Macron, le retour de l’écologie à la papa ?

Rédigé par notre équipe le 09 juillet 2018.

Europacity Macron Hulot

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Ce lundi, le Président de la République réunissait les parlementaires à Versailles pour une allocution politique et médiatique. L’occasion pour le chef de l’État d’essayer de redonner un second souffle à son quinquennat. Mais le grand raout républicain n’a pas été l’occasion pour le chef de l’État de s’étendre sur sa politique en matière d’écologie. Et pour cause : entre ses discours à la tribune et les déclarations sur Europacity de son ministre de l’Ecologie Nicolas Hulot, on s’y perd un peu.

« Je crois à ce volontarisme qui n’est pas un dirigisme, mais qui consiste à rappeler à nos entreprises qu’elles viennent de quelque part, et que nos territoires sont aussi leur avenir, contre ceux qui pensaient qu’il fallait choisir entre croissance et transition écologique ». Devant les parlementaires réunis en Congrès à Versailles, Emmanuel Macron s’est contenté du service minimum. Une seule déclaration, pour annoncer que le développement économique ne se ferait pas au détriment de la protection de l’environnement, et vice versa.

Une prise de position en cohérence avec sa campagne, mais contredite par l’actualité de son ministère de la « Transition écologique et solidaire ». En effet, depuis plusieurs semaines, les totems et les tabous de la politique française en matière d’environnement refont surface : mépris pour le secteur privé, sanctions et réglementations à tout crin… En chute dans les sondages (32 % d’opinions favorables en juillet, six points de moins qu’au mois précédent), le chef de l’État serait bien inspiré de révolutionner aussi la manière dont on conduit une politique écologique en France. Quitte à marginaliser « le vieux monde », comme il aime tant à le rappeler.

Critiquer Europacity ou le retour de l’écologie punitive

Interrogé à propos du projet Europacity sur Europe 1 jeudi dernier, Nicolas Hulot a répondu sans ambages : c’est une « folie des grandeurs » « dont il ne veut plus ». Un message décevant envoyé à ceux qui espéraient que le quinquennat d’Emmanuel Macron allait rompre avec cette vision surannée de l’écologie. Car voilà près de quatre décennies que l’État, les communes et les régions se refusent à laisser la main au secteur privé. L’Histoire a pourtant démontré que les entreprises, bien encadrées, sont souvent bien plus efficaces, avec une meilleure gestion des ressources et une capacité à innover bien supérieure à la sphère publique. L’écologie ne déroge pas à la règle.

Depuis 2008, le gouvernement a chargé le groupe Auchan d’aménager 300 hectares dans le triangle de Gonesse, une friche du nord de Paris, entre plusieurs quartiers difficiles et deux autoroutes. Résultat ? Un projet titanesque, une véritable « ville nouvelle » avec des dizaines d’hôtels, un parc, des galeries marchandes, une ferme urbaine, un musée, un centre nautique… Le tout en « smart city », une ville connectée, pour optimiser la consommation énergétique et les transports. Un projet ultramoderne, qui mise justement sur l’écologie comme argument : ferme en circuits courts, parcs naturels, toits végétalisés… Le chantier Europacity doit commencer dans les prochains mois, pour être achevé d’ici 2024. Une vision de l’écologie qui repose sur la création et l’initiative, aux antipodes de celle prônée jusqu’ici par les pouvoirs publics, misant sur la conservation et la sanction.

Évidemment pour l’instant, l’État continue de soutenir le projet. Mais par idéologie, le très médiatique ministre menace de faire capoter une proposition innovante, et surtout, créatrice d’emplois. Près de 10 000 postes pourraient être créées par Europacity, une véritable aubaine pour les quartiers environnants. Dans ces conditions, comment l’exécutif pourrait-il renouer avec les milieux populaires ?

De la même manière, le nouveau plan « biodiversité » du gouvernement s’est fixé un objectif de « zéro artificialisation nette des sols » : en clair, moins de construction.  Une mesure qui a de grandes chances de gripper l’édification de nouvelles maisons individuelles et qui ne manquera pas de faire exploser le prix des loyers. Une fois encore, la conservation l’emporte sur l’innovation, au détriment des classes populaires. Pourquoi ne pas proposer de véritables mesures incitatives pour créer une émulation dans le secteur de la construction, pour accélérer l’apparition de bâtiment 100 % écologiques ou pour imaginer les surfaces agricoles de demain, intégrées à notre tissu urbain ?

Une fois n’est pas coutume, les prétendus « progressistes » se contentent de conserver, un immobilisme dont les classes moyennes et les milieux populaires paient le prix fort. Emmanuel Macron, en quête d’un second souffle, serait bien inspiré de puiser dans sa rhétorique de campagne sur les questions environnementales, lui qui promettait de donner à l’inventivité, à la prise de risque et à la société civile une nouvelle place en France.

Déjà 2 remarques sur cet article

  1. Bluesun dit :

    Ils nous bassinent avec leur écologie…

    A peine L’humain s’envoie en l’air, que tout l’espace est déjà pollué.
    Les déchets nucléaires, c’est sous terre qu’ils sont enterrés..
    Demain se sont les batteries des voitures électriques qui suivront le même chemin…?
    Nos voitures polluent, elles sont délocalisées en Chine, quand à présent nous devons remplacer les chinois sur les vélos…

    La voiture ne doit pas polluer dans ce pays !!!!

    La déforestation à tout va, provoque une augmentation des problèmes climatiques, mais qui fait quoi ?????

    Peut-être une impression de travailler, toutes ces réunions à un fric fou, mais au bout du bout, il en sort quoi ?

    Macron et ses déplacements en avion pour faire le tour de la planète, pas de pollutions ?

    Quand l’humain parle, c’est bien du co2 qu’il balance ?

    La maladie de la réunionite, pollue énormément en CO2…..!!!!

  2. Bluesun dit :

    Heureusement que lors de la cata de Tchernobyl, nous avions encore nos frontières…

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