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Les intentions de nos dirigeants, cet éternel brouillard

Rédigé par raymond67 le 18 septembre 2013.

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Au nom du risque de la dictature de la transparence, les pouvoirs publics refusent aux Français l’accès à un certain nombre d’informations. Des arguments également utilisés pour légitimer la rétention d’information de la part des entreprises. Ce manque de visibilité a de plus en plus de mal à trouver de justifications alors que les citoyens et les consommateurs paient le prix fort.

L’affaire Cahuzac avait conduit François Hollande à s’engager en faveur d’une moralisation de la vie politique avec la transparence comme maître mot. La loi était prévue à l’origine pour fin avril. C’était sans compter avec les désaccords profonds des députés. « Dictature de la transparence », « mesure gadget », « diversion », « poudre aux yeux », ce projet de loi a suscité son lot de scepticisme de la part des principaux intéressés.

Vie et décisions politiques : les Français n’y comprennent rien

Après avoir été remaniés en juillet, les projets de loi sur la transparence de la vie publique devaient être votés le 10 septembre. Ils l’ont finalement été le 17 après avoir été examinés une dernière fois par l’Assemblée Nationale le 11 septembre. Ils concernent plus particulièrement la réserve parlementaire ou plus exactement  les « aides exceptionnelles aux collectivités territoriales », permettant aux députés de financer les collectivités locales et les associations de leur circonscription. La question du patrimoine des élus est également sur la table, avec des dispositions bien tièdes puisqu’il s’agit seulement de les rendre consultables, et non d’autoriser leur publication.

Même opacité sur les impôts des Français. Après les louvoiements du Gouvernement en matière de politique fiscale, les Français aimeraient sans doute bien savoir ce qu’il en est de leurs impôts pour 2014. Les déclarations cette année n’ont pas cessé d’entrer en contradiction les unes avec les autres. En septembre 2012 Jérôme Cahuzac annonce qu’il n’y aura « pas d’effort fiscal supplémentaire » après 2013. En avril 2014, Pierre Moscovici change d’avis et confirme la hausse des prélèvements augmenteraient bien en 2014. Puis François Hollande met de l’eau dans son vin et déclare vouloir limiter cette augmentation.

Août 2013, nouveau revirement. Il est question d’une « pause fiscale ».  Une pause fiscale qui n’intègre sans doute pas la baisse du quotient familial ou la contribution climat-énergie, une nouvelle taxe carbone dont le calendrier, bien évidemment, n’a pas encore été détaillé. Les Français auraient sans doute peu apprécié  d’avoir trop d’informations d’un seul coup.

La vie économique, objet de la même opacité

Une perspective inquiétante pour les consommateurs français déjà malmenés par la crise. Les principaux postes de consommations sont l’objet d’une insatisfaction croissante, à commencer par le logement. D’une manière générale, la tendance des loyers est à la hausse dans les différentes métropoles régionales, une hausse dictée par une logique qui échappe à tout le monde.

Pour ceux qui ont la chance d’être propriétaires, ce n’est guère mieux. Mis à part Syndic Plus qui a fait de la transparence et de la proximité avec les copropriétaires  des composantes majeures de son offre, les syndicats de copropriété mécontentent 90 % des Français. Syndic Plus a même été récemment attaqué par l’UNARC, pourtant syndicat bénévole de la filière et donc a priori éloigné des problématiques concurrentielles du marché. C’est qu’il y a bien des intérêts cachés auxquels le quidam n’a pas à avoir accès…

Au départ, sur le plan théorique, la protection de l’information pour la survie des agents économiques justifie une certaine opacité. Le monde des affaires nécessite en effet une dose d’exposition d’une part, et de dissimulation d’autre part. C’est le paradoxe de l’activité économique. Il est bien entendu nécessaire de faire connaître ses produits par la publicité, mais il est aussi indispensable, pour conserver une longueur d’avance sur les concurrents, de préserver son savoir-faire, les détails l’organisation de la production et les noms des clients. Toute la question est de savoir dans quelle mesure l’opacité prime sur la transparence. Or ces derniers temps, les scandales à répétition justifient que l’on interroge de nouveau cette zone grise.

A plus d’un titre, la légitimité de la transparence n’a plus rien d’une évidence auprès des citoyens et des consommateurs, qui veulent qu’on leur rende des comptes.  L’alimentation est également au cœur de cette problématique avec l’affaire Spanghero et la question de l’étiquetage des produits alimentaires. Les consommateurs, insuffisamment informés, réclament plus de transparence aux industriels. Idem pour les médicaments, même si de véritables efforts ont déjà été engagés dès 2012, quand l’Afssap est devenu l’ANSM et que le Leem s’est engagé dans des actions de fond destinées à renforcer leur mission de pharmacovigilance et à regagner la confiance des consommateurs.

À force d’invoquer le droit à l’opacité pour certains décideurs politiques et économiques, on justifie des dérives dont les citoyens et les consommateurs finissent par payer le prix. Gageons que la loi sur la transparence de la vie publique change la donne et que les entreprises comprennent vite que c’est dans leur intérêt d’informer aux mieux les consommateurs, la confiance étant la meilleure alliée du marché aujourd’hui.

Déjà une remarque sur cet article

  1. Daniel pilotte dit :

    La politique du néant avec se président et son gouvernement depuis que la gauche prône la légalisation du cannabis les socialistes planent sur la planète de Stone city .

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