés n’a jamais accouché d’une grande civilisation sur la durée.

    Maintenant ces idées il faut les défendre, quand l’élémentaire est remis en question ce n’est plus seulement une question de valeur mais surtout une question de survie.

    La Manif pour tous ne sera pas récupérée car ses idées dépassent de loin le champ du politique. Si elle devait entrer en politique ce serait en force autonome, probablement à droite mais clairement pas à l’UMP d’une NKM et consorts si délavés de gris qu’ils en ont perdu leur couleur politique. LMPT a porté l’UMP pour la sortir de l’ornière où elle se trouvait après son éclatement mais elle n’a clairement pas besoin de s’y raccrocher, cela dépendra du volontarisme de droite.

    Seulement la force autonome serait parfaitement capable de renverser le PS car issue du peuple, échappant à tout calcul et ne sortant d’aucune ENA ou autre usine de robots formatés. Notamment parce que les français savent que vu l’état du pays autant s’occuper des choses via des citoyens au courant que le casting d’une star ac politique si loin de nous qui, pardonnez moi l’expression, chie du marbre !

    A la place d’un Montebourg, un salarié de chez Florange, à la place des idéologues de gauche des gens de LMPT pour la famille, ect, ect…

    Retour à la démocratie participative, moins de représentants, en finir avec l’infantilisation et hop, grand coup de pied dans la fourmilière, ça bougerait !

  4. amazonia dit :

    OUI BONNE NOUVELLE .dans toutes nos régions de France !
    LA VRAIE FRANCE ;le discourt a l’assemblée nationale sur la RESISTANCE ? Très mal venue dans nos campagnes ! car nos grands parents ((RESISTANT SUR LE TERRAIN ET PAS DANS LES SALONS DORES DE PARIS = nombreux sont morts pour la France (( la vraie FRANCE )) PAS CELLE DES BOBOS/ ET TRAITRES A LA PATRIE “” LES LECHES BABOUCHES . “” QUI DONNE DES ALLOC+SECU pour des étrangers ,alors que nos jeunes et séniors ne peuvent payer leur FRAIS DE DENTISTE ? et lunettes .
    EN 2013 = OUI IL Y A”” RESISTANCE”” ET PAS DE LA DERNIERE GUERRE”” RESISTANCE”” contre les injustices de traitements par les forces de l’ordre QUI NE BOUGENT PAS POUR LES CASSEURS A CAPUCHES VENU DES BANLIEUX (( pas stigmatisé )STOP LE CIRQUE . LES FRANCAIS ONT VU ET ENTENDU LES MOTS /LES PHOTOS /VIDEOS les sauvages “” les jeunes “” qui chez eux ont des poignards /armes de guerre /kalachnikovs++
    Lorsque des jeunes Français sont plus condamné pour des banderoles et autres actes sans armes de guerre ??
    LE DEUX POIDS / DEUX MESURES ? LES FRANCAIS ON COMPRIS
    ET ENTRE BONS ET CONS ? (( gouvernement “”PS”” dictature ))
    LA PROCHAINE MANIF ? POUR FAIRE LE GRAND MENAGE ?
    LE GOUVERNEMENT ET SES ROBOCOPS =CONTRE LES FAMILLES DE FRANCE ? ATTENTION LA COLERE MONTE /MONTE /++++

  5. daniel pilotte dit :

    Damien bonsoir il n y a pas que des elus de droite qui sont contre le mariage pour tous dimanche lors de la manifestation il y avait aussi des elus de gauche , sinon je souhaite que se mouvement perdure n en deplaise a tout les elus pronant le mariages pour tous .

  6. Julien dit :

    Moi ce qui me choque le plus c est qu on a fait une loi pour une minorite …… donc comme on dit : c est porte ouverte a toutes les fenetres…..

