Le Maire joue au dur et montre son incompétence

Rédigé par notre équipe le 14 mars 2018.

Interviewé sur RTL ce mercredi matin, le ministre de l’Economie a tapé du poing sur la table et menacé les géants de l’Internet de dures représailles. Communément appelé GAFA, les Google et autres Apple vont devoir sortir leur carnet de chèques en réponse à des « pratiques commerciales abusives ». Bruno Le Maire hausse enfin le ton sauf qu’il met en place une stratégie perdante contre des multinationales déjà bien armées contre les petits cris stridents de politiciens en mal de résultats.

Dans notre société où la communication a pris le pas sur la politique réelle, il faut se soumettre de temps en temps à l’exercice du « trop, c’est trop ! l’Etat ne laissera pas passer ça ». Ce matin, c’est Bruno Le Maire qui s’est essayé à un exercice qu’il maîtrise sur le bout des doigts. Une longue carrière politique déjà derrière lui et des trahisons à la pelle lui ont permis d’occuper Bercy alors ce n’est pas un problème comme celui des GAFA qui va empêcher le ministre de tracer sa route. Sauf que le ministre aurait mieux fait de potasser ses dossiers avant de se ridiculiser. Heureusement que les chaînes d’info n’osent jamais attaquer les gardiens du temple jupitérien…

Plus de justice dans l’économie ?

Interrogé avec bienveillance par Elizabeth Martichoux sur son emploi du temps de ministre, Bruno Le Maire explique que ses milliers de kilomètres en avion à aller d’une conférence internationale à une autre, c’est « utile pour remettre de la justice dans l’économie ». Les crédules pensaient que l’Organisation Mondiale du Commerce s’en chargeait déjà, mais si Bruno et ses amis veulent bien donner un coup de main, alors pourquoi refuser leur aide ? Peut-être parce que le soutien de libéraux drogués à l’impôt sur les ménages a rarement porté de beaux fruits pour nos concitoyens…

Mais passons ! Bruno Le Maire est décidé et quand un ministre de l’Economie veut quelque chose, il l’obtient. Généralement, les demandes sont les mêmes : il faut plus d’impôts, de taxes, et d’amendes pour faire marcher la machine infernale d’un Etat gigantesque qui protège pourtant de moins en moins. Sans surprise donc, le ministre veut remplir les poches de son ministère et s’attaque pour une fois à des coupables plutôt qu’à des victimes : les GAFA. 

« Je vais assigner Google et Apple au tribunal ». La menace est sans appel. Les deux fers de lance du libéralisme américain tomberaient-ils enfin pour leur optimisation fiscale indécente ? Non, ce problème central sera réglé par l’Union européenne avant la fin de l’année selon les espoirs du ministre. La France préfère s’occuper de thèmes plus mineurs et d’attendre les directives de l’UE sur l’essentiel. En attendant que les GAFA payent peut-être un jour leurs impôts là où ils font des affaires, Bruno Le Maire part bille en tête dans la défense des développeurs.

Nez collé à sa fiche mal lue avant d’entrer sur le plateau, le ministre fait mine de s’insurger contre les « pratiques commerciales abusives » qui obligent les développeurs désireux de vendre leur application à Google ou Apple d’accepter le prix demandé par ces derniers… Un petit cours d’économie pour les nuls s’impose au ministre. Il s’agit là de la loi de l’offre et de la demande. Si un développeur n’est pas satisfait du prix proposé, il a la possibilité de négocier avec le potentiel acheteur et de refuser s’il trouve la somme trop faible… Le ministre de l’Economie ne comprend pas ce mécanisme pourtant enfantin et se perd plus encore dans des justifications oiseuses.

Si le ministre avait pris soin de lire ses fiches correctement (ou de recruter des rédacteurs qui comprennent de simples mécanismes) il saurait que les développeurs ne vendent pas leur application, mais la mettent à la disposition du public en échange d’une taxe prélevée par Google ou Apple. Une subtilité pas si petite qui échappe pourtant à la sagacité de l’ancien ministre de l’Agriculture (on ne peut pas être bon partout – certains sont toutefois mauvais dans tous les secteurs).

Enfin, pour bien souligner son incompréhension totale, Le Maire affirme que les données des utilisateurs sont toujours prélevées par les applications sans le consentement des personnes. Cela est strictement faux, car les applications qui transmettent les données sont obligées de demander l’autorisation aux utilisateurs… Tout cela vaut bien une taxe de plusieurs millions d’euros !

Bruno Le Maire ferait bien de s’occuper de l’optimisation fiscale plutôt que de dire à peu près n’importe quoi. Mais avec un ministre nul en économie et hors sujet en droit, les GAFA peuvent dormir tranquille contrairement à des Français qui ont été ratiboisés et qui n’ont plus qu’un matelas pour dormir.

Déjà une remarque sur cet article

  1. Thorel dit :

    À l’époque où il était ministre de l’agriculture du NAIN”il ne. Connaissait pas la superficie d’, 1 HA”!!!! C’est la prison, (Ferme) qu’il faut pour ces sortes d’usurpateurs, d’escrocs, de gangsters de haut vol !!!!

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