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OPA Ardian / Fosun sur le Club Med : une bataille de perdue, mais pas la guerre ?

Rédigé par sachab (24actu) le 06 août 2014.

Club-Med-logo2Vendredi 25 juillet, le Conseil d’administration du Club Méditerranée a étudié les deux offres en compétition pour son rachat. Ce n’est pas sans réserve que la contre-OPA déposée par l’italien, Andrea Bonomi, a été déclarée « conforme » par le Conseil. Des faiblesses stratégiques ont été pointées du doigt, ce qui laisse le temps à Ardian/Fosun de préparer une riposte.

 

C’est dans un climat sous haute tension que se joue depuis quelques mois déjà, une bataille qui aura pour trophée le célèbre Club Med. L’Italien Andrea Bonomi semble certes avoir pris un peu d’avance vendredi 25 juillet dernier, mais tout n’est pas encore gagné. Bien que le Conseil d’administration du Club ait choisi de donner un « avis motivé » au holding Global Resorts d’Andrea Bonomi, il a dans un communiqué de neuf pages, souligné certaines incohérences dans la stratégie d’avenir qu’il propose et affirme ne pas avoir disposé de « tous les éléments nécessaires ».

 

Une affaire de sous? Oui, mais pas que. Si les actionnaires « privilégient la liquidité », « le conseil n’est pas en mesure de confirmer sans réserve la conformité de l’offre aux intérêts de la société », précise le communiqué. Des divergences non négligeables dominent notamment dans les choix politiques de l’Italien Bonomi. Le rapport d’expert, commandé au cabinet Roland Berger accuse des « points de différences dommageables ». Rappelons que le Club Med s’était rapproché du chinois Fosun pour se développer en Chine. Une stratégie qui volerait en éclat si Bonomi mettait la main sur le Club au trident. Le cabinet alerte des « risques associés à un changement de partenaire stratégique » rappelant que la Chine « reste un axe prioritaire ».

 

À cela s’ajoutent les inquiétudes du Conseil d’administration en ce qui concerne « la redynamisation de l’offre » qui  « pourrait venir limiter la stratégie de montée en gamme, mise en place en vue de limiter l’exposition de la société aux segments les moins rentables et les plus concurrentiels de son activité, affectant ainsi la rentabilité du groupe ». De même que  l’offre « all inclusive » chère au Club Med pourrait être remise en cause et cela porterait atteinte au modèle de l’entreprise. De plus, Andrea Bonomi a un argument financier imparable, mais en affichant son intention de placer Serge Trigano à la tête du Club Med alors que celui-ci lui avait fait perdre 740 millions de francs en 1997, il laisse de nombreux flous planer sur l’avenir de la société et pas des moindres. Rappelons que des centaines d’emplois sont aujourd’hui sur la sellette alors que Bonomi a déclaré vouloir réduire de moitié les frais français.

 

À ce titre, le conseil d’administration considère que le projet Bonomi « présente des interrogations » et qu’il « pourrait aller jusqu’à présenter des risques si sa mise en œuvre venait à altérer le modèle et les fondamentaux du Club Méditerranée ». Jeudi 24 juillet, 70 cadres ont d’ailleurs dénoncé « la rupture stratégique » que constitue selon eux le projet de l’Italien. Ceci, moins d’une semaine après que le syndicat CFTC a émis des doutes quant au sérieux de l’offre de Bonomi. Le mouvement s’accroît, une pétition à l’initiative des GO a été mise en ligne pour protester « contre la destruction du Club Med » et a déjà réuni 5 291 signatures. Un  vrai pied-de-nez au tweet de Trigano qui voulait désormais laisser la parole aux salariés du Club.

 

Néanmoins, aucune décision définitive ne sera prise avant la mi-septembre. Le Chinois Fosun qui a franchi le seuil des 10 % du capital du Club se dit toujours intéressé par le groupe et a fait savoir dans une lettre au Conseil qu’il prévoit « dans les délais prévus par la réglementation, réfléchir sereinement à la situation à laquelle la société et sa participation se trouvent confrontées, et aux options envisageables, afin de déterminer l’option qui servira le mieux les intérêts de Fosun et du Club Méditerranée ». Ardian a de son côté ajouté en conseil qu’il s’associerait à cette réflexion.

 

Bien qu’Andrea Bonomi ait remporté une première manche, cela n’est pas pour autant signe de victoire. L’offre financière proposée par l’Italien est certes alléchante, mais les actionnaires veulent avant tout pérenniser le Club au trident et c’est à ce niveau que le projet de Bonomi pèche clairement. L’identité du Club doit être conservée et développée pour que les investissements de l’entreprise soient fructifiés, une tâche délicate que seuls Fosun et Ardian ont promis de respecter.

Déjà une remarque sur cet article

  1. Daniel pilotte dit :

    La destruction ne paraît pas normal , l initiative de la petition est compréhensive .

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