  7. […] Le journal le Monde en tête, les médias, les sociologues en tous genres, les hommes politiques scrutent, interprètent, jugent les réactions des participants aux manif pour tous !  […]

  8. amazonia dit :

    des manifestations et des menaces de monsieur VALLS ?
    UN VALLS ? “”ETRE OU NE PAS ETRE COUILLU ?””
    des jeunes filles entre les mains des ROBOCOPS ?
    Que VALLS nous donne des réponses ! sur les ROBOCOPS ?
    L’UE à sa police secrète voir internet = ((EUROGENDFOR .planète révélation ))
    GROUPE DE 3000 HOMMES =mis en place en 2004 par Michelle Alliot Marie ! en cas de révolte en France ! nous allons avoir nous le peuple ,nous trouvé face a ce groupe Eurogendfor ?
    3000 Hommes qui obéissent pas a la France !ils obéissent à L’UE ?donc en cas de forte révolte du peuple ?en face de nous DES ROBOCOPS Qui exécutent les ordres de L’UE ?
    SI ON LEUR DIT CHARGER ? ils chargeront vos familles vos enfants .avec le”” traité de Lisbonne “” L’UE donne carte blanche et immunité en cas de bavure ou mort ! PAS RESPONSABLE ? les ROBOCOPS ? n’auront pas de comptes a rendre ? ni au gouvernement FRANCAIS NI A L’ARMEE ?
    je n’ai jamais entendu ( LE GOUVERNEMENT PS dit socialiste)
    LE SUPER CHEF DES ROBOCOPS ?QUI CONNAIS EUROGENDFOR ?

  9. Damien dit :

    http://blogs.mediapart.fr/blog/thierry-peltier/280513/lettre-ouverte-labbe-grosjean-et-ceux-qui-le-suivent

    Voila une intervention intéréssante, pleine de sens. Une des plus intéréssante car écrite par un catholique pratiquant et enseignant. Bravo.

  10. Libertad dit :

    Oui, Damien, il a le droit d’être belge, catho et débile: Sur le plan catho, il n’a pas tort, mais il passe complètement à côté du fond du débat, hors religion, sur la delisquescence morale de cette société et du droit de tout enfant d’avoir un père et une mère biologiques et pas du droit à l’enfant qui est la porte ouverte à toutes les dérives.
    Mais on voit d’où tu tires tes stats aussi fausses sur les arrestations: Il n’ y avait pas 1 million de casseurs aux Invalides, et c’est par rapport au nombre de casseurs qu’il faut rapporter les arrestations, bien évidemment !

  11. […] Le journal le Monde en tête, les médias, les sociologues en tous genres, les hommes politiques scrutent, interprètent, jugent les réactions des participants aux manif pour tous !  […]

  12. Bernard RICHARD dit :

    Aimer son prochain, une approche du « mariage pour tous »

