Une semaine en Hollandie, #39

Rédigé par Nikkopol le 21 juin 2013.

hollande_montre

hollande_montre Patrick PeccatteUne semaine très « Pépère » avec un flop télévisuel, quelques mensonges bien calibrés pour les copains dans les rédactions… Et on finira cette revue de la semaine en Hollandie, forcément, par la première perle du bac 2013…

Pépère fait chuter les audiences ! Pépère s’est invité dimanche soir dans l’émission Capital, le magazine économique grand public. Le but était d’être entendu par des patrons (de PME), très présents paraît-il devant cette émission, et les jeunes. Au château, on espérait 5 millions de téléspectateurs… histoire de montrer que le président est attendu (à défaut d’être entendu…), que ce n’est pas sa personne qui est rejetée.. Bref, on avait rôdé les éléments de langage vachement positifs, histoire de se s’auto persuader que demain ça ira mieux. Et le résultat ? Et bien non seulement Pépère est bien loin d’atteindre l’objectif des 5 millions de téléspectateurs, mais en plus il fait chuter les audiences du magazine ! Avec 2,8 millions de personnes devant leur poste, il fait bien moins que la moyenne de l’émission de M6 qui s’établit autour de 3,3 millions ! Le plus pathétique, ce n’est pas ce petit salarié de la république qui brasse de l’air et du vent en pensant faire ainsi plier une réalité rétive, mais c’est qu’autour de lui il reste du monde pour se bercer d’illusions… et le couper de vérités qui sautent pourtant aux yeux.

Quand il pense parler du fond, il le touche, le fond. Pour une interview à haute teneur économique, il n’a pas prononcé une seule fois le mot EURO. Intéressant, non ? Surtout que l’Europe, fondamentalement, ne lutte pas à armes égales avec les Etats Unis ou le Japon qui jouent à fond la carte monétaire par le jeu de « dévaluation soft » qui font que leurs produits s’évaluent mieux que les produits européens. En fait, Pépère s’est contenté de rappeler, preuves à l’appui, que son programme tient en quelques lignes : temps 1 : défaire ce qu’a fait son prédécesseur. Temps 2, appelé « réformes de structure » : hausse de la fiscalité de ceux qui ne votent pas pour lui. Temps 3 : « Réductions de dépenses », chiffrées dimanche dernier à 14 milliards en 2014, sans qu’on sache le moins du monde où il va bien pouvoir trouver de telles sommes. Bref, quasiment 2 heures de programme télé pour nous montrer le déni de réalité dans lequel il est enfermé depuis plus d’un an maintenant. Comme l’a souligné Bercoff cette semaine, Pépère s’imagine au cœur d’une crise cyclique et qu’il suffit d’attendre pour que nous en sortions… Ben voyons ! En fait, il a surtout montré une nouvelle fois que se devise est issue du gentil monde des Shadocks : « quand on ne sait pas où on va, il faut y aller. Et le plus vite possible ».

Les escadrilles. C’est connu depuis Chirac, les emmerdes volent en escadrille. Et dimanche dernier, c’était l’élection législative partielle du Lot avec le renouvellement du siège de député de l’ami Jérôme (Cahuzac). Le PS jouait gros, d’après les commentateurs. Parce que cette circo est à gauche depuis longtemps, parce qu’elle est symbolique, parce qu’elle arrive après une série de 8 revers en autant d’élections. Et comme les mêmes effets produisent les mêmes résultats, on aurait pu facilement deviner le résultat : abstention massive, UMP en tête, FN dans la roue, PS éliminé au 1er tour. Comme dans l’Oise en mars dernier. Et nous ne sommes pas ici dans des zones (trop) sinistrées, marquées par l’insécurité sociale ou culturelle… Et c’est donc une 9° défaite du PS en 9 élections législatives partielles, ce qui fragilise encore plus sa majorité absolue à l’Assemblée (qui ne tient plus qu’à 2 petits députés…) alors même que nombre d’élus PS vont choisir leur mandat local en 2014 pour assurer leurs arrières (et leurs indemnités) plutôt que de rester associés à une débâcle de plus en plus inévitable.

