Le Bac pour tous !

Rédigé par notre équipe le 19 juillet 2018.

Le baccalauréat millésime 2018 a été dévoilé il y a quelques jours. Sans surprise, le taux de réussite tend vers 100 % et vient confirmer l’idée selon laquelle ce diplôme n’a plus aucune valeur. Conséquence, les établissements du supérieur procèdent à une sélection à l’entrée plus ou moins cachée. Même Sciences Po Paris n’accepte que les étudiants au compte-goutte via la procédure de mention « Très Bien ». Le système s’effondre et ce n’est pas la réforme du baccalauréat qui entrera en vigueur en 2021 qui va redresser la situation.  

Du temps de sa splendeur, Laurent Fabius avait dessiné les contours du nouveau baccalauréat. Le diplôme sanctionnant les années lycée devait être accessible à tous et c’est à quoi se sont acharnés tous les gouvernements et ministres de l’Education nationale depuis 30 ans. La mission est en passe d’être accomplie avec un taux de 88,3 % de réussite cette année. Encore un ultime effort à fournir et ce sera 100 % ! Et le ministre Blanquer a déjà la solution toute prête ! Elle est pas belle la vie de lycéen ?

La méritocratie est un vilain mot

Alors que l’on nous bassine avec les classements internationaux, la compétition mondiale et la nécessité d’être plus performants que l’Allemand d’à-côté et du lointain Chinois, rien n’est fait par l’Education nationale pour former des têtes bien faites et des esprits autonomes. Pour l’heure, la seule révolution à mettre à l’actif de l’actuel ministre est d’être allé contre l’idéologie dominante de son administration en exigeant que les élèves apprennent à lire, écrire et compter. Une différence de taille avec les années précédentes qui finit tout de même par se fracasser sur un autre écueil : le baccalauréat.

Véritable institution, pierre angulaire du système éducatif français, le baccalauréat est devenu un machin aussi peu utile que le brevet des collèges. Un document officiel qu’on vient faire tamponner par des autorités complices qui savent qu’elles s’achètent un peu de paix estudiantine en délivrant un diplôme vide de sens. Pour cela, on a commencé à revenir sur l’universalité du bac. Considéré comme trop difficile, le bac général a laissé les bacs technologique et professionnel prendre la main. Le bac général ne représente plus que 52 % des heureux candidats.

Le bac ne veut plus rien dire, mais pour certain d’aller au bout de la mission, ce sont les exigences qui se sont effondrées. Un étudiant qui obtient une mention « Très Bien » aujourd’hui peinerait sans doute à décrocher une mention « Bien » avec un bac millésimé en 2007. A quoi pourrait-il prétendre avec des exigences de 1997 ou avant ? Pas grand-chose tant le niveau a baissé. Ce sont les lois de l’égalitarisme. Tous unis et tous au fond du trou ! Plus de jalousie et surtout plus d’intelligence !

Les nouveaux bacheliers ont gagné le droit d’être entrepreneurs ou salariés sous-payés pour les moins ambitieux ou les moins influencés par les discours ambiants. Les autres trouveront aussi leur place en qualité de sous-prolétaires affublés de titres ronflants pour cacher leur misère sociale et économique. Et le pire n’est pas encore arrivé puisque la prochaine réforme du baccalauréat n’entrera en vigueur qu’en 2021. Une réforme qui illustre la force toujours grande de ceux qui promeuvent l’égalitarisme au détriment de la connaissance et de la raison.

Ainsi, à partir de 2021, les candidats seront en grande partie jugés sur le contrôle continu… 40 % de la note finale sera issu d’un contrôle aux contours qui ne sont pas du tout nationaux. Comment comparer deux classes avec des professeurs différents dans des établissements encore plus différents ? Combien vaut un 16 issu d’une ZEP s’il est placé dans un établissement du centre de Paris ? Le nouveau bac va comparer des fruits et des légumes et se donner bonne conscience autour de trois épreuves communes. Le bac n’est plus qu’une coquille vide et bientôt la coquille sera cassée. Il ne s’agira plus que d’un diplôme propre à chaque établissement, voire à chaque classe saupoudré d’une évaluation nationale. Et quand on sait que dans certaines académies, des « 1 sur 20 » se transforment miraculeusement en « 16 sur 20 », le 100 % d’admission au bac est un objectif réaliste ! Enfin une promesse de campagne tenue ?!

Déjà 3 remarques sur cet article

  1. zelectron dit :

    mèm pou lé migan ni parlé pa francé ?

  2. Bluesun dit :

    Et oui le Bac pour tous…

    Puis salaire universel pour tous….

    Depuis Jospin, nous avons le début de la réforme de l’orthographe…et depuis c’est, le tout ; à l’image de la France “nouvelle” …

    GRANDEUR et DECADENCE…..
    LE CHANGEMENT ?
    c’est bien le fruit du travail de nos umpsbisounours-Macron ?

    Rien de rassurant tout de même quand il faut se faire soigner dans les hôpitaux….

    Quand sur un chantier, il faut se faire comprendre dans l’explication des travaux à faire exécuter….

    Quand à la sécurité d’un magasin, il faut remettre carte d’identité, et que le bonhomme ne sait pas lire, il devient impossible de remettre ladite carte sans balancer sur le pupitre toutes les cartes d’identité…chacun peut alors y faire son choix….(déjà vu le cas)…

    Bref, l’école doit vendre de l’intelligence, du savoir écrire, lire, et compter…mais en aucun cas, ne doit devenir un distributeur automatique de diplômes….

    Il ne fallait pas que le GRAND CHANGEMENT, en arrive à l’ânerie universelle….

    En même temps, si la volonté en est à la noyade d’un pays, c’est bien par l’intelligence qu’il faut attaquer ?

  3. Le-civilisateur dit :

    Oui.

    En effet …

    Je confirme, je l’ai vu de mes yeux vu.

    Ils donnent vraiment le bac très facilement.

    Le bac ne rend pas plus intelligent, mais il contribue à insérer dans les jeunes esprits, le discernement, l’anticipation, la responsabilité et la maîtrise, le sens des responsabilités et de l’engagement pour le corps de métier qui nous accorde sa confiance.

    Si le bac et pris à la légère, et qu’on le balance à des jeunes peu investis, alors c’est La qualité d’ une grande partie du secteur professionnel qui va être revu à la baisse.

    Mais dans une société ou 1500 € ne valent plus grand chose.

    Je ne suis étonné que le diplôme qui permet de les toucher n’est finalement pas plus de valeur.

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