Une campagne louche pour une présidence propre ?

Rédigé par notre équipe le 09 juin 2018.

Macron connaît bien l'argent

Emmanuel Macron avait bluffé son monde pendant la campagne présidentielle. Parti comme un Gavroche, il franchit triomphalement les portes de l’Elysée à la tête d’une armée de votants et les poches pleines d’argent. Oh rien d’illégal ! Rassurons le bon peuple ! Les dons et les ristournes ont permis à ce novice de la politique de mener une opération éclair vers le pouvoir. Pourtant, les questions s’accumulent et la probité du président commence à en prendre sérieusement un coup. Un crève-cœur pour tous les innocents qui ont cru un jour à la belle musique macronienne.

A faire croire qu’un homme du sérail venait de nulle part pour libérer la France de ses chaînes, les journalistes ont fini par demander à Macron comment il faisait pour financer sa croisade contre les forces du mal. Pas à un mensonge près (c’est une campagne présidentielle après tout), Macron rassure fin mars 2017 : « Comment ma campagne est financée? Par des dons de personnes physiques. Entre 1 et 7500 euros. (…) Ce sont plus de 32 000 personnes qui ont donné. Le don moyen, c’est 50 euros ». Les Français ont compris que leur salut passait par une cure administrée par le docteur Macron. Ils sont donc des dizaines de milliers à avoir donné de l’argent malgré la conjoncture (socialo-macroniste) bien difficile.

Dons et ristournes : la potion magique macronienne

Sauf que les Macronleaks (qui viennent peut-être d’arriver seulement maintenant sur le bureau des journalistes de L’Obs) révèlent tout autre chose. Le 8 mars, soit deux semaines avant cette réponse du candidat Macron, son équipe de campagne se demande s’il faut dire la vérité ou non aux Français. Sans surprise, c’est un gros mensonge qui est décidé bien rapidement… La moralisation de la vie publique était déjà en marche ! A cette époque le mouvement avait déjà recueilli 9,3 millions d’euros de dons. Sibeth Ndiaye, hashtag « Yes, la meuf est dead » en parlant de Simone Veil, confirme alors à Benjamin Griveaux qu’il faut annoncer 8 millions d’euros et non pas 9,3 millions. D’habitude les gens aiment montrer et dire qu’ils sont plus riches qu’ils ne le sont vraiment. Avec l’équipe Macron c’est tout le contraire… Etrange, surtout pour un banquier venu de Rothschild.

Trois semaines plus tard, on continue les mensonges mais à un degré supérieur. Là il faut dire que les dons ont rapporté 10 millions d’euros, puis en fait 9 millions. La réalité est à 11 millions. Lobotomisés, des dizaines de milliers de Français ont donc fait des dons dont la valeur moyenne est de 250 euros et non pas 50 euros comme l’a affirmé Macron. Une avant-garde pro-libérale qui a bien pourvu son poulain lequel n’en avait certainement pas besoin au regard des ristournes extraordinaires dont il a bénéficié tout au long de sa campagne.

L’affaire des ristournes est enfin sortie un an après la prise du pouvoir de l’équipe aux méthodes décrites plus haut. La presse commence à s’étonner des rabais, offres exceptionnelles et autres réductions inimaginables accordées par des sociétés et salles aux quatre coins de la France. Une affaire dont seule la partie émergée a été traitée (pas judiciairement, cela va de soi). Mais en grattant un peu, on commence à comprendre l’ampleur d’un phénomène qui ne sent vraiment pas bon… En Marche a bénéficié de très nombreux rabais notamment des salles louées à des prix modiques lesquelles appartenaient parfois à des soutiens affichés du candidat… Des milliers et des milliers d’euros épargnés sans que la Commission des comptes de campagne ne juge utile de s’y intéresser.

A quoi sert la Commission des comptes de campagne si ce machin valide n’importe quelle facture même les plus tordues ? Le but de cette Commission est de dire que notre démocratie fonctionne sainement et pour cela elle fracasse de temps en temps un candidat histoire de montrer son intransigeance. Une intransigeance à géométrie variable puisqu’une même salle louée par Macron quatre fois moins chère qu’au candidat Hamon ne choque aucun de ses membres. Un autre meeting avec plus de 50 % de remises ? Pas de souci même si cette même Commission avait caché il y a quelques semaines son manque de travail en affirmant qu’une remise normale se situait entre 20 % et 30 %. Les textes de cette même Commission précisent qu’une remise maximale doit être entre 15 % et 20 %… A géométrie variable, on vous dit !

Où commence le mensonge ? Où commence l’incompétence ? Il est bien difficile de démêler les fils, mais l’impression laissée est terrible. Pour la macronie dont les mensonges commencent à sortir. Pour la Commission électorale qui a des allures de Commission d’un régime bananier. Pour une démocratie qui à force de s’enfoncer dans le déni et les mensonges est en train de mourir sans même lutter.

Déjà une remarque sur cet article

  1. Bluesun dit :

    “Campagne louche pour une présidence propre” ?

    On dit : qu’il n’est homme si sale en politique que celui qui est propre à tout.

    Effet poudre de perlimpinpin, semble en fin de DESTRUCTION….

    le fragile voile d’optimisme qui enveloppait la France « d’en haut ». La colère populaire, refoulée durant 37 années a trouvé à s’exprimer dans un vote “En Marche” au goût amer de jeunisme.

    En cherchant des poux dans la tête des autres candidats, les fouilles mélasses “oublient” de fouiller la tête de celui qui se dit novice. Ce qui fait qu’aucune question dérangeante ne se pose pour celui qui doit prendre place.

    LE SANG NEUF MACRON.
    Pour mieux tromper, il fallait qu’il plaise….

    A peine un an au pouvoir, que le vernis du novice craque, et que la poudre de perlimpinpin n’amuse plus. L’invisible, rendu visible, la France ouvre enfin les yeux…

    “Quand il devient nécessaire divulguer ce qui était “caché”, c’est parce qu’il est déjà trop tard !”

    Car , Le “sang neuf” fessier vissé sur le fauteuil, est à présent intouchable….

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