Et de 9 ! Les raisons de ce cuisant échec de plus pour le président et sa cohorte de branquignoles ne manquent pas. Elles sont à pleurer de rire pour certaines. Dès dimanche soir, reconnaissant sa défaite, le candidat socialise, JM Barral, s’est dit victime « du beau temps », justifiant ainsi une abstention massive qui l’aurait desservi… C’est sûr qu’avec une analyse politique de ce niveau, c’est quand même mieux qu’il ne siège pas à l’Assemblée… Le Roux, patron du groupe PS, accuse les Verts d’avoir fait cavalier seul et d’être allé à la bataille du Lot sous leurs propres couleurs. En même temps, si la « majorité » ne tient pas ses composantes, tu as peut être ta part de responsabilité, Bruno, non ? Enfin la faute à Jérôme, évidemment. Pépère et son prof d’allemand y sont allés de leur petite larme sur les répercussions du mensonge etc etc. Ok, les Fraggle, mais ça fait quand même la 9° partielle que vous perdez lamentablement ! Et qu’on le sache, dans les 8 premières, le temps était pourri et Jérôme le Maudit n’était pas le député sortant… La vérité est ailleurs, comme disait l’autre…

Les pieds dans le tapis. J’avance ici une petite explication qui n’engage que moi, observateur amateur des mœurs politique de notre vieux pays. Pépère, tacticien, à fait le pari très mitterrandien de faire monter le FN pour emmerder la droite parlementaire et s’assurer ainsi des lendemains qui chantent. Ses rêves les plus fous l’imaginaient même au second tour de la présidentielle face à une Marine qui aurait croqué un Fillon bien sage… Oui, en théorie, c’était rôdé. Ca sentait bon 1988 et la division de la droite, 1997 et les services rendus à Jospin par Jean-Marie… Ainsi, notre pépère a-t-il nommé Taubira à la Justice, histoire d’attiser un peu les braises populistes par les décisions dogmatiques de la passionaria des plages de sable blond. Oui, en théorie, ça pouvait fonctionner. Les premiers mois sont encourageants : elle passe son temps à défaire tout ce que Sarkozy avait fait, elle explique à qui veut bien l’entendre que les casseurs sont des victimes, que l’univers carcéral est tout sauf utile à la société… Bref, elle prend son rôle à cœur et va sans doute au-delà des espérances du Flanby. Oui mais voilà, la montée du FN se fait d’abord et surtout en grignotant un électorat populaire qui a massivement voté Hollande en 2012 et qui se rend compte qu’il est le cocu de la farce. Résultat : la droite ne progresse pas mais reste stable à des niveaux bas : elle ne convainc donc pas. Mais le FN gagne des voix qu’il prend directement aux bastions électoraux du PS. D’ailleurs, des études que la presse sérieuse ne reprend que trop rarement montrent que Marine gagne un terrain conséquent au sein des fonctionnaires. Ainsi, la gauche s’écroule et le FN grimpe. Et on obtient, comme dans l’Oise ou dans le Lot dimanche, des seconds tours entre un UMP et un FN. Le piège s’est gentiment refermé sur Pépère, bouffi de certitudes moisies sur ses petits calculs électoraux. 2014 avec les municipales d’abord et les européennes ensuite risquent d’avoir un goût amer pour la clique socialiste.

Si même les copains le lâchent… Colomb, maire de Lyon, est revenu mardi sur RMC sur la première année de quinquennat. Il appelle, rien que ça, à un changement radical de cap ! de la stabilité fiscale si on veut sauver les quelques entrepreneurs français encore sur le territoire, des décisions cohérentes pro-entreprises si on veut se donner une chance de sauver ce qu’il reste d’une « industrie en lambeaux »… Interrogé sur ce qu’il n’aurait pas fait, lui, la réponse a fusé : « je n’aurais pas supprimé la défiscalisation des heures supplémentaires »… Tu m’étonnes ! Sans doute la mesure la plus forte en faveur du pouvoir d’achat des classes populaires et moyennes (dont les profs !). Plus loin, réagissant sur la réforme attendue des retraites, il milite pour un système basé sur la liberté de chacun à préparer comme il l’entend sa retraite, intégrant un système à points à côté du régime général… Du bon sens, quoi… Dis donc, Gérard, en t’écoutant, il me vient une question : qu’est-ce que tu fous encore à gauche ?

