Cuivre : le vilain petit canard de l’agriculture biologique

Rédigé par sanspseudo le 28 août 2018.

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Alors que le débat sur l’interdiction du glyphosate reste d’actualité avec la démission de Nicolas Hulot, de nombreuses études soulignent la dangerosité des alternatives étiquetées « bio ».

Le 16 janvier dernier, l’Institut technique de l’agriculture biologique, et l’institut national de la recherche agronomique (Inra), lançaient en plein débat sur le glyphosate un véritable pavé dans la mare de l’agriculture française. Lors de la restitution de l’expertise collective (Esco) sur l’utilisation du cuivre, les deux instituts ont souligné la dangerosité du seul minéral autorisé dans les cultures « bio ».

Des taux de cuivre anormalement élevés

Une pratique ancienne, utilisée dès le XIXème siècle, et qui consiste à répandre sur les feuilles des formules aux propriétés anti-bactériennes, associant sulfates et hydroxydes. Seulement, selon plusieurs études et malgré l’interdiction de déverser plus de 6kg par hectares et par an, de nombreux sols français seraient désormais menacés par une teneur en cuivre trop élevée. Alors que la concentration naturelle de cuivre est de 3 à 100 milligrammes par kilos de sol, des observations menées sur certaines exploitations relèvent jusqu’à 500 milligrammes par kilos.

“Il existe des centaines d’études qui montrent que le cuivre affecte les communautés microbiennes des sols et des composants de la microfaune comme les collemboles “, s’inquiétait début janvier Didier Andrivon, pilote scientifique de l’Esco pour l’Inra. Un problème de taille, lorsqu’on sait que l’objectif des états généraux de l’alimentation est de parvenir à 20% de surface agricole exploitée en « bio ». Si des pistes alternatives existent, comme la résistance variétale, qui vise à insérer des gènes de résistance de races anciennes dans les cultures nouvelles, aucune ne permet pour l’heure de se passer, à grande échelle, du cuivre.

Plus fondamentalement, doit se poser la question du bio à tout prix. Une idéologie relayée parfois par un marketing étudié, sacralise le concept du « biologique » au détriment d’un pragmatisme qui devrait être de rigueur lorsque l’on aborde la politique agricole d’un pays de 65 millions d’habitants.

Les travers de l’étiquetage « bio »

En effet, alors que de nombreux cas démontrent le contraire, l’étiquette « bio » nous rassure, et nous empêche souvent de nous interroger sur l’impact des substances utilisées par ces cultures. Outre la question du cuivre, on peut citer celle de l’acide pélargonique utilisé comme désherbant « biologique » alors que de nombreuses études démontrent sa dangerosité pour les milieux naturels, mais aussi pour l’homme.

Une controverse a ainsi opposé la municipalité de Saint-Pardoux, qui avait choisi d’utiliser cette molécule dans la commune, à la section EELV des Deux-Sèvres.  « Le maire de la commune de Saint-Pardoux se félicite de la mise en place sur sa commune de désherbage «bio» avec des produits naturels » écrivaient alors les représentants du parti écologiste, en mettant en garde contre « la dangerosité de cette dérive qui se pose comme une avancée écologique mais qui n’en est pas une… du tout. »

« L’acide pélargonique est une molécule dangereuse, il suffit de consulter les différentes. C’est une molécule corrosive qui provoque des brûlures de la peau et des lésions oculaires graves pouvant aller jusqu’à une perte de la vue ! Si inhalée elle peut provoquer des lésions des voies respiratoires. » ajoutait le communiqué.

Glyphosate ou cas d’école du principe de précaution

Des controverses qui se multiplient et qui doivent nous interroger sur notre rapport à la culture dite « bio ». Car depuis que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui dépend de l’OMS, a classé en 2015 le glyphosate dans la catégorie 2A, dite « probablement cancérogène pour l’homme », la France a choisi d’interdire l’utilisation de cette molécule, qui permet de désherber sans labour ni destruction de la vie microbiologique du sol, avant finalement de revenir sur ses dires et de repousser à 5ans le délai de l’interdiction.

Utilisée à travers le monde depuis quarante ans, l’herbicide avait été considéré comme l’un des moins nocifs du marché par des dizaines d’études d’agences internationales.

Le 15 août dernier, le désormais ex-ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, reconnaissant par-là ne pas être certain de la dangerosité du produit, affirmait que cette interdiction constitue un « cas d’école du principe de précaution ». Mais alors pourquoi ne pas appliquer le même principe pour les substances dangereuses utilisées par l’industrie du « bio » ?

Une réflexion sérieuse doit être entreprise par les responsables gouvernementaux afin de déterminer dans quelle mesure la prolifération du cuivre dans les exploitations peut perdurer. Plus fondamentalement, on peut se demander si l’interdiction du glyphosate ne relève pas davantage de la mesure hâtive, et idéologique, plus que d’une volonté d’instaurer une agriculture responsable. L’enjeu est de taille puisqu’il en va notamment de la bonne santé du sol français pour les prochaines décennies.

Déjà une remarque sur cet article

  1. Le-civilisateur dit :

    Ils ont pas l’air con les bourgeois-bohèmes.

    Bon appétit les BOBOS !!!

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