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La France joue-t-elle encore sur la scène internationale ?

Rédigé par marcass le 08 septembre 2014.

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colbertLa crise ukrainienne montre un peu plus chaque jour, comme la France a des difficultés à faire entendre sa voix ! Heureusement dans ce monde devenu « village global », la production culturelle reste un élément déterminant du softpower, et notre pays dispose encore de vrais atouts. Et si le miracle économique commençait simplement par  la volonté de soutenir nos entreprises pour les faire exister sur la scène internationale ? Les exemples de Vivendi, Hachette, ou PriceMinister ne nous prouveront pas le contraire !

Un champion pour l’Europe ?

Pendant que Manuel Valls est applaudi au MEDEF, les entreprises françaises qui souhaitent développer leur activité en Russie sont vilipendées de manière “caricaturale” selon Thomas Gomart, chercheur à l’Institut français de relations internationales (Ifri). C’est dans dans ce climat de skizophrénie, que les groupes français doivent réfléchir à leur avenir. Une réflexion qui a été menée notamment par Jean-René Fourtou à Vivendi et qui devrait être prolongée par Vincent Bolloré. Avec la réorientation des deux stratèges vers les contenus, la structure s’est retrouvée à flot, avec d’importantes réserves de liquidités, et équilibrée autour de Canal + et d’Universal Music. Une chance pour la France, même si dans ce secteur des médias la compétition est rude, prévient Terra Nova qui redécouvre la dimension brutale de la mondialisation ! Frédéric Martel, explique ainsi que « dans les flux de contenus internationaux, un géant exporte massivement partout ses contenus : les Etats-Unis avec environ 50 % des exportations mondiales »

En ordre de bataille, Vivendi peut désormais se tourner vers de nouveaux horizons, à la conquête de positions dominantes en Europe pour redonner une voix et une image au pays… Dans la tranchée numérique d’en face, rien moins qu’une multinationale comme Disney, qui collaborait en 2006 déjà avec les studios Pixar de Steeve Jobs. Afin d’atteindre une taille critique, la firme française a notamment entamé des discussions avec les espagnols de Telefonica, et Telecom Italia, en réfléchissant à des « propositions de partenariat dans les contenus ». Dans le village globale de la mondialisation, il est parfois bon de compter sur ses entreprises pour diffuser ses valeurs, une des missions premières des groupes médiatiques.

Surtout qu’au niveau européen, Bertelsmann subit les contre-coups de la crise des dernières années, notamment avec la perte de ses recettes publicitaires pour le RTL Group et la chaîne de télévision M6. Avec cette conjoncture doublement favorable, Vivendi est en passe de se transformer en champion des médias en Europe, bientôt l’imagination au pouvoir ?

Un colbertisme moderne

Pourtant, la vie des entreprises dans la France contemporaine est directement affectée par la concurrence étrangère. On voit par exemple le groupe Hachette en appeler à la protection de ses auteurs face à l’agression tarifaire d’Amazon ; mais on aurait pu citer  de même PriceMinister, la société fondée par Pierre Kosciusko-Morizet, rachetée finalement par un groupe japonais. Pour survivre dans la mondialisation, l’Histoire nous enseigne que l’industrie doit pouvoir s’appuyer sur la figure tutélaire de l’Etat !

A cette fin existe aujourd’hui l’Agence des Participation de l’Etat (APE), une structure que vient d’intégrer un ancien collaborateur de la maison Vivendi, Régis Turrini. Une proximité qui pourrait se révéler utile pour développer un capitalisme d’Etat crédible et efficace. C’est en tissant des liens entre le secteur privé et le secteur public, que les meilleures collaborations pourront aboutir à de vraies opportunités, tant pour les entreprises que pour les pays qui se renforceront mutuellement. En effet, l’Etat n’est pas encore totalement devenu “une unité opérationnelle artificielle”, et inversement, une puissance d’abord économique ne correspond pas entièrement à une nation sans un minimum de storytelling. Par ailleurs, d’autres solutions existent pour mieux positionner les industries culturelles ; ces dernières pourraient par exemple se rapprocher du Comité Colbert, un interlocuteur privilégié auprès des pouvoirs publics en France, en Europe et dans le monde.

Le génie français doit donc pouvoir continuer à s’exprimer dans les arts et les lettres, tout en s’adaptant aux codages numériques modernes, pour mieux se diffuser autour du globe. Pour s’en persuader, il suffit de se répéter que le renoncement d’Arnaud Montebourg ne doit pas dissimuler l’existence d’une politique économique alternative à la sociale-démocratie de F. Hollande. L’avenir se compose aujourd’hui, mais encore faut-il vouloir en être acteur…

 

Déjà 2 remarques sur cet article

  1. minable mais digne dit :

    Je vis a l’etranger depuis plusieurs annees pour raisons professinnelles.

    Franchement, il n’y a qu’en France que l’on pense etre un grand pays essentiel a la marche du monde.

    Vu de l’exterieur, on ne parle du pays que pour se foutre de la gueule du president francais et de ses frasques amoureuses. Point.

    Politiquement, dans les medias d’ou je vis, c’est Merkel qui dirige l’Europe. Tout est dit.

  2. Daniel pilotte dit :

    Depuis qu hollande a été élu président la culture française au niveau international est en baisse alors qu avant avec l ancien président Nicolas Sarkozy la culture française était d une renommée mondiale .

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