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EPR de Flamanville : pourquoi ne pas soutenir l’industrie française ? 

Rédigé par observatoire de lenergie le 07 mai 2015.

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Flamanville-3_2010-07-15S’il est aisé de comprendre la position des associations antinucléaires, profitant de la moindre occasion pour affaiblir une filière industrielle pourtant primordiale pour l’économie et l’emploi en France, l’acharnement médiatique dont souffre ce projet industriel de première ordre et dont la France entière tirera profit, est pour moi un mystère. Il s’agit surement ici de tirer à boulets rouges sur les acteurs de l’industrie nucléaire française qui tentent tant bien que mal de redynamiser une économie en manque d’inspiration. Le savoir-faire industriel et technologique français que représente le chantier de l’EPR de Flamanville rencontre certes quelques difficultés mais la poursuite et la viabilité du projet n’ont jusqu’à ce jour jamais été remises en cause et rien ne sert dans ce cadre de l’enterrer trop vite, si ce n’est pour précipiter sa chute…
Or, l’EPR, réacteur nouvelle génération à la fois plus sûr et plus puissant, est plus que jamais d’actualité. Le chantier de Flamanville qui accusera certainement quelques retards supplémentaires, se poursuit en attendant dans des conditions de sécurité optimales. Les irrégularités relevées par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dans la composition des pièces tests du fond et du couvercle de la cuve du réacteur ne sont pas le résultat de malfaçons mais d’une simple évolution de la réglementation en matière de sûreté nucléaire.
En effet, si les caractéristiques de la cuve du réacteur Flamanville 3 échappent pour le moment aux nouvelles performances mécaniques spécifiées dans les réglementations relatives aux équipements sous pression nucléaire (ESPN), les processus industriels employés correspondent parfaitement aux spécifications mécaniques mises en œuvre et validées sur l’ensemble des réacteurs du parc nucléaire français. Des processus qui ont démontré leur robustesse à travers plus de 1700 années-réacteurs de bon fonctionnement.
Comme l’explique dans Les Echos Philippe Knoche, président du groupe Areva, “le couvercle et le fond de cuve ont été forgés il y a plus de cinq ans, en application de la réglementation de l’époque. Cette réglementation évoluant, les ingénieurs et les techniciens travaillent désormais à un programme d’essais complémentaires pour démontrer la conformité des équipements aux nouvelles exigences et apporter les justifications nécessaires”.
Les activités de production nucléaire font en effet l’objet de contrôles incessants extrêmement pointus et cela tout au long de la chaîne de production. Une volonté de sécurité maximale spécifique à la filière nucléaire et qui s’effectue dans une totale transparence, caractéristique d’une politique de sûreté nationale efficace.
Cela étant, il n’est pas question ici de nier l’évidence et d’ignorer les problèmes rencontrés par le chantier de l’EPR de Flamanville. On parle ici de nouvelles technologies appliquées dans un chantier hors-normes et comme tous projets industriels, des aléas et imprévus techniques étaient inévitables. “Ce sont des travaux extrêmement complexes (..) et comme dans tous les travaux industriels, même ceux menés en-dehors de la filière nucléaire, il y a des ajustements en cours de travaux. Il y a un complément d’examens, de tests qui vont avoir lieu, dont les résultats seront rendus publics à l’automne prochain, et ensuite les travaux reprendront”, précisait la ministre de l’Environnement, du Développement durable et de l’Energie, Ségolène Royale.
Le projet EPR de Flamanville, au même titre que les deux autres chantiers actuellement en cours en Finlande et en Chine, est inédit et ne profite pas à ce jour des retours d’expérience. Il s’adapte, tâtonne et innove pour faire de cette technologie un modèle du genre et une réponse décarbonée à une demande d’électricité en constante augmentation. Des enseignements dont devraient bénéficier le projet britannique d’Hinkley Point et permettre d’aboutir à terme à des réacteurs électronucléaires à la fois optimisés, sûrs et performants.

Déjà 5 remarques sur cet article

  1. STELLA dit :

    Beaucoup de bruit aussi pour la centrale nucléaire de Fessenheim. Pourtant pour cette centrale de gros investissement on été fait pour sa sécurité elle est optimisé pour plusieurs années encore. Ces histoires ce n’est que parce que le gouvernement souhaite les voix des écologistes. Donc toutes les décisions concernant le nucléaire traînent. De toute façon Fessenheim ne fermera pas et EPR Flamenville vivra.

  2. daniel pilotte dit :

    La socialie n’aime pas nôtre industrie française, la socialie préfère donner des centaines de millions d’euros aux pays étrangers ou pour aider les immigrés clandestins.

  3. Ami dit :

    Depuis le début du chantier les problèmes se sont succédés, la gestion du personnel intérimaire a été faite avec un montage complexe (société irlandaise d’interim faisant appel a une autre sociète chypriote pour recruter des personnes d’Europe de l’est parlant toutes sortes de langues…). Apres Fukushima de nouvelles contraintes ont été imposées. Il faut noter que les difficultés rencontrées en France l’ont été pareillement en Finlande; au point que les finlandais ont décidé de confier aux russes la construction de leurs nouveaux (futurs) réacteurs. Quant à la France on sait déjà que le courant produit coutera beaucoup plus cher que celui des centrales classiques, un prix tel que les énergies renouvelables deviennent compétitives (>éolien). Une technique nouvelle qui pour un m^me service rendu coute beaucoup plus cher que l’ancienne voila qui surprend et déroute.. Au royaume uni la perspective de devoir payer plus cher le courant produit suscite des réactions…

  4. JM33 dit :

    On peut quand même se montrer circonspect voire réservé devant la question du nucléaire. Ou est-ce en soi la preuve que l’on aime pas la France ? Question qui rejoint intimement celle de notre société de consommation qui ne vise qu’à une “croissance” sans fin. Et ne peut-on y associer l’idée de bonheur, à l’heure où nous n’avons le sentiment d’exister que si nous consommons ?
    L’industrie, d’accord, mais il y a des temps où la vision de l’homme évolue ne serait-ce qu’à cause des aberrations et des drames que ce besoin effréné de consommer provoque. Oui, il y a Fukushima, ça n’est pas rien cette histoire. Et nous savons par ailleurs que les déchets sont un problème quasi insoluble. De vraies épées de Damocles dont on semble vouloir ignorer les conséquences en se disant pour l’instant tout va bien, on verra plus tard.
    Je ne suis pas un ayatollah de la décroissance mais il est clair qu’il faudra un jour faire face à de tels problèmes que nous serons contraints (les générations futures dont on se soucie peu en réalité) de changer de mode de vie.

  5. JpB dit :

    Pour faire 30 ans de production électrique, laisser des déchets qu’on ne sait pas démanteler, pendant des millénaires pour certains, aux générations futures……..quand on réflechit un tant soit peu, il n’y a pas eu plus débile dans l’histoire de l’humanité !

    Et on peut très bien être de droite et le constater …..

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