Non, messieurs les sénateurs, internet n’est pas l’ennemi des petits commerces : c’est leur meilleur allié !

Rédigé par notre équipe le 17 juillet 2018.

SoLocal Sénat

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En ce début de XXIe siècle, les Cassandre annonçant toutes sortes de malheurs dès qu’une nouvelle technologie fait son apparition ne cessent de se multiplier. Elles arrivent même à instiller leur pessimisme dans l’esprit des responsables politiques, souvent déroutés face à un monde qui évolue.

Sous prétexte de « protéger les centres-villes », le Sénat s’apprête en réalité à bloquer le processus de digitalisation de l’économie française, dont tous les experts s’accordent à dire qu’il est essentiel à la croissance et la compétitivité.

L’article 27 du projet de loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) actuellement étudié au Sénat prévoit d’imposer une taxe sur chaque bien commandé via une plateforme internet, d’un montant allant de 1 à 2 % de sa valeur, en fonction de la distance de la livraison. Tous les achats en ligne effectués par un consommateur seraient concernés par cette taxe, dont l’objectif est de « réduire les externalités des livraisons » et « rééquilibrer la concurrence entre le commerce physique et l’e-commerce ».

Avec les grandes surfaces, le commerce en ligne est en effet tenu pour grand responsable de la désertification des centres-villes français. Or, si le problème est réel (11 % des commerces dans les centres-villes étaient vacants en 2017), cela n’a rien d’une fatalité, comme l’expliquait la journaliste Valérie Heurtel sur France 2 : « Certaines villes ont réussi à inverser la tendance. À Colmar (Haut-Rhin), seulement 6 % des commerces sont vides. C’est deux fois moins que la moyenne, le résultat d’une politique volontariste. La municipalité a créé des parkings avec une heure de stationnement gratuit, elle a mis en place des subventions pour retaper les commerces à l’abandon. Elle a réussi à attirer les touristes avec des activités culturelles ».

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Les PME françaises en retard

D’autres solutions existent. Pour le député (LREM) Patrick Vignal, l’installation d’équipements publics en ville ou la mise en place d’une fiscalité allégée sur la rénovation de l’immobilier ancien pourraient contribuer à mettre un terme à la fermeture ou au départ d’équipements commerciaux et de loisirs vers de grandes surfaces en périphérie.

Une chose, en tout cas, semble sûre : la taxation des nouveaux modes de consommation ne sauvera pas le petit commerce. Certes, en taxant la livraison des produits achetés sur internet, le Sénat vise principalement les sociétés étrangères « peu implantées sur le territoire national » qui bénéficient malgré tout de « conditions fiscales iniques ». Mais le Sénat pénalisera également les sociétés françaises comme Vente-Privée.com ou Cdiscount. Il contribuera en outre à aggraver le retard qu’accusent les PME hexagonales en matière de digitalisation. Car si cette mesure est votée, elle enverra un mauvais signal et n’incitera pas ces chefs d’entreprise à entamer leur mue vers le digital.

Selon un rapport publié par Deloitte l’an dernier, seules 11 % des TPE/PME françaises de moins de 50 salariés sont équipées en outils digitaux de productivité, soit deux fois moins que leurs homologues européennes. L’étude révèle également que 90 % des TPE/PME n’ont pas encore développé de solutions de vente en ligne et seule la moitié des TPE de moins de 10 salariés sont présentes sur le web. En 2015, seulement 66 % des PME françaises étaient équipées d’un site Internet, contre 95 % en Finlande et 87 % en Allemagne.

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Accompagner les PME sur internet

Une situation d’autant plus paradoxale que les entreprises les plus avancées dans leur digitalisation affichent justement une croissance six fois plus élevée que celles qui sont en retard. D’où l’importance d’aider les TPE/PME à développer des solutions innovantes et adaptées. « Le digital ne doit pas être réservé aux grands groupes ni aux initiés. Il est aussi l’affaire des artisans et des commerçants qui veulent s’adapter aux nouveaux comportements des consommateurs, capter une clientèle plus connectée et anticiper les marchés du futur. Il en va de la vitalité du tissu économique local », estime Éric Boustouller, directeur général du groupe SoLocal.

Grâce à de nombreux outils et services numériques, SoLocal propose un accompagnement personnalisé et des solutions adaptées aux TPE et PME souhaitant prendre en main leur « destin digital » pour accélérer leur croissance. Le groupe développe également des partenariats avec Google ou Facebook afin de mettre à la disposition des PME des dispositifs de plus en plus puissants et adaptés.

S’opposer à la digitalisation ne rendra pas service à l’économie française, et décourager l’innovation et l’adaptation des entreprises qui font vivre le tissu économique local ne fera qu’aggraver la situation des territoires. Internet devrait être le meilleur allié de ceux qui souhaitent renforcer les entreprises tout en dynamisant les centres-villes.

Pierre Langlois, Data Analyst

Déjà une remarque sur cet article

  1. Bluesun dit :

    LES PETITS COMMERCES JOUENT DE LA DISPARITION…

    Cela n’est pas une nouveauté.

    C’est le développement des grandes surfaces qui a tué les petits commerces.

    Ce sont aussi les vols et attaques qui ont causé la disparition des petits commerces…

    A présent internet, va t-il faire la disparition des grandes surfaces ?

    Il semblerait que les grandes surfaces prévoient le coup, en mettant en fonction LE DRIVE.

    Mais si le citoyens avait le choix de faire jouer la concurrence jusqu’à présent, se retrouvera de nouveau comme une pomme à l’eau, quand le net aura augmenté tous les prix, parce que seul en place.

    Donc l’Etat “prévoyant”, se gavera encore et toujours, quand le dindon de la farce sera encore et toujours le consommateur, qui râlera en oubliant que la faute vient de lui.

    Pas pour rien, qu’ils ont fabriqué des sans dents….

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