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La Chine, une menace pour les séries africaines ?

Rédigé par afrik le 30 juin 2014.

drapeau_chineL’influence grandissante de la Chine dans les affaires économiques africaines ne se matérialise pas seulement dans des prises de participation dans les champs pétroliers ou les exploitations minières. Dans le secteur de l’audiovisuel également, la Chine s’est employée à développer son soft power. Un tel appétit n’est pas sans susciter de nombreuses inquiétudes à travers le continent africain.

Cela fait bien longtemps que l’Afrique est une priorité pour la diplomatie chinoise. Pendant la période maoïste, les causes étaient idéologiques. Pékin, qui se présentait en chef de file des pays non alignés, et était notamment en concurrence avec l’URSS et l’Occident. Depuis la fin des années 1970 et la conversion de l’empire du Milieu au capitalisme, l’économie, le commerce et le besoin de ressources naturelles priment. Cependant, ces dernières années, la Chine a ajouté à ces relations une dimension de soft power, qui passe par exemple par une influence accrue dans le secteur de l’audiovisuel.

La production audiovisuelle africaine est, certes, de qualité, elle ne peut cependant compter que sur de très faibles revenus publicitaires et ne profite d’aucune subvention, ce qui en fait logiquement une proie facile pour les entreprises chinoises. Cela ne poserait aucun problème si ces chaines satellitaires chinoises assuraient une production et diffusion de qualité, or le groupe Star Times, par exemple, actuellement en grande expansion sur le continent, se pose clairement en opérateur low-cost achetant de très nombreuses fréquences TNT pour proposer des programmes internationaux de seconde zone achetés en Amérique du Sud ou en Asie. Certes, l’entreprise finance la mutation vers la TNT mais aucun partenariat n’est conclu avec des producteurs locaux, mettant en péril la production de contenus audiovisuels africaine.

Les créations originales africaines existent pourtant et sont appréciées aux quatre coins du continent. La série burkinabé « Ma famille au Commissariat de Tampy » est par exemple un grand succès malgré le fait que ses producteurs aient du mal à réunir des ressources financières pour la production à grande échelle. Le Ghana, le Nigeria ou le Sénégal produisent également de nombreuses séries, encore une fois avec des moyens très limités.

Selon Paul-Miki Roamba, chef du service des programmes de la télévision privée burkinabé BF1, les coûts de production sont trop élevés en Afrique : « les séries africaines sont plus coûteuses que celles importées ». Déjà amorties sur leur marché national, les productions étrangères peuvent vendre leurs droits à perte à des chaines comme Star Times.

Les producteurs africains craignent donc énormément la percée des bouquets satellitaires chinois sur le continent tant que rien ne sera fait pour les obliger à financer la création audiovisuelle locale, sur le modèle de ce que fait Canal + Afrique.

Déjà 2 remarques sur cet article

  1. Daniel pilotte dit :

    La chine n est pas qu une menace pour l Afrique , en france les chinois achètent les vignobles , les maisons de négoces … Il est ou et que fait-il montebourg le monsieur made un france …

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