Opposition à Linky : tout est permis !

Rédigé par notre équipe le 19 mars 2018.

L’opposition à Linky ne semble connaître aucune limite. En témoignent les menaces et violences subies par les installateurs des fameux compteurs communicants en Bretagne et dans le Puy-de-Dôme, l’année passée. Ces dérapages, de plus en plus fréquents, sont vraisemblablement encouragés — ou du moins permis — par les leaders de cette fronde, Stéphane Lhomme et Annie Lobé en tête.

Le 16 janvier dernier, au tribunal correctionnel de Rennes, comparaissaient cinq hommes, tous habitants du village de Paimpont, en Bretagne. La raison ? Le 15 février 2017, ces derniers avaient tendu « un véritable guet-apens », selon les mots de la Procureure de la République, à un technicien chargé d’installer les nouveaux compteurs communicants Linky.

Les cinq individus en question étaient prêts à en découdre, si le technicien n’obtempérait pas : « l’un d’eux portait une arbalète à la main. Un autre, une pierre qu’il a placé derrière la roue du véhicule », rapporte Ouest France. Toujours en 2017, le 4 juillet cette fois, à Riom (Puy-de-Dôme), deux techniciens d’Oti France — une des sociétés en charge de l’installation des nouveaux compteurs — s’étaient quant à eux retrouvés face à un sexagénaire armé d’un fusil à pompes qui les menaçait de mort.

Arbalète, fusil à pompe… Les anti-Linky n’hésitent plus à user de violence pour entraver le déploiement des compteurs nouvelle génération. Une triste réalité qui semble s’expliquer par les « consignes » données par les différents leaders de cette fronde et par leur comportement.

« Self-défense, sprays lacrymogènes »

Au cours de ses conférences, Stéphane Lhomme, la figure de proue des anti-Linky, ne cesse de clamer à ses partisans qu’ils doivent tout faire pour empêcher la pose des compteurs Linky à leur domicile, et pour ça, le militant donne plusieurs conseils : « barricader les anciens compteurs », « ne pas laisser les techniciens entrer chez soi », etc. Et, en aparté, après l’une de ses interventions, ce dernier affirme que les poseurs Linky « peuvent être violents » et lorsque l’un de ses adeptes lui réplique : « je vais les accueillir avec un coup de 12, ça va leur faire tout drôle ! »  Le leader des anti-Linky se contente de sourire…

Un comportement qui pourrait en choquer plus d’un, mais qui est encouragé par Stéphane Lhomme lui-même : « avis à la population de France : attention, les miliciens envoyés par Enedis pour vous infliger le compteur malfaisant Linky se livrent aux pires exactions, alors préparez-vous : self-défense, sprays lacrymogènes, enregistrements vidéo, etc. », clame le frondeur sur son compte Twitter.

Dans un autre registre, Annie Lobé, militante anti-Linky, a, elle aussi, quelque peu dérapé sur son site internet : en avril 2017, cette dernière publie un document de 20 pages, intitulé « Liberté de ne pas être épié 2.0 », dans lequel elle dresse son classement des candidats à l’élection présidentielle 2017 en fonction de leur positionnement sur le compteur Linky.

Dans son exposé, Annie Lobé dénonce le programme Linky comme étant « un programme totalitaire », destiné à déployer des objets connectés qui « bavardent à chaque instant à notre propos et mouchardent sur ce qu’ils auront vu et entendu de nous ». Une théorie du complot qui se termine en point Godwin : passant en revue le programme de Marine Le Pen, la militante explique ainsi, sûre d’elle, que le Front National « continuera le déploiement de Linky, parce qu’il en a besoin pour trier les “bons” et les “mauvais” ». Avant de rajouter : « si Hitler avait disposé du Linky, il n’aurait pas perdu la guerre »…

Avec des leaders qui se plaisent à franchir les limites de la morale, ce n’est pas étonnant d’assister à une escalade de violences au sein de l’opposition aux compteurs communicants. À tel point que les arguments avancés par les détracteurs de Linky — aussi pertinents soient-ils — perdent en crédibilité.

L. Husser

Déjà 2 remarques sur cet article

  1. Bluesun dit :

    Sans doute normal ?

    Réponse du berger à la bergère.

    Quand ce sont les installateurs de Linky qui agressent, qui frappent, et que malgré les plaintes déposées par les citoyens personne ne mouftent, force est alors de constater que les citoyens doivent alors, se défendre eux mêmes.

    Faire aussi entendre qu’ils ne veulent pas de cette mélasse porteuse d’énormes inconvénients et soucis.

    Les citoyens, se trouvent dans l’obligation de manger ladite mélasse de gré ou de force.

    Si démocratie, charbonnier est encore maître chez lui…?

    Qu’ils se le mangent eux mêmes leurs compteurs, les pondeurs et installateurs de Linky.

    Qu’ils prennent déjà en charge les dégâts que pondent leur appareil, avant d’aller en poser d’autres.

  2. marre dit :

    Un détail qui n’est jamais cité pour ces compteurs, c’est que ce n’est plus le disjoncteur habituel qui coupe le courant mais le compteur lui même.
    Un point anodin pour ceux dont l’appareil est a l’intérieur du logement mais pouvant être extrêmement gênant lorsqu’il est à l’extérieur, souvent assez loin de l’habitation.
    C’est une dégradation importante du service, en particulier si on a un abonnement un peu limite car, le simple démarrage d’un appareil peut faire couper le compteur qui n’a (volontairement ?) aucune tolérance contrairement aux disjoncteurs électromécaniques.
    Par ailleurs, il n’y a aucun services supplémentaire proposé pour “optimiser” sa consommation et, s’ils existent un jour, ils seront très certainement payants.

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