Radicaux de gauche : le retour du laïcisme nauséeux

Rédigé par Xavier Laforge le 13 mars 2015.

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Les vieux démons du laïcisme à la française se réveillent pour affronter les démons nouveaux venus de l’islamisme. En effet, les radicaux de gauche déposent une proposition de loi qui prétend imposer «la neutralité religieuse» dans les structures éducatives privées subventionnées par l’État qui accueillent des mineurs de moins de 6 ans (crèches, centres de vacances, scoutisme…).

Si la laïcité était la neutralité, alors pourquoi avoir inventé un autre mot que «neutralité» ? Le mot «laïc, ou laïque» désigne à l’origine un chrétien qui n’appartient pas au clergé. La laïcité n’est donc pas la neutralité, mais la séparation de deux ordres : un ordre laïque (temporel) et un ordre religieux (spirituel), qui tout en étant séparés ne peuvent pas s’ignorer. Cette séparation des pouvoirs plonge dans la tradition politique française millénaire et ne doit rien à la république qui aurait plutôt eu tendance à la dévoyer par calcul idéologique et bassement politicien.

Une question récurrente est celle des «territoires» contrôlés par le pouvoir laïque. En France, nous avons vu depuis deux siècles un pouvoir laïque expulser manu militari l’Église Catholique des œuvres dont elle avait depuis le bas-moyen-âge pris l’initiative, singulièrement les écoles et les hôpitaux. La république prétendit même organiser le culte, puisque Maximilien de Robespierre fit la chasse aux prêtes pour instituer le culte de l’Être suprême, persécutions reprises par Emile Combes sous la IIIème république, non seulement contre les prêtres, religieux et religieuses, mais aussi contre les officiers catholiques de l’armée (affaire des fiches du général André).

Le pape Jean-Paul II faisait cette analyse : «La révolution française à la nature d’un schisme religieux, car à cette occasion, l’ennemie de la religion s’est elle-même donné le statut de la religion». Cette religion d’État s’est habillée de la laïcité, mais s’agissant d’une laïcité pervertie par une volonté totalitaire violente absolument pas neutre, ses détracteurs l’ont plus justement qualifiée de «laïcisme». L’Église Catholique, périodiquement confrontée aux persécutions religieuses consubstantielles à la république sous influence maçonnique, a souvent rappelé qu’en France, la laïcité aussi avait ses fondamentalistes encartés au grand orient de France.

Or, à l’occasion de cette proposition de loi, on comprend que le «territoire» visé par les radicaux de gauche est celui des esprits de la jeunesse musulmane de France qui grandit de plus en plus souvent à l’intérieur d’enclaves culturellement non-françaises, voire anti-françaises, parfois des «no gone zones» contrôlées par des imams désintégrateurs ou des mafias intégrales, où même les forces de l’ordre ne patrouillent plus sans risque d’agression.

Il est assez facile de faire le lien entre les attentats islamiques de janvier 2015, et la réaction laïciste des radicaux de gauche. Mais le passif en coups tordus de la laïcité à la française est tel, qu’il a ancré dans toutes les religions un réflexe de méfiance quasi-instinctif. Aussi, la proposition de loi qui entend imposer la neutralité religieuse dans les structures éducatives accueillant des enfants a soulevé l’unanimité des religions contre elle. Les réactions sont déjà vives.

Ainsi, Mgr Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France déclare sur un ton plutôt vif : «En minant ainsi peu à peu, insidieusement, notre modèle de laïcité, ce n’est pas un État laïque qu’on veut garantir, mais promouvoir une société vidée de toute référence religieuse. Nous ne pouvons l’accepter».

Plus surprenant, le président de l’Observatoire de la laïcité, Jean-Louis Bianco, a fortement critiqué la proposition de loi, accusant les radicaux de gauche de formuler une proposition qui figure dans le programme du Front national ! Mais l’Observatoire de la laïcité étant une maison de retraite dorée pour les vieux caciques du PS (Jean Glavany, Patrick Kessel…), tous ces vieux de la vieille essayent d’attirer l’attention sur eux en contredisant l’ex-conseiller élyséen de François Mitterrand. Laissons les radoter.

C’est pourquoi l’examen de la loi prévu à l’Assemblée Nationale, a été repoussé à la semaine du 11 mai 2015, c’est à dire après les élections départementales. Les frères ennemis Valls et Bartolone, en cheville avec Cazeneuve, ne souhaitent pas agiter des sujets qui fâchent au moment où le PS s’attend à perdre une grande partie de ses officines locales : conseils départementaux et leurs associations hyper-subventionnées de militants SOS-en-tous-genres, qui ont contribué à rendre la France peu à peu nauséeuse.