    I- Les personnes homosexuelles n’ont pas choisi leur orientation qui résulte d’un développement psychique – et non pas physique – entraînant chez elles un refus du sexe opposé ; généralement, elles découvrent leur homosexualité vers l’adolescence et cela suscite chez elles plutôt de l’effroi et du rejet car la famille, les ami(e)s, l’entourage et la société en général acceptent mal l’homosexualité et ses conséquences pratiques. Il reste bien sûr que les personnes humaines, dans leur immense majorité, sont hétérosexuelles, que la reproduction de ces personnes est sexuée et jamais hermaphrodite, chez les hommes comme dans une grande partie des animaux comme par exemple les mammifères créés mâles et femelles. Il reste aussi que, bien évidemment, le mariage concernera toujours très majoritairement l’union – stable – d’une femme et d’un homme, que la procréation ne sera jamais homosexuelle, que les familles, dans leur immense majorité seront fondées par une femme et un homme désirant constituer une union stable et durable. Ce sont autant de réalités qui ne sont en rien détruites ni menacées par l’ouverture du mariage à des couples stables homosexuels.
    Depuis que le monde est monde, à chaque génération, un très faible pourcentage des enfants nés seront homosexuels, peut-être un ou deux pour cent, avec bien sûr, en outre, des enfants qui balanceront entre hétéro et homosexualité. Ces phénomènes normaux mêlent sans doute nature et culture lors de la croissance psychique de l’individu. On constate que, malgré quelques progrès par rapport aux siècles passés, la société française ou occidentale, et au-delà, avec ses tabous millénaires, reste hostile à l’homosexualité et, par là, contribue fortement à la souffrance des homosexuels qui sont souvent encore considérés non pas comme des êtres normaux mais plutôt comme des personnes anormales ou malades dont la sexualité est contre-nature. C’est d’ailleurs à cause de tels jugements que certains adolescents, quand ils découvrent leur homosexualité, tombent en dépression, parfois tentent de se suicider, ou encore s’efforcent de combattre leur orientation sexuelle, par exemple en se mariant, voire pour de jeunes catholiques en entrant dans les ordres, avec bien souvent des dégâts « collatéraux » ultérieurs graves pour eux comme pour leur entourage. C’est d’ailleurs pour cette raison que le père Anatrella, prêtre et psychanalyste refuse l’ordination de séminaristes chez lesquels on aurait descellé une tendance à l’homosexualité, mais d’autres théologiens refusent ce refus…
    En effet l’homophobie latente, « spontanée » mais surtout culturelle, fait partie des schémas bien ancrés dans notre société, dans notre culture depuis des siècles et le mouvement actuellement mené contre le « mariage pour tous » vient alimenter cette tendance homophobe, volontairement ou non, et même vient la renforcer, si l’on en croit les propos de certains homosexuels qui sentent une montée conjoncturelle de l’exclusion à leur encontre. En tout état de cause, les couples homosexuels stables restent aujourd’hui bien souvent cachés et souffrants de l’être, car mal acceptés et mis à l’écart comme avaient pu l’être autrefois d’autres groupes minoritaires comme les juifs, les protestants et d’autres minorités dans la société catholique traditionnelle (par exemple l’« édit de tolérance » relatif aux protestants datant de 1787 seulement, après un siècle de persécutions).

    II- Il semble que l’Eglise catholique en particulier considère les pratiques sexuelles homosexuelles comme des fautes, des péchés ; elle voit dans la non-chasteté des homosexuels un péché et souhaite que ceux-ci, à la différence des hétérosexuels, respectent la même chasteté, la même abstinence complète que celle que s’imposent volontairement les membres du clergé de l’Eglise catholique latine.
    Quand elle considère l’homosexualité comme un péché, voire un vice, l’Eglise catholique favorise d’ailleurs encore aujourd’hui d’une certaine façon l’homophobie, même si elle s’en défend. Quelques exemples tout récents peuvent illustrer le propos :
    Jean Villeminot, diacre permanent, dans sa conférence publique du 15 octobre 2012 dans l’église Saint-Léon, Paris XVe, devant un public approbateur, énonce : « Que veut dire homophobe ? Si cela veut dire haine de l’homosexualité [je souligne], je suis un homophobe viscéral. Si cela veut dire haine des personnes homosexuelles, je suis un homophile viscéral. Faut-il affirmer que si Dieu a de la haine pour le péché [je souligne encore parce que la comparaison que fait le conférencier entre sa propre attitude et celle de Dieu est éloquente], c’est qu’il n’aime pas le pécheur ? La croix du Christ montre que ce serait un mensonge. » L’homosexualité est indubitablement présentée ici comme un péché par notre diacre dont la formulation procède d’ailleurs d’une présentation – voire d’une conception – étonnamment anthropomorphique de Dieu, d’un Dieu haineux pour l’occasion.
    Mgr André Vingt-Trois, dans la conférence qu’il a prononcée le 19 novembre 2012 à l’Institut Français-Centre Saint-Louis à Rome, adopte, ne serait-ce que par prétérition, la même attitude à l’égard de l’homosexualité, voire des homosexuels :
    « Notre action n’est pas une agression morale envers les personnes homosexuelles, quoique nous pensions de leur expérience » [je souligne à nouveau car le « quoique » de concession est parlant].
    Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et de Lourdes, dans une lettre d’octobre 2012 largement diffusée, peine à définir l’homosexualité, qui pour lui ne correspond ni à « une orientation sexuelle », ni à « une identité », mais il ajoute : « quoi que nous pensions de l’homosexualité », donc n’en pense pas de bien lui non plus.
    Les conséquences de certaines attitudes peuvent être graves. A titre de simple exemple, non généralisable, une de mes relations, un catholique pratiquant et fervent, avait révélé à son confesseur vers ses vingt ans son orientation homosexuelle ; ce prêtre lui avait alors conseillé de se marier – pour échapper à son orientation coupable – et vingt ans plus tard, voilà la famille ainsi créée – avec trois enfants – abandonnée et brisée par le départ du père avec un homme ; drame familial résultant en partie du rejet et de la condamnation de l’homosexualité par un membre du clergé.

