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Rachat de SFR : Numericable en pôle position

Rédigé par camille27 le 04 mars 2014.

numericableOn en parle depuis quelques semaines, le rachat de SFR serait imminent. Numericable est sur les rangs et se prépare à telle opération depuis son introduction en bourse réussie en novembre dernier. Le projet : mutualiser deux opérateurs complémentaires, préserver des milliers d’emplois ou encore accélérer le déploiement de la fibre optique sur le territoire. Néanmoins, Bouygues risque de s’opposer à ce rapprochement, en dépit d’une offre moins intéressante.

Le rachat de SFR par Numericable peut être vu comme un coup de billard à trois bandes. D’abord l’introduction en bourse du spécialiste de la fibre optique. Puis celle d’Altice, holding de Patrick Drahi, actionnaire majoritaire de Numericable qui prend le contrôle exclusif de la société par la même occasion. Et, troisième bande, le rachat de SFR.

Il s’agirait rien de moins que de la plus grande révolution dans le marché des télécoms depuis l’arrivée tonitruante de Free mobile en janvier 2012. Sur le papier, force est de constater que l’opération est réfléchie. Numericable n’opère que sur le marché du fixe et occupe de loin la première place en ce qui concerne la fibre optique. Tandis que SFR est résolument spécialisée sur le mobile et l’ADSL. Une telle complémentarité pourrait être très utile aux deux entreprises, la première cherchant à diversifier son offre et l’autre à lutter contre la concurrence féroce d’Orange et Free. Les 9 000 employés de SFR ne seraient donc pas en danger avec une fusion. De plus, cette mutualisation de moyens servirait l’ambition de Numericable et du Gouvernement d’accélérer le déploiement de la fibre optique sur tout le territoire. Pour l’heure, l’objectif de Numericable est le raccordement de 9 millions de prises d’ici 2017. « Avec SFR, nous passerions à 12 millions » assure une source proche d’Altice.

Evidemment, les opérations financières de cette ampleur ne sont ni un jeu ni une science exacte. De fait, après deux premières étapes boursières parfaitement négociées, la bille blanche n’a pas encore tout à fait terminé sa course sur le tapis vert et on devrait savoir cette semaine si le rebond est favorable aux ambitions de Numericable. Sur le chemin, l’obstacle Martin Bouygues pourrait se dresser.

En effet, l’opérateur voit cette possible fusion d’un mauvais œil. En difficulté, Bouygues lorgne sur son concurrent pour revenir dans la course. Seulement, son offre ne comporte pas les mêmes avantages que celle de Numericable. Le marché sur lequel opère Bouygues est le même que celui de SFR : les deux entreprises ne sont à cet égard pas complémentaires et un rapprochement serait susceptible de détruire de très nombreux emplois. Autre aspect non négligeable : celui de la disparition d’un des quatre opérateurs télécoms alors même que l’arrivée de Free avait permis d’accroître la concurrence, à l’avantage des abonnés. Par conséquent, il est probable que les autorités régulant les concentrations rejetteraient un rachat de SFR par Bouygues. Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, s’était personnellement élevé contre le spectre de la disparition d’un des opérateurs lors de la guerre de la 4G en décembre dernier.

Largement supérieure sur le papier, l’offre de Numericable apparaît comme la plus judicieuse économiquement et comme la plus en phase avec la politique actuelle en matière de télécoms. Les pouvoirs publics ont fait du déploiement de la fibre optique l’une de leurs priorités pour le quinquennat de François Hollande et se sont prononcés plusieurs fois en faveur de la concurrence la plus importante possible pour les consommateurs. Des orientations qu’un rachat de SFR par Bouygues remettrait en question. Reste désormais à savoir si Vivendi, propriétaire de SFR, va accéder à l’offre de Numericable rapidement ou chercher à gagner du temps pour faire monter les enchères, au risque de mettre l’entreprise en difficulté.

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