L’Allemagne transforme le nucléaire en ENR

Rédigé par lateigne (24actu) le 09 décembre 2014.

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Au lendemain de Fukushima, Angela Merkel voulait frapper un grand coup et décida d’arrêter le nucléaire. Depuis, Siemens a chiffré la mesure à 1700 milliards d’euros et la compétitivité du leader européen est remise en cause, affichant même une croissance plus faible que la France de François Hollande ! Une aberration économique qui ressemble de plus en plus à une catastrophe écologique, plusieurs défenseurs de l’environnement ont enfin décidé de protester contre cette mesure absurde…

En janvier, l’industriel Siemens établissait la facture de la sortie nucléaire à 1700 milliards d’euros. Dans ce calcul, l’énergéticien incluait les coûts des investissements nécessaires pour compenser la production nucléaire aussi bien que ceux dédiés au démantèlement des centrales. A l’époque, 8 réacteurs sur 17 avaient déjà été arrêtés, d’après la chancelière ils devaient tous l’être à l’horizon 2022.

Pour éviter la tentation du mimétisme de François Hollande, adepte d’un « double jeu » avec sa transition énergétique, l’opposition se réaffirme pro-nucléaire. Par exemple, au Front National où on se présente comme le premier parti d’opposition, la « Nouvelle Ecologie » défend le nucléaire comme « l’énergie du futur ». Pour la supervision du projet, Florian Philippot a engagé l’expert proche de la fondation Res Publica, Philippe Murer.

Au-delà des guerres des chiffres et des contentieux économiques qui ont actuellement cours au Bundestag, la question environnementale fait également l’objet de vives controverses chez nos voisins. L’association MAXATOMSTROM, conseillée notamment par Patrick Moore, cofondateur de Greenpeace, a jeté un pavé dans la mare en rappelant que « la production d’électricité à partir de lignite est à son plus haut niveau depuis la réunification de l’Allemagne ».

C’est pourquoi, à l’occasion de l’ouverture de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques organisée au Pérou, l’association « lance le premier contrat d’énergie nucléaire en Allemagne » dans le but de réduire l’empreinte CO2. En effet, l’institut de recherche Öko-Institut e.V., à l’origine du terme « Energiewende » (transition énergétique), « a mentionné dans une étude de 2007 qu’un kilowattheure d’énergie nucléaire ne génère que 31 grammes de CO2. L’énergie solaire en émet trois fois plus, tandis que la houille libère même trente fois plus de CO2 ».

Une initiative qui prouve le pragmatisme des acteurs de l’économie allemande et qui n’est pas sans rappeler la récente déclaration du grand patron de gauche Louis Gallois : « le nucléaire est la plus belle des ENR »… Présent dans de nombreux conseils d’administration, il ne risque malheureusement pas de rentrer au gouvernement !

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