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« Affaire de la chemise arrachée » à Air France : un conflit d’intérêts qui ne choque personne

Rédigé par notre équipe le 02 février 2016.

Nouveau rebondissement dans « l’affaire de la chemise arrachée » à Air France : jeudi 21 janvier dernier, l’inspection du travail a refusé le licenciement d’un délégué CGT de la compagnie, accusé par sa direction d’avoir attenté à l’intégrité physique du directeur des ressources humaines de l’entreprise, Xavier Broseta. Seul problème : l’inspectrice du travail chargée de l’affaire n’est autre que Caroline Morio, syndiquée depuis plusieurs années à SUD, un des syndicats qui soutient le salarié en question. Ah, conflit d’intérêts, quand tu nous tiens !

Rappel des faits : le 5 octobre dernier, la France entière découvre une vidéo diffusée sur Internet et filmée dans la journée en marge d’une réunion du comité central d’entreprise d’Air France. Cinq dirigeants de la compagnie aérienne tentent de se frayer un chemin parmi une foule de manifestants violents. L’un d’eux, Xavier Broseta, le DRH de la compagnie, a la chemise complètement déchirée et tente d’escalader un grillage pour échapper à ses assaillants. Un de ses gardes du corps en prend aussi pour son grade et se retrouvera plongé dans un bref coma artificiel quelques jours plus tard. Des images stupéfiantes qui ont depuis fait couler beaucoup d’encre et que la presse a sobrement appelé « l’affaire de la chemise arrachée ».

Sans surprise, la direction d’Air France a depuis mené l’enquête et lancé une procédure de licenciement pour faute lourde sur 5 employés. L’un d’eux bénéficie d’un statut protégé de délégué du personnel (CGT) et son renvoie doit donc d’abord être validé par l’inspection du travail. C’est là que l’affaire se corse.

Alors que la direction d’Air France reproche au salarié d’avoir « agressé un des vigiles en le poussant violemment, entraînant sa chute brutale, ainsi que celle de Monsieur Broseta et de l’autre vigile », l’inspectrice en charge de l’affaire, Caroline Morio, estime que les images diffusées à la France entière en octobre dernier ne permettent pas « de déduire la force de la poussée » et « qu’en conséquence son caractère violent ne peut être établi ». Elle va même plus loin, déclarant à propos du DRH qu’ « il est impossible de déterminer avec certitude » s’il « bouscule des salariés volontairement, ou s’il est lui-même chahuté ». Se serait-il aussi lui-même déchiré la chemise, croyant suivre une nouvelle mode chez les DRH ?

Les conclusions toutes personnelles de l’inspectrice du travail s’expliquent finalement très facilement. Manifestante avertie, notamment pour dénoncer les conséquences néfastes de la pression subie à son travail (ça ne nous rappelle rien…), elle est membre de l’Union syndicale Solidaires (SUD), un des 13 syndicats qui appellent régulièrement à la grève et à la manifestation en soutien aux salariés licenciés d’Air France dans « l’affaire de la chemise arrachée ». De là à dénoncer un conflit d’intérêts flagrant… Il n’y a qu’un tout petit pas que la logique nous fait franchir aisément.

Déjà 3 remarques sur cet article

  1. Muriel dit :

    La France est gangrénée par des gochos fonctionnaires ou quasi (hé oui, c’est plus sûr !) affiliés à des syndicats politisés, qui ne représentent qu’eux mêmes vu le peu d’adhérents, que ce soit dans la magistrature, dans l’enseignement, dans les sociétés publiques telles la Sncf, la Ratp, Air France, Edf, France telecom…. qui pourrissent la vie des français et ruinent la France.

    Et quand on pense que le rapport parlementaire Perruchot sur le financement scandaleux de ces syndicats a été enterré en catimini en 2011 par Sarko….

    Que disait il ?

    Que l Etat file 4 milliards/an ( presque l’équivalent du budget de l’enseignement supérieur ! ) à des syndicats qui ne regroupent que 8 % des salariés , qui en plus utilisent cet argent dans une gabegie totale….

  2. Bluesun dit :

    L’affaire de la chemise arrachée, vu de l’extérieur :

    Air France : 5.122 licenciements en 2012
    2.500 licenciements en 2013
    et décembre 2015 l’info est :
    ” 3.000 suppressions d’emplois prévus jusqu’en 2017…”

    Total des emplois perdus = 10.622
    ça vaut bien une chemise arrachée.

  3. Bluesun dit :

    Citation du jour :
    La meilleure façon de résoudre le chômage, c’est de travailler

    — Raymond Barre

    C’est justement ce que font nos politiques depuis 1981, ils travaillent à résoudre le chômage qu’ils pondent eux mêmes chaque jour. Problème c’est qu’à force de résoudre, ils confondent avec dissoudre….

    ce qui fait qu’en 1985 la France comptait 800.000 chômeurs
    en 1992 la France comptait 900.000 chômeurs

    En 2012 = 100.000 emplois perdus

    Printemps 2013 = la France perd 1.000 emplois jour.
    Hollande parle alors de retrouver le plein emploi fin 2013.

    Info du 28 janvier 2016 = 900.000 chômeurs de plus de 50 ans.

    A ce jour plus de 6 millions de chômeurs….

    Hollande lance un plan d’urgence pour l’emploi, le 18/01/2016

    Et oui, les élections de 2017 approchent, les mensonges poussent dans la bouche de nos politiques.

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