Italie, Brexit… Le système résiste à la démocratie

Rédigé par notre équipe le 29 mai 2018.

Le système serait-il devenu invincible ? Les dernières heures montrent que malgré le vote des peuples et le respect des règles démocratiques, la volonté populaire ne peut finalement pas prendre le pouvoir. L’impossibilité de former un Gouvernement en Italie constitue un exemple terrifiant d’une démocratie incapable de se livrer à sa majorité. Quant au Brexit, il pourrait être reculé à 2023… Le système joue sur tous les tableaux et c’est la démocratie qui fait grise mine.

La France n’a d’yeux que pour Mamoudou Gassama, l’homme qui n’a pas hésité à risquer sa vie pour sauver un enfant en passe de tomber d’un balcon. La vidéo du sauvetage a fait le tour du monde et le jeune malien arrivé illégalement en France a eu le « privilège » de rencontrer Macron à l’Elysée avant de bénéficier prochainement d’une naturalisation express. L’histoire fait vendre et permet d’entonner le refrain habituel : les immigrés sont une chance pour la France. D’un fait héroïque, les gauchistes entendent justifier une politique dévastatrice. En attendant, les vrais problèmes passent à la trappe.

Où est la démocratie ?

Vit-on encore en démocratie ? C’est une des questions essentielles que les médias amateurs d’images spectaculaires n’entendent pas poser. Réfléchir et parvenir à des conclusions dérangeantes ne fait pas exploser l’audimat. Les vidéos amateurs de sauvetage non plus, mais elles permettent au moins de s’extasier, c’est à-dire de nourrir le vide intellectuel dans lequel se complaisent les journalistes. L’Italie ? Rien de nouveau sous le soleil. Le pays n’a toujours pas de Gouvernement. Une habitude de l’autre côté des Alpes…

Sauf que cette fois-ci la coalition n’a pas réussi à prendre le pouvoir, car elle n’était pas de la bonne couleur politique. L’alliance du Mouvement 5 étoiles et de la Ligue constitue le cauchemar absolu de nos gouvernants. D’ailleurs Bruno Le Maire ne s’était pas privé de menacer les Italiens en bon Cerbère du système qu’il est. Mais l’inutile Bruno peut respirer, car la coalition menée par Giuseppe Conte – un non professionnel de la politique – n’a jamais pu prendre les rênes du pouvoir à cause d’un président italien vendu à la cause euro-libérale.

Dans le système italien, le président doit approuver les ministres un à un. Une formalité qui s’est transformée en un déni de démocratie. Tous les ministres sont passés entre les fourches caudines du président sauf Paolo Savono, pressenti à l’Economie. L’homme aurait-il été pris en défaut de compétence comme cela aurait dû l’être en France pour la plupart de nos ministres ? Non, Savono a fait preuve de ses qualités en matières d’économie, mais il a le vilain défaut d’être eurosceptique et explicitement contre l’euro.

Il n’en fallait pas plus pour que le système se braque. Le président italien refuse cette nomination et condamne la coalition à trouver un remplaçant beaucoup plus proche des idées bruxelloises. Les leaders de la Ligue et du Mouvement 5 étoiles n’ont pas perdu leur dignité et ont décidé de ne pas se soumettre à ce diktat. Une décision qui les honore, mais dont profite le système qui n’a plus peur de rien. Les électeurs ont clairement marqué leur préférence pour des partis anti-systèmes alors en attendant des élections dans six mois, ce sera un pur produit du FMI et du libéralisme qui prendra la tête du pays. Carlo Cottarelli – c’est son nom – sera certainement en charge d’un « gouvernement technique », une belle expression pour dire « eurocrate ». Un coup de maître du système qui balance ainsi la démocratie tout en préservant les apparences.

Si cette mise à mort de la démocratie italienne est trop compliquée pour être comprise et dénoncée dans les médias, que penser du Brexit ? Le retour tant espéré à l’indépendance devra encore attendre. Après une date butoir renvoyée au 31 décembre 2020, le gouvernement britannique a décidé que le Brexit n’interviendrait qu’en 2023… Peu importe les raisons avancées et que cette décision n’est fait l’objet d’aucune annonce officielle. Il faut renier la démocratie tout en préservant là aussi les apparences. Sous prétexte de négocier, on refuse au peuple britannique son retour à l’indépendance. Et d’ici à 2023, d’autres raisons auront été trouvées pour continuer à s’attacher ad vitam aeternam à Bruxelles…

La France a fait la douloureuse expérience du déni de démocratie avec le referendum européen bafoué. Nos voisins – via des techniques différentes – plongent la tête la première dans une dictature qui ne dit pas son nom. Cela n’est toutefois pas suffisant pour soulever des problèmes de fond. Les images d’un enfant sauvé sont bien plus importantes. Celui qui veut comprendre le monde aura déjà atteint sa télévision.

Laisser un commentaire