Moralisation, oui mais pas trop. L’Elysée n’est pas à une avanie prêt. En effet, mercredi on a appris que si la loi sur la transparence des élus passait au Parlement, alors Pépère se mettrait en disponibilité de la fonction publique. Il faut savoir qu’aujourd’hui, il est (comme n’importe quel élu), simplement détaché. Cela veut dire qu’à la fin de son mandat, il retrouvera un poste et un salaire équivalent à ceux dont il disposait avant d’être élu. C’est bien, mon pépère. Mais tu as donc besoin d’une loi pour t’imposer à toi même ce que tu veux imposer aux autres ? Tu ne veux donc pas montrer l’exemple ? C’est donc trop dur pour toi d’avoir un geste éthique, moral et respectueux envers tes administrés ? Imposteur ! Rappelons qu’à cette heure, seul Bruno Lemaire a démissionné de son poste de la fonction publique en devenant élu en juin 2012. En république exemplaire, on est soit élu soit fonctionnaire. Mais on ne peut pas être payé par l’état et être au service de celui-ci dans un mandat quel qu’il soit. C’est absolument immoral. Rappelons que les anglais, par exemple, ont tranché le débat. Si vous voulez vous présenter à une élection, vous ne pouvez pas être fonctionnaire. La morale en politique a encore du chemin à faire de ce côté-ci du « Chanel »…

Morale toujours. Puisqu’on est dans la question morale, on a appris 2 choses intéressantes cette semaine. D’abord que Pépère savait tout de l’affaire Cahuzac depuis le 15 décembre, quand le directeur adjoint du cabinet de l’Elysée, M. Zabulon (avec un a…) a reçu un appel de Michel Gonelle, ancien maire de Villeneuve-sur-Lot et détenteur du fameux enregistrement. Explosif. Devant la commission d’enquête parlementaire, il s’abrite derrière tout ce qu’il faut de langue de bois et de faux-culsserie : « on laisse travailler la justice, blablabla… ». La vérité, c’est que tout le monde savait et qu’en Hollandie, on est tellement certain d’avoir les juges et les journalistes dans la poche, qu’on a strictement rien fait. Ouf, depuis, la morale s’est refait une santé, et on a arrêté ce salopard de Clément Weil-Reynal et on lui a fait payé le prix fort le fait d’être… un journaliste impartial ! Belle démocratie, Monsieur Pépère…

Morale encore ! Cette semaine, un collectif de hauts fonctionnaires de l’Education Nationale, sobrement dénommé le « Cercle des Recteurs Disparus », a publié une tribune pour dénoncer les « opérations marketing » et les « mensonges » de la majorité sur les questions d’éducation. Ce collectif attaque par la « déconstruction » à laquelle se livre Peillon sous son joli terme marketing de refondation. Refondation qui ne correspond aujourd’hui qu’à un changement des rythmes scolaires pour 15 à 20 % des élèves ! Le mammouth a accouché d’un souriceau nain… Il poursuit par les mensonges sur les créations de postes, soulignant que les embauches annoncées jusque là ne servent qu’à couvrir les départs en retraite (ce n’est pas sur ce mensonge-là qu’on attaquera le plus pépère mais bien sur le fait d’avoir promis, ici comme ailleurs, quelque chose d’intenable…). Plus loin, il s’avoue effaré par la fermeture des internats d’excellence, les très sarkozystes écoles de la seconde chance, alors même que les premiers élèves concernés n’ont pas encore passé le bac et que les résultats jusqu’ici étaient plus qu’encourageants, effondré par la fin de l’apprentissage dès 14 ans, véritable bouée de sauvetage pour des jeunes en perdition dans un milieu scolaire pour lequel ils ne sont pas faits… et alors même que les entreprises en redemandent ! Enfin, en terme d’enseignement supérieur, la ministre détricotte la loi SRU sur l’autonomie des universités alors même que cette évolution est aujourd’hui plébiscitée par les directeurs des facultés… Ils finissent par dire qu’ils ne sont pas partisans, comme par hasard ! C’est leur grand truc, aux socialistes qui n’en peuvent plus du socialisme : « notre démarche n’est pas partisane et il ya des réformes qui devraient faire consensus ». Mais assumez, nom d’un chien, que ceux que vous avez mis au pouvoir font n’importe quoi ! Ce jour-là vous pourrez vous regarder dans une glace… Même si « les yeux dans les yeux », pour ces gens-là, ça ne veut plus dire grand chose…