Déjà 4 remarques sur cet article

  1. Urbon dit :

    Porter le voile ou travailler dans une crèche, il va falloir choisir.

    Pour ce qui est des catholiques, je ne crois pas que cette proposition de loi change quoique ce soit. Ne nous voilons pas la face, si je puis dire.

    Dans notre culture, laïque, la place du religieux est discrète.

    Les musulmans, eux, ne l’entendent pas de cette façon. Pourquoi ?

    Deux raisons :

    Notre discours sur l’immigration incite les immigrés à se faire passer pour des victimes. Ils ont bien compris le système. Plus ils demanderont qu’on aménage le cadre culturel dans lequel nous vivons pour respecter les principes de l’Islam, plus nous leur refuserons, plus ils pourront se faire passer pour des victimes. C’est pour eux le moyen d’affirmer leur identité d’immigrés, de se différencier des français. En fait, ils sont tellement nombreux qu’ils ne veulent plus s’intégrer en suivant le modèle français. Ils veulent imposer leur propre modèle et faire de la France un pays d’immigrés.

    L’Islam est devenu dans le monde arabe aujourd’hui un moyen de contestation politique. Quelque soient les gouvernements en place, ils sont contestés. Il y a une sorte d’internationale islamique qui pousse à la révolution dans tous ces pays. La propagande religieuse franchit les barrière et bien sûr, arrive en France. Son message de déstabilisation y trouve un terrain favorable pour la raison précédente, comme je viens de l’expliquer.

    Et donc, on peut formuler l’équation, valable partout en Europe :

    Immigration + Islamisme = Émeutes.

    Il est peut être temps de de prendre la réalité en considération.

    Obliger les immigrés à respecter le modèle culturel français est impératif. Probablement, l’effet de ce type de mesure sur les populations immigrées ne sera pas celui escompté dans un premier temps. Ces populations vont probablement durcir leur position. Il faudra nous aussi nous endurcir un peu plus et faire le ménage dans les mosquées qui véhiculent un message politique. A force, nous gagnerons. Parce que nous sommes chez nous.

    Une fois le calme revenu, il sera toujours temps de lâcher prise… Si du moins la population l’exige, démocratiquement. Il y a beaucoup moins d’authentiques âmes charitables que de tartufes.

    Le problème n’est pas la religion, mais son détournement politique. Je ne crois pas qu’un vrai musulman vienne me contredire sur ce point. Faire de la politique n’est pas compatible avec le fait de mener une vie religieuse, dans l’Islam comme dans n’importe quelle religion.

    On a cependant un autre problème avec de nombreux gauchistes qui s’érigent en moralisateur religieux eux aussi.

    L’Humanisme est une religion sans clergé, sans temple, plus ou moins sans Dieu. Son Dieu, c’est l’Homme à venir, celui qui aura survécu au Progrès. Pour l’Humaniste, l’homme actuel est mauvais, l’Homme de demain sera bon. Au sens propre, les Humaniste ne font pas de politique. Ils font du social. Nous en avons la preuve tous les jours depuis qu’Hollande est au pouvoir. Ils ne font pas de politique donc, mais ils sont au pouvoir. C’est un comble. C’est leur façon de faire du prosélytisme. Pendant ce temps, ceux qui tirent les ficelles de l’économie doivent bien se marrer.

    Il tout aussi urgent de rétablir un vrai gouvernement et de dire les choses comme elles sont. Plus compliqué sera de nettoyer l’éducation, la culture et les médias de toute la propagande Humaniste, mais c’est faisable. Pour cela, nous aurons besoin aussi bien des catholiques que des bouddhistes, des juifs ou des musulmans… Mais pas des excités non plus, des religieux modérés qui entendent faire respecter un vrai modèle laïque. Concrètement, ce sont les francs-maçons qu’il va falloir remettre à leur place en leur rappelant qu’ils ne valent pas mieux que les autres.

    Une politique pragmatique, centrée sur les problèmes économiques, éloignée des idéologies, c’est ce que le peuple souhaite dans sa grande majorité.

  2. […] Radicaux de gauche : le retour du laïcisme nauséeux […]

  3. Arlequin et Colombine dit :

    Difficiles “jeux à trois” qui vont probablement devenir la règle en France entre laïcards-francmacs, catholiques et musulmans.

  4. daniel pilotte dit :

    Les radicaux de gauche des laicards anti-catholiques, anti-sionnistes, de surcroît un mouvement de franc-maçon pro musulmans qui prône les constructions de mosquées tout en voulant détruire et supprimer l’ensemble des autres lieux cultes, une aberration totalement scandaleuse.

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