    III- A partir du moment où l’on considère l’homosexualité comme une orientation certes minoritaire mais naturelle, produit d’un certain type de développement psychique, et où l’on reconnaît qu’elle est, pour ceux qui la partage, le résultat non pas d’un choix personnel mais d’un donné qui s’impose à certains, que beaucoup reçoivent et découvrent sans l’avoir souhaité, la principale question qui se pose est celle de l’accueil de cette minorité, l’accueil de ces prochains certes différents de la majorité des humains mais tout aussi humains et respectables, de ces prochains dont l’orientation n’est ni haïssable, ni coupable. Et bien sûr la question de l’accueil fait aux vœux formulés par cette minorité.
    C’est là que beaucoup des opposants à la réforme du mariage comprennent mal, ou déforment volontairement les motivations des demandeurs. Pour l’essentiel, il ne s’agit pas de la reconnaissance publique, sociale, d’un amour – et là les opposants s’en donnent à cœur joie dans la dérision mal venue en imaginant une mère épousant le fils qu’elle aime ou le mariage d’un couple à trois, « French triangle ». Il s’agit de reconnaître la normalité et donc la légitimité des couples homosexuels stables, légitimité qui certes est difficile à reconnaître par ceux qui voient dans l’homosexualité un vice, une maladie, un péché haïssable, etc. Reconnaître, accepter la diversité, l’existence d’une minorité créée par la nature, voire par Dieu lui-même pour les croyants..

    L’accueil du prochain, l’amour du prochain, voilà des valeurs qui peuvent parler à certains, et si l’on ne veut pas mettre en avant des valeurs chrétiennes, confessionnelles, il suffit de parler de la fraternité et du devoir d’acceptation de la diversité au sein de la société.
    De même qu’après avoir été longtemps discriminées, exclues juridiquement ou mises à l’écart par des statuts particuliers, sont accueillies aujourd’hui les minorités (ou les groupes différents) que sont les juifs, les protestants, les noirs, de la même façon il existe un devoir d’accueil des minorités homosexuelles et des vœux qu’elles formulent [je souligne] pour que leur légitimation et leur acceptation par la majorité soient réelles, pour qu’elles ne soient plus parquées dans un statut particulier – comme le furent juifs, protestants, noirs ou autres dans nos sociétés, ou dans telle ou telle société dite parfois chrétienne (esclavage, discrimination raciale, statut particulier des « indigènes » colonisés, des juifs, des tsiganes, etc.). La question de l’accueil des personnes différentes est essentielle dans l’approche des diverses civilisations humaines et c’est là que le rejet drastique de la réforme proposée du mariage pour ouvrir cette institution à la minorité homosexuelle pose problème. Se présenter comme homophile tout en rejetant et les pratiques homosexuelles, et les demandes d’ouverture du mariage civil formulées par les homosexuels relève sans doute un peu d’un manque de cohérence.

