Bruno Le Maire, nouveau dictateur italien ?

Rédigé par notre équipe le 21 mai 2018.

L’Italie est connue pour son instabilité politique. Les élections législatives mènent à des tractations sans fin et quand un Gouvernement est finalement formé, il éclate rapidement obligeant les électeurs italiens à revenir dans les bureaux de vote. Rien n’a changé sauf que deux partis, jugés extrêmes par les bien-pensants, ont réussi à s’allier. S’en est trop pour Bruno Le Maire qui menace de son ministère (pas moral celui-là). Le traitre de service se verrait-il en dictateur de toute l’Italie conquise ?  

Au temps de la République de Rome, un dictateur pouvait être appelé pour prendre les pleins pouvoirs afin de mettre fin à une période de grands troubles. Peut-être sorti de ses fiches d’allemand, Bruno Le Maire se verrait bien renouer avec l’histoire antique et sauver l’Italie du naufrage. Car pour ceux qui ne l’avaient pas remarqué, les Italiens ont « mal voté » et se retrouvent avec une coalition pas du tout pro-européenne. Il y a casus belli et Le Maire n’a pas hésité à rappeler à l’ordre des Italiens tenus de se soumettre aux diktats bruxellois.

Le capo dictateur ?

Le capo, c’est le chef en italien. Loin de nous l’idée d’imaginer autre chose même si les références de Bruno Le Maire sont plus à chercher outre-Rhin que de l’autre côté des Alpes. En effet, le ministre de l’économie reçoit ses ordres directement de Berlin. Le traitre qui a rejoint Macron juste pour continuer à exister quelques années, a le droit de toucher un beau salaire et tous les à-côtés qui vont avec la vie de ministre tant qu’il suit la feuille de route allemande. Pas trop de déficit, faire semblant de s’attaquer à la dette et surtout libéraliser à tout va l’économie.

Le Maire a bien compris sa mission et la remplit avec un zèle si particulier qu’il s’en prend même au nouveau Gouvernement italien pour l’avertir. Interdiction de mener une politique qui n’est pas autorisée par les marionnettistes de Bruno. « Si le nouveau gouvernement prenait le risque de ne pas respecter ses engagements sur la dette, le déficit, mais aussi l’assainissement des banques, c’est toute la stabilité financière de la zone euro qui serait menacée ». Une déclaration du ministre français qui n’est rien d’autre qu’une ingérence immonde dans la vie politique italienne. A entendre Le Maire, on dirait que les Italiens sont mis sous tutelle. Pas assez matures pour voter pour les bons partis (les pros européens qui ont menti sur tout depuis tant d’années), les Italiens doivent être encadrés (et recadrés) par les bons élèves européens.

Mais l’enthousiasme de Le Maire lui fait oublier que la France fait toujours partie des mauvais élèves de l’UE. Son incapacité systémique à se libérer des déficits et a fortiori de la dette a dû échapper à notre ministre. Un enthousiasme qui a aussi fait oublier à Le Maire qu’il n’était pas Italien et que sa haine des partis patriotes ne l’autorisait pas à décider en lieu et place d’un pays souverain. Matteo Salvini, le leader de la Ligue du Nord a renvoyé Le Maire dans les cordes : « Un ministre français “avertit” le futur gouvernement : ne changez rien ou il y aura des problèmes. Encore une invasion de terrain inacceptable. Je n’ai pas demandé les votes et la confiance pour continuer sur la route de la pauvreté, de la précarité et de l’immigration : les Italiens d’abord ! ».

La différence entre les deux discours est flagrante. Notre mauvais génie français gavé d’Europe libérale plaide pour une mise au pas de la démocratie sous prétexte de stabilité budgétaire tandis que le chef de parti italien fait passer l’intérêt de ses concitoyens en premier. La déchéance des hommes politiques français est arrivée à un niveau dramatique. Malgré tous ses défauts, l’Italie, elle, a encore une chance de s’en sortir.

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