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Pyhäjoki, Hinkley Point, Moorside : les raisons de la prolifération atomique

Rédigé par notre équipe le 10 août 2016.

 

Que ce soit en Finlande, au Royaume-Uni, en chine, en Inde, en Russie ou au Brésil, le nucléaire apparaît aujourd’hui comme une réponse crédible aux grands enjeux énergétiques et environnementaux du 21ème siècle. Les projets de centrales nucléaires se sont accumulés ces dernières années avec l’objectif de répondre à l’augmentation de la consommation mondiale d’électricité tout en réduisant les émissions globales de gaz à effet de serre. 

« Nous cherchons de nouveaux contrats partout dans le monde »

Confrontés à l’urgence climatique, à l’augmentation des besoins en électricité et à la nécessité de réduire leur dépendance aux énergies fossiles, de nombreux Etats s’engagent aujourd’hui progressivement dans l’énergie nucléaire. En Europe, plusieurs réacteurs sont en construction ou en projet, et devraient renforcer dans les années à venir le poids de l’atome dans le mix énergétique de l’Union. On pense notamment aux six réacteurs actuellement en construction en France (Flamanville), en Roumanie (Cernavoda), en Slovaquie (Bohunice), et en Finlande (Olkiluoto), et à la douzaine de projets très avancés au Royaume-Uni (dont les projets d’Hinkley Point et de Moorside), en République tchèque, en Pologne, en Hongrie, en Roumanie, en Bulgarie, en Finlande (Pyhäjoki), en Suède et en Slovénie.

Avec 72 réacteurs nucléaires en construction et 160 à l’état de projet dans le monde, cette tendance est d’autant plus marquée à l’échelle internationale. L’énergie nucléaire séduit désormais de nombreux pays non membres de l’OCDE (Chine, Brésil, Inde, Afrique du Sud, etc.), à tel point que la capacité mondiale d’électricité d’origine nucléaire pourrait croître de près de 60 % d’ici à 2040 selon les chiffres de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA). Soutenus par la volonté d’exportation des puissances nucléaires historiques comme la Russie, les Etats-Unis, la France ou le Japon, et par la Chine (futur leader de la filière en nombre de réacteurs et de plus en plus active sur le marché mondial), d’autres nations pourraient même acquérir à terme la maîtrise de la technologie nucléaire et le cadre institutionnel adapté. Les Emirats arabes unis, la Pologne, la Turquie, et l’Arabie saoudite entre autres, sont aujourd’hui très ambitieux en la matière.

“Nous cherchons de nouveaux contrats partout dans le monde. Au Moyen-Orient : Jordanie, Emirats, Arabie saoudite. Mais surtout en Asie, en Inde et dans les pays d’Asie du Sud-Est cherchant à se doter de leur première centrale comme le Bangladesh ou le Vietnam ” expliquait récemment au journal les Echos Kirill Komarov, premier PDG adjoint de Rosatom, l’agence russe pour l’énergie nucléaire.

Une énergie adaptée aux enjeux actuels

L’évolution de l’énergie nucléaire et sa généralisation progressive sont révélatrices des défis auxquels nous sommes aujourd’hui confrontés. Le secteur électrique est responsable à lui seul d’un quart des émissions de gaz à effet de serre, et beaucoup de ces pays sont aujourd’hui de grands consommateurs d’énergies fossiles très polluantes et dangereuses pour la santé. Alors que l’urgence climatique devrait conduire à une réduction de ces émissions, celles-ci ont continué de croître en moyenne de 3 % par an depuis 1990. Les énergies carbonées (charbon, pétrole et gaz) représentent toujours deux tiers du mix de production mondial d’électricité, contre 32 % pour les énergies décarbonées (nucléaire, hydraulique, solaire, éolien …), et seule l’énergie nucléaire semble aujourd’hui disposer de toutes les qualités pour s’y substituer à moyen terme. Le nucléaire est en effet l’une des rares options disponibles à grande échelle qui permette de réduire les émissions de dioxyde de carbone.

D’autre part, si les énergies renouvelables sont bien sûr indispensables et doivent jouer le premier rôle dans la mise en place progressive d’un mix énergétique décarboné et respectueux de l’environnement, elles ne peuvent pas, au niveau actuel des technologies, fournir une quantité d’énergie suffisante pour garantir un approvisionnement stable et bon marché. Brian Molefe, dirigeant de l’Eskom, la société en charge de la fourniture de l’électricité en Afrique du Sud, connaît bien cette problématique et soutient pour cela son gouvernement dans l’adoption d’un nouveau plan de développement de l’énergie nucléaire.

“Certaines fois, il est important de confronter les faits plutôt que de se laisser aller à nos passions dans les discussions. Nous avons besoin d’une fourniture électrique de 35.000 MW tous les après-midis à 18 heures en Afrique du Sud. Mais quand cela survient, aucune centrale solaire ne fournit d’électricité à cette heure parce que le soleil est déjà couché. Je ne peux pas non plus garantir qu’il y aura assez de vent aujourd’hui à 18 heures pour nous aider lors du pic de la demande. Ce sont les faits auxquels je suis confronté tous les jours”, explique-t-il.

Bien que séduisante, l’idée que les énergies renouvelables puissent se substituer aux combustibles fossiles comme à l’énergie nucléaire ne résiste donc pas à l’épreuve des faits. L’exemple de l’Allemagne qui a largement recours aux énergies fossiles depuis son retrait du nucléaire, est là pour le rappeler.

 

Déjà 3 remarques sur cet article

  1. JpB dit :

    Bof le nucléaire….nouveau tchernobyle possible, déchets pour des milliers d’années, centrales qu’on ne sait pas démanteler….

    ET POURQUOI 24heuresactu N’EST PLUS RÉFÉRENCÉ PAR GOOGLE ?

  2. Titi dit :

    Article remarquable ! Qui ne parle pas de Fukishima, du coût de démantèlement des centrales nucléaires, de celui du retraitement des déchets.
    Bref un véritable travail d’information, je suis admiratif.

  3. Daniel PILOTTE dit :

    Article très intéressant seulement s’il n’y a pas de nucléaire il n’y aurait pas d’internet ni de réseaux sociaux les GAUCHISTES ne sont pas atomiques mais ils sont des pollueurs d’idées qui sont pas recyclables.

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