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Pourquoi veiller à l’usage de la langue française aux Jeux n’a-t-il rien de chauvin ?

Rédigé par papapp le 04 mars 2014.

JO Sotchi« Je demeure persuadé qu’un univers dans lequel il n’y aurait qu’une seule langue internationale ne pourrait que nous amener à mourir d’ennui », faisait savoir le linguiste Claude Hagège dans un entretien au Figaro. Des propos qui trouvent un écho tout particulier dans le cadre des derniers Jeux olympiques qui se sont tenus à Sotchi. L’usage de la langue française fait l’objet d’une veille attentive de la part de l’OIF. Non pas dans une logique chauviniste s’arcboutant sur des prérogatives, mais parce que l’utilisation de la langue française, et par extension des autres langues, fait partie intégrante de l’esprit universel des Jeux.

Les cinq anneaux du drapeau des Jeux olympiques ont une portée symbolique forte : ils représentent l’universalité de l’olympisme. « Il (le drapeau ndlr) représente les cinq parties du monde unies par l’Olympisme et ses six couleurs d’autre part reproduisent celles de tous les drapeaux nationaux qui flottent à travers l’univers de nos jours », écrivait Pierre de Coubertin, Baron français qui a rénové les Jeux olympiques en 1896.

Au-delà du plaisir de voir des athlètes donner le meilleur d’eux-mêmes, au-delà de la fascination éprouvée devant des records battus chaque année dans diverses disciplines, au-delà de l’affirmation des fiertés nationales, les JO sont l’occasion de réunir 205 pays en été et près de 90 en hiver (88 à Sotchi) et de rassembler des hommes autrefois réunis dans la Tour de Babel. Ils sont l’occasion de créer une cohésion nouvelle, avec le prétexte de l’exploit sportif, et d’ignorer les murs interculturels produits par les conflits et les incompréhensions.

À ce titre, il est fondamental de donner à tous les participants, qu’ils soient dans les coulisses, sur les aires de compétition ou dans les gradins, la possibilité de communiquer dans plusieurs langues.

Quelle est la place de la langue française aux Jeux ?

En tant que langue fondatrice des JO et langue officielle du Mouvement Olympique avec l’anglais, la langue française a un statut particulier lors de l’événement. Elle doit être utilisée lors des réunions officielles, avant et pendant les Jeux, sur la signalétique et sur et les supports de communication écrits et oraux, dont le site internet en français. À Sotchi cette année, cette tradition a été respectée dans l’ensemble, même si quelques améliorations doivent être dès à présent envisagées pour la suite.

Les discours officiels n’ont pas boudé la langue de Molière. À commencer par la cérémonie d’ouverture au cours de laquelle Thomas Bach, le Président du CIO, et Dmitry Chernychenko, le Président de Sotchi ont aménagé une place de choix au français dans leurs discours. Le français était également à l’honneur et intervenait avant l’anglais et le russe pendant les cérémonies officielles et lors des annonces protocolaires. Des efforts étaient visibles sur la signalétique où les messages de bienvenue étaient trilingues.

Mais la délégation de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), venue mener une mission d’observation sur place du 7 au 17 février 2014, a noté que les panneaux de signalisation à destination des spectateurs n’étaient qu’en russe et en anglais tandis que la qualité des traductions (sur le site internet tout particulièrement) était inférieure à celles des JO de Londres.

En outre, les services francophones offerts au français ont été sous-utilisés. Les journalistes, les athlètes et les officiels privilégient l’anglais alors même que des traducteurs et des interprètes, dont des jeunes volontaires, ont été mobilisés pour les assister.

Pourquoi s’en inquiéter ? Pourquoi l’utilisation de la langue française à l’occasion de cet événement sportif international, est-elle si importante ? Oui après tout, pourquoi veiller au respect d’une telle tradition à l’heure de la mondialisation et de l’utilisation uniformisée de l’anglais ?

Pour se souvenir et donner la possibilité aux participants de vivre pleinement les Jeux

Audrey Delacroix, commissaire pour la langue française dans les Jeux olympiques à l’OIF, a rappelé d’abord l’importance mémorielle de l’usage du français au JO : « Il y a des valeurs qui sont véhiculées à travers le fait que le français soit langue officielle des JO. On a conscience de nos origines, des origines francophones des JO modernes qui ont été restaurées par Pierre de Coubertin qui était un Français ».

Elle souligne également l’importance de la langue française, mais aussi des autres langues, pour répondre aux besoins linguistiques de tous les publics des Jeux et leur faire vivre la meilleure expérience possible : « En tant que partenaire des organisateurs des jeux et du comité international olympique, on assure ensemble le meilleur service possible dans plusieurs langues à toutes les personnes qui vont vivre les JO en faisant en sorte que la langue soit présente de manière qualitative et quantitative ».

De l’importance de la diversité linguistique et culturelle pour des Jeux universels

Au-delà du maintien du français, il s’agit aussi de promouvoir une diversité linguistique et culturelle incarnée bien sûr par la langue française, langue officielle au même titre que l’anglais, mais aussi par toutes les autres langues : « Nous ne sommes pas dans un esprit de repli sur nous-mêmes, a ainsi précisé la commissaire, nous sommes une famille qui souhaite établir des ponts et des passerelles avec l’extérieur. Nous avons vraiment cette volonté et cette mission d’ouverture sur le reste du monde ».

L’OIF s’emploie déjà à promouvoir l’usage de la langue française auprès des organisateurs des Jeux de Rio2016 et Tokyo2020. Point de chauvinisme dans cette démarche. C’est grâce aux efforts qui seront déployés pour son maintien que les jeux continueront de respecter l’esprit dans lequel ils ont été rénovés et de tromper l’ennui tant redouté par Claude Hagège.

Déjà 2 remarques sur cet article

  1. Daniel pilotte dit :

    Si seulement une telle idée pouvait faire des émules , l initiative est intéressante .

  2. Gabriel dit :

    Bravo aux défenseurs de notre langue.quand on voit dds représentants de Bruxelles s’ exprimer en anglais quand ils vomissent leurs sanctions contre la Russie ….les anglais ne veulent pascde la monnaie euro, participent activement au racket dds européens en étant la base arrière des us.a l’étranger, le Français a perdu du terrain depuis Chirac.insuffisament defendu, le Français sera une langue morte dans 20 ans.

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