    Le fait qu’il s’agisse d’une demande concernant simplement une minorité et formulée d’abord par cette minorité elle-même n’entache en rien l’importance de l’accueil ou du rejet fait à cette demande, car le respect des minorités et l’accueil de la diversité concernent précisément des minorités et non pas la majorité. On trouve ce type de motivation de leur refus chez Mgr Vingt-Trois et de nombreux autres membres du clergé catholique, chez le Grand Rabbin de France qui évoque une « infime minorité », chez bien d’autres encore. Aujourd’hui les juifs pratiquants ou les catholiques pratiquants réguliers sont eux aussi une minorité, comme le furent longtemps les premiers chrétiens dans l’Empire romain, comme le sont les noirs ou les protestants en France, autant de minorités respectables et respectées.
    Faut-il évoquer l’injustice commise un temps trop long contre tel ou tel groupe humain, voire contre un seul homme, « minoritaire » certes, le capitaine Dreyfus, avant réparation, avant un discernement intervenu bien tardivement. Puisqu’on parle si volontiers de civilisation menacée, rappelons que c’est le propre des sociétés adultes, mures et pacifiées politiquement et socialement, que d’accepter des vœux formulés par une minorité, et c’est le fait des sociétés inachevées que de refuser de s’ouvrir à de tels vœux minoritaires. C’est encore par là qu’un refus chrétien, fût-il formulé avec des arguments ostensiblement non-confessionnels, intrigue.
    Certaines données sont troublantes. Le fait que certains homosexuels, bien médiatisés, proclament leur refus du mariage n’est qu’un pur argument rhétorique, peu digne d’être reçu dans un tel débat. De façon réciproque, un sondage récent, datant de décembre 2012, annonce ou prétend que 31 % des catholiques pratiquants réguliers accepteraient la réforme et que 69 % d’entre eux la refuseraient. Les très forts engagements actuels de l’Eglise contre cette réforme (chaque semaine, pratiquement pas de sermon ni de feuille paroissiale sans rappel direct ou indirect de cette question « taraudante »), à côté des données de la sociologie politique, suffisent à expliquer ces résultats, ces pourcentages. C’est là un état de l’opinion, d’une opinion susceptible d’évoluer comme on l’a vu pour des réformes antérieures. Mais comment expliquer ce si fort refus des vœux d’une minorité, des vœux du prochain, cette crainte panique et irraisonnée d’une disparition des couples homme/femme quand il ne s’agit que d’ajouter à ces mariages classiques un nombre infime de couples homme/homme ou femme/femme. La montée de ce refus, au moins dans la sphère publique, étonne. Doit-on parler de lobbies ? Sans doute avait-on connu des débats similaires avant d’autres réformes « sociétales » comme la loi de 1848 sur l’abolition – définitive – de l’esclavage, la loi Naquet sur le divorce fin XIXe, la séparation des Eglises et de l’Etat de décembre 1905, les lois plus récentes concernant la contraception, l’avortement, la peine de mort ou, en 1998, le Pacs, alors loi combattue comme atteinte grave au mariage et aujourd’hui donnée en exemple et même présentée comme une avancée devant être complétée. Le code civil français a été suffisamment modifié depuis son origine pour qu’une nouvelle évolution, certes importante, ouvrant le mariage à une minorité qui en est actuellement exclue, ne puisse pas être présentée comme la dramatique destruction d’une civilisation. Le droit français – ou le code civil – est présenté par certains aujourd’hui comme un statut figé de la famille alors qu’il a bien souvent évolué, se pliant aux évolutions d’une société qui vit dans l’Histoire et se modifie sans rester fixe, figée dans une nature humaine immuable. Un tract récent parlait ainsi de « la responsabilité historique de préserver notre état civil et humain… » Certains des termes employés par les opposants à la réforme proposée étonnent.