Morale enfin. Heureusement que quelques chroniqueurs de ce pays essaient d’en savoir plus sur la promesse en l’air de Pépère sur « l’inversion de la courbe du chômage d’ici la fin de l’année ». Tout le monde sait bien que c’est impossible mais on commence à chuchoter, autour de lui, au château, que c’est de la sémantique. D’abord il y a les jeux d’écriture : ce que compte l’INSEE, ce sont les chômeurs en catégorie A, donc sans aucun emploi au cours du mois précédent. Mais les catégories B, C ou D ne sont pas comptabilisées. En catégorie B on comptabilise tous ceux qui ont exercé une activité réduite (78 heures max) le mois précédent. En C, ceux qui sont toujours en recherche mais qui ont exercé une activité réduite longue (plus de 78h). En D, les demandeurs d’emplois en formation. Enfin la catégorie E regroupe les chômeurs en contrats aidés (type emploi d’avenir). Evidemment, le calcul est là : faire passer beaucoup de catégorie A en B, C, D ou E. D’où la pression du gouvernement sur les collectivités locales pour engager un maximum de chômeurs sous la forme des fameux « emplois d’avenir » ! Ensuite il y a des données démographiques qui fait que le solde de départ en retraite / création d’emplois sera positif ! En clair, puisqu’il y aura beaucoup de départs à la retraite, cela va créer un appel d’air sur le marché du travail. Mais il ne s’agira pas de création de postes. Juste des remplacements. Enfin, la tromperie reposera sur une incroyable escroquerie sémantique : l’inversion de la courbe du chômage, pour Pépère et ses conseillers, ça veut dire « stabiliser le chômage ». C’est ce qu’a confirmé cette semaine un conseiller de l’Élysée à une journaliste du Point : “Il suffit que la courbe se stabilise pour que l’on puisse parler d’inversion ». C’est vrai que quand on a parlé de « Mariage pour tous » alors qu’il concernait une petite partie de la communauté gay qui, elle-même, représente un peu moins de 4% de la population française, on n’est pas à une infamie prêt… Dis-moi, Sérillon, tu as trouvé une nouvelle expression pour « prendre les français pour des cons » ?

Passe ton bac d’abord ! Le bac 2013 s’annonce de très très haut niveau. On le sait, les épreuves, notamment de français rivalisent chaque année dans leur capacité à mettre dans la lumière une œuvre connue ou non d’un génie littéraire dont l’histoire culturelle de notre pays s’enorgueillit à raison. Le bac, c’est l’occasion pour une « classe d’âge » gavée aux héros de Nintendo, d’approcher un auteur, esprit, une pensée universelle. C’est donner au patrimoine intellectuel national toute sa modernité. Le cru 2013 n’échappe à la règle. En effet cette année a vu une académie présenter ce génie littéraire qu’est Jean-Jacques Goldman ! Et avec un texte Ô combien politiquement juste puisque c’est sa chanson « Là-bas » sur l’émigration qui a été retenue dans son œuvre prolifique. Avec ça, on se prépare des générations d’intellectuels bien-pensants…

Allez, bon week-end et bon courage !

Déjà 7 remarques sur cet article

  1. Paul Emiste dit :

    Du bac au pédalo, de toutes façons il n´y a pas de gouvernail.

  2. amazonia dit :

    LES SONDAGES ET LES NOTES DE HOLLANDE ? 20% ET PAS 30 ?
    Comme pour “” LE BAC”” 24/20 .
    LE GONFLAGE ET DEGONFLAGE des chiffres comme pour les MANIFS ?? ENTRE 300.000 ET UN MILLION ? au choix
    pour notre information en temps réel ! la mignonnette NAJAT BELKACEM porte parole du gouvernement nous présente l’art de l’écriture avec plume ou stylo et micro .
    2013 = ENFUMAGE TOTAL( Marché-transatlantique sans entrave = danger .voir internet )
    magouilles/ tripatouillages toujours plus +++

  3. amazonia dit :

    SOUS LA HOLLANDIE = gouvernement de dictature des médias
    seul les capuchards / cagoulards / ceux qui frappent/ cassent/agressent / brûlent / volent seul les vraies racailles ne vont pas en prison et ont la parole en FRANCE .
    LA COLERE MONTE DANS TOUS LES ¨PAYS +++France aussi !
    LES CITYOENS = les trop bons trop cons ! ils se réveillent et après ! FRANCE LIBRE . ELLE ARRIVE . très bientôt !!

  4. Libertad dit :

    Bien vu Nikko, toujours très caustique et fondé ce billet d’humeur…
    Mais quand même, pour rire, quand parle-t-on des affaires Guéant, Tapie, Bettencourt, Karachi… ???! lol

  5. daniel pilotte dit :

    francois hollande fait souvent des deplacements a l etranger comme le faisait naguere francois mitterrand il brasse du vent il defends les lobbys sinon encore une semaine de perdue il exaspere la droite et desespere la gauche .

  6. fatamorgana dit :

    ah oui, parlons en des ” chances pour la France” ils ont un rappel à la loi et un brave gaulois manif pour tous a de la prison ferme, on croit rêver! mais attention au réveil des braves gaulois!

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