    IV- Une grande partie de l’argumentaire présenté contre la réforme véhicule des appels inquiétants – volontairement inquiétants – à l’émotionnel et à l’irrationnel et « surfe » sur des pulsions forts éloignées des valeurs d’accueil du prochain. On dénonce la « déstructuration », la « désintégration », un « bouleversement majeur de civilisation », une « rupture anthropologique », avec toute la charge inquiétante et alarmiste que revêt l’association de ces deux termes, la « création d’un nouvel ordre anthropologique ». « Anthropologique », mot souvent repris pour frapper les esprits mais qui est généralement utilisé à contre-emploi, car l’anthropologie est d’abord une science humaine, la science de l’observation des mœurs, alors qu’elle est présentée là comme un code normatif, comme une série de règles imposées à l’humanité par la « nature humaine » de tout temps, « depuis la nuit des temps » entend-on même.
    La vision se fait presque apocalyptique, pour employer un terme d’origine biblique. « Le “mariage pour tous “, c’est le “mariage homo” pour tous ! » – donc la destruction du mariage homme/femme des hétérosexuels – proclamait un tract du collectif préparant « La Manif Pour Tous » du 17 novembre dernier et intitulé « Appel aux citoyens ! ». Et le tract exalté se terminait par « La France doit se lever pour nos enfants, notre pays, notre humanité ! » Belle envolée, beau slogan alarmiste d’allure patriotique mais, là encore, où est donc le bon Samaritain de l’Evangile face à ces envolées lyriques ? Et surtout où est l’abandon de la famille largement majoritaire, toujours fondée par l’union d’un homme et d’une femme, où est la disparition de cette expérience familiale structurellement majoritaire ?
    Avec le climat de peur ainsi créé, avec la crainte – ou la « haine » – de l’homosexualité que ressent toujours une bonne partie de notre société, le referendum demandé par certains aboutirait sans doute à un rejet de la réforme proposée. De la même façon tous les sondages d’opinion ont montré en 1981 – et encore dix ans après – qu’en cas de referendum, une majorité des citoyens et citoyennes auraient refusé l’abolition de la peine de mort votée par le Parlement… abolition acceptée majoritairement par la suite par l’opinion, toujours selon les sondages. Et l’on pourrait sans doute dire la même chose de réformes semblables telles que celles ayant porté sur la contraception ou l’avortement. Rappelons incidemment que M. Tugdual Derville, de l’association Alliance Vita, auquel début 2012 Le Figaro demandait s’il était favorable à un referendum sur l’euthanasie (en fait sur la proposition 21 du projet du candidat François Hollande), répondait : « Non. Comme pour la peine de mort, ce sont des sujets qu’il serait dangereux de transformer en enjeux populistes car les pulsions risqueraient de ne pas être à la hauteur de la sagesse nécessaire ». Le referendum serait donc une procédure à engager quand la victoire est assurée, à refuser quand celle-ci reste incertaine ?

    Les militants chrétiens agissant contre la réforme prennent une grave responsabilité en jouant ainsi sur l’attitude générale actuelle de l’opinion, bourgeoise ou populaire, sur le « sens commun », sur le « bon sens », sur l’attitude des « gens de bonne volonté », car l’opinion reste aujourd’hui encore volontiers homophobe, prompte à ricaner ou à s’inquiéter dès qu’il s’agit de la minorité homosexuelle. Ils utilisent au fond, sans bien sûr le dire explicitement, des sentiments qui sont à l’opposé de l’accueil du prochain et de la fraternité. Quand on dénonce le « lobby gay », l’action de la minorité homosexuelle, on est bien proche de l’argumentaire si répandu dans les années 1930 et aux débuts des années 1940 à l’encontre du « complot juif », ou « judéo-maçonnique ».
    Certains arguments « clivants » utilisés sont redoutables par les sentiments sous-jacents qu’ils remuent ou font surgir : on écrit – et diffuse – que « le mariage entre personnes de même sexe aggraverait le communautarisme » et serait « un facteur de désintégration sociale » (lu dans un tract anonyme déposé sur les présentoirs d’églises parisiennes) ; on brandit la menace de polygamie (« pourquoi limiter à deux le nombre de partenaires ? » si on sort du schéma « d’un homme et d’une femme en vue notamment de la procréation » lit-on dans le même tract anonyme), on agite des peurs sociales inconsidérées, on imagine des menaces pesant sur la société, ce qui évoque précisément ce qu’on entendait dans les années trente. Et l’on tire argument des avantages fiscaux accordés aux familles pour prétendre que la demande du mariage par les homosexuels se résume à la recherche d’« une ” niche ” fiscale et sociale » (même tract anonyme). Etonnant argumentaire qui rabaisse plusieurs fois les motivations des demandeurs pour mieux refuser leur demande : par exemple le rédacteur du tract anonyme oppose encore à la « vision strictement individualiste » des homosexuels sa propre « approche sociale »…

    V- Beaucoup des arguments avancés à propos des père et mère biologiques, génétiques, pour dénoncer l’adoption par un couple homosexuel oublient tout simplement que bien souvent les enfants adoptés par un couple hétérosexuel frappé de stérilité ne savent pas non plus d’où ils viennent et ne sont pas « du même sang » que leurs parents. Pourquoi l’absence des parents biologiques, donc l’absence de « la solidarité naturelle, native, la solidarité d’origine, d’une même famille » (discours à l’Institut Français-Centre Saint-Louis du 19 novembre 2012), serait-elle acceptable quand les parents sont formés d’un couple homme/femme et deviendrait inacceptable avec un couple homosexuel ? L’adoption est toujours une difficulté potentielle pour les parents adoptants (hétéro ou homosexuels) et/ou pour l’enfant adopté. Mais chacun sait aussi que les enfants vivant au sein d’une famille fondée par un couple homosexuel s’épanouiront d’autant mieux que la société acceptera comme allant de soi une telle famille et, au contraire, que l’hostilité manifestée à l’encontre de ces familles accroitra les difficultés. C’est là encore que l’accueil du prochain, des prochains différents, est capital et que le rejet actuellement manifesté est créateur potentiel de souffrances futures. « Aimer son prochain » semble devenir un simple aphorisme « à géométrie variable » et non plus un précepte capital quand il ne s’applique qu’aux prochains proches et qu’on se refuse à l’appliquer aux prochains éloignés, différents. Dans ce dernier cas certes, les enfants adoptés par des couples homosexuels dont le mariage sera considéré comme illégitime et destructeur de la société risqueront bien plus d’être malheureux, et les coupables de leur souffrance seront d’abord ceux qui auront rejeté la réforme du mariage civil. De la même façon, les enfants de divorcés, les enfants bâtards, les enfants dits « naturels » souffraient bien plus autrefois, quand la société les acceptait mal.
    Vaut-il mieux vivre dans une famille monoparentale, dont un des parents – connu ou inconnu – a disparu ou dans une « nouvelle » famille avec deux adultes de même sexe ? Au fond les réactions humaines sont si variées que l’on trouvera aisément des experts pour vanter que pour noircir ce dernier type de famille, souvent plus accueillante qu’une famille classique qui se déchire et dans laquelle le conjoint ou les enfants sont brutalisés. Il n’existe pas d’examen pré-matrimonial garantissant que l’enfant, biologique, sera bien traité et élevé. Disons que les autorités concernant l’adoption, quant à elles, étudient sérieusement les dossiers de demande et n’ont aucune raison de ne pas poursuivre leur tâche de la même façon après la réforme du mariage. Pour le reste, il existe des comités de déontologie qui seront à même de faire les préconisations nécessaires, et éviter « déstructuration », « destruction » et autres cataclysmes familiaux.

    Ceux qui argumentent en dénonçant le remplacement des termes de « père » et « mère » par celui de « parents », voire de « parent 1 » et « parent 2 », affectent de croire que le vocabulaire administratif et juridique, celui du code civil ou des documents administratifs, tout comme celui si abscons employé par les notaires dans leurs actes, serait imposé à tout un chacun dans la vie courante. C’est confondre volontairement deux ordres de vocabulaire, deux niveaux de langage radicalement différents et étanches l’un à l’autre.
    Rappelons que les formulaires « parent 1, parent 2 » ont été souvent adoptés dans les écoles pour ne pas gêner les enfants, nombreux, de familles « recomposées », voire « décomposées » et en voie d’être recomposées, quand le nouveau conjoint n’est pas encore uni par mariage mais déjà présent, ou que l’ancien n’a pas encore vraiment divorcé et n’est pas parti définitivement, etc. Mais un formulaire administratif n’impose pas la façon choisie en famille de nommer tel ou tel parent ou « parent ». Seules les familles traditionnelles, chrétiennes ou non et vivant sur les schémas classiques, ignorent ce que sont les situations réelles dans les écoles, et dans bien des familles.

    L’argumentaire, si souvent alarmiste et émotionnel et qui « ne fait pas dans la dentelle », étonne et inquiète par les pulsions et les peurs qu’il met en branle, volontairement ou pas, c’est-à-dire le rejet de l’autre, de l’autre différent. Il risque d’être efficace dans le court terme, en 2013. Ce serait alors une victoire cher payée, car payée par l’abandon de valeurs fondamentales qui devraient passer avant tout argumentaire juridique, linguistique, historique ou « anthropologique ».
    Ajoutons qu’il paraît étonnant que ce soit de Belgique, grâce à Thierry Peltier si lu aujourd’hui, que nous arrive un plaidoyer pour la réforme française du mariage. Et pour conclure, n’est-il pas étonnant que tant d’ecclésiastiques argumentent contre cette réforme en présentant des arguments d’anthropologie, de psychologie, de psychiatrie plutôt que des arguments tirés des Evangiles, alors qu’ils ne sont guère formés à ces sciences humaines ni considérés comme des scientifiques avertis et compétents dans ces domaines. Pourquoi se placent-ils ainsi sur un terrain où ils n’ont guère excellé jusqu’alors en nombre et pourquoi fuir les arguments tirés de leur domaine de compétence, de leurs connaissances religieuses ? N’est pas Lévi-Strauss, ni Françoise Héritier, ni Philippe Descola qui veut et l’improvisation n’est pas la meilleure démarche, on l’a vu avec certaines arguties nous menaçant de polygamie, voire de zoophilie et d’inceste…

    Bernard RICHARD, paroisse Saint-Léon, Paris XVe

  13. Zadig dit :

    Très long discours..mais qui, déformé par le prisme religieux, oublie une donnée essentielle: la très grande majorité des français se foutait complètement de l’homosexualité… et si les gays avaient demandé une amélioration du pacs, cela serait passé sans problème.

    Or si l’homophobie s’est réveillée, c’est uniquement car une ultra-minorité de gays a joué la provoc en réclamant le mariage, symbole millènaire d’union d’un homme et d’une femme, mais aussi la Pma et la GPA, c’est à dire la subtitution du droit de tout enfant d’avoir un père et une mère biologiques, au droit à l’enfant, comme le droit à un chien, ouvrant ainsi la porte à toutes les dérives de marchandisation des corps et des enfants.

    Cette ultra minorité de gays agités a donc désservi complètement les homos en jouant la carte de l’extrêmisme.
    La montée de l’homophobie et ses conséquences pour certains homos est donc clairement de leur responsabilité.

  14. […] Le journal le Monde en tête, les médias, les sociologues en tous genres, les hommes politiques scrutent, interprètent, jugent les réactions des participants aux manif pour tous !  […]

  15. Vandale dit :

    Mais oui, bien sûr.

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