Fin de partie pour Carlos Ghosn ?

Rédigé par notre équipe le 21 novembre 2018.

Plus dure sera la chute ! Carlos Ghosn, le tout-puissant patron de Renault et Nissan a subitement fait la Une des l’actualité en France, au Japon et partout ailleurs avec sa spectaculaire arrestation par la police japonaise. A peine arrivé (en jet) sur le tarmac de l’aéroport international de Haneda de Tokya, Ghosn a été embarqué par des policiers drôlement bien renseignés. Et comme d’habitude, il semble que le Gouvernement français soit le seul à ne pas avoir été au courant des possibles indélicatesses fiscales de ce « capitaine d’industrie ».

Que se cache-t-il derrière l’affaire Carlos Ghosn ? Des millions non déclarés ou bien plus encore ? Les médias toujours à la recherche de gros titre ont vu leur patience récompensée. Le charismatique patron de Renault qui a sauvé de la faillite le japonais Nissan se voit fauché en pleine gloire tel un DSK sortant du Sofitel de New York. Les deux hommes ont d’ailleurs été cueillis dans l’avion. DSK en partance vers de nouvelles aventures, Ghosn, lui, arrivant dans le pays qui l’accuse d’avoir dissimulé une partie de ses revenus. Là s’arrêtent les similitudes entre les deux hommes. DSK n’a pas été condamné par la justice américaine car il a sorti quelques millions de sa banque pour un règlement à l’amiable. Ghosn risque très cher justement pour une histoire de millions.

Des millions et une grosse surprise pour l’Etat français

Selon la direction de Nissan, Ghosn aurait déclaré au fisc japonais 4,9 milliards de yens (38 millions d’euros) alors qu’il aurait perçu 10 milliards de yens (78 millions d’euros). Une différence de taille qui a incité la firme japonaise à lâcher son président dans un communiqué à la violence encore jamais vue dans les annales de l’impitoyable univers de l’industrie. Mais la liste des reproches ne s’arrête pas là : « de nombreuses autres malversations, notamment l’utilisation de biens de l’entreprise à des fins personnelles » selon le président exécutif de Nissan. En droit français, il s’agit d’abus de biens sociaux. En droit français, il existe la présomption d’innocence, mais ça le Gouvernement français l’a quelque peu oublié afin de ne pas tomber avec l’ancienne star de l’industrie automobile.

Officiellement, la justice japonaise fait son travail et l’Etat français suit l’affaire de loin. Il ne faudrait pas être mêlé à un mélange des genres surtout avec un pays étranger souverain. Mais l’Etat est plus qu’attentif comme en atteste la rencontre de Carlos Ghosn avec l’ambassadeur de France au Japon. Un ambassadeur qui se déplace en prison dès qu’un ressortissant français est incarcéré dans les geôles nippones ? Carlos Ghosn n’est pas n’importe qui et derrière ces révélations se cache une lutte d’influence pour savoir qui aura la main sur l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.

Il se murmure que la chute aurait été orchestrée par Nissan afin de retrouver plus d’autonomie (Renault possède 43 % de son capital) et d’éviter une fusion pure et simple avec son sauveur du début des années 2000. Une thèse qui paraît plus que probable et qui met dans l’embarras une entreprise Renault détenue à 15 % par l’Etat français. Un Etat qui ne se serait rendu compte de rien malgré la folie des grandeurs dont est accusée Ghosn. Oui, mais les faits – si faits il y a – se sont déroulés au Japon très loin de la juridiction française… Un industriel de l’envergure de Ghosn qui a porté l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi à la première place mondiale évoluerait donc en dehors des radars des services ?

Encore une fois, l’Etat français semble être l’entité la moins bien renseignée au monde. Si cette défaillance est réelle alors, c’est grave. On pourrait aussi penser que les politiciens qui font des courbettes à Carlos Ghosn dans les usines Renault savaient pertinemment de quoi il en retournait, mais qu’il fallait mieux fermer les yeux vis-à-vis d’un patron aussi puissant. Fort avec les faibles et faible avec les forts. Une philosophie dont devrait se souvenir les gilets jaunes. Aujourd’hui, l’objectif de l’exécutif français est de tout faire pour ne pas être associé à la vie et à la chute de Ghosn. On pousse donc des hommes pour reprendre le flambeau en espérant un prompt retour de Ghosn en France qui se soldera sur une démission rapide.

Oui, mais voilà, l’homme n’est pas du genre à baisser la tête et à renoncer à des dizaines de millions d’euros. Macron le sait bien puisqu’en tant que ministre de l’Economie il s’était ému de l’indécente rémunération du patron de Renault et avait menacé de légiférer. Que s’est-il passé ? Ghosn a obtenu ce qu’il voulait et a profité d’une confortable rémunération de plus de 16 millions d’euros en 2016… Macron avait alors fait la preuve de sa faiblesse par rapport aux puissants et son peu d’entrain à mettre fin à un système délirant. Ghosn, lui, avait fait la preuve de son amour immodéré pour l’argent. Au fond rien n’a changé depuis. Il faut juste supporter l’insupportable et regarder Macron jouer au gentil benêt perdu au Palais de l’Elysée.

Déjà 5 remarques sur cet article

  1. amazonia dit :

    MACRON ET LES RIPOUX . POUR EUX LUXE /PRIVILEGES ++
    STOP . LES POTES DE MACRON . VOLEURS DES IMPOTS
    DU PEUPLE .
    STOP LES PRIMES DE NOEL / CHAUFFAGE et autres ++
    pour le SENAT /ASS. NATIONALE . STOP LES PRIMES .
    DONNER SALAIRE CORRECT POUR FAIRE VIVRE LES FRANCAIS .
    SALAIRE MINIMUM .1500 EUROS ? QUAND ?
    FRANCE LIBRE . TOUS GROUPIR .
    STOP MACRON . UE . EQUARISSEURS DE PEUPLES ./

  2. Bluesun dit :

    CE N’EST PAS LA PROFESSION QUI HONORE L’HOMME, MAIS C’EST L’HOMME QUI HONORE LA PROFESSION….

    DSK, est comme Mozart, il cherchait une ouverture pour sa flûte enchantée.

    Carlos Ghosn, a une tête à la mister Bean, fait qu’à présent il rit jaune.

    Débordement d’argent (pour cause de crise), arrive qu’un jour où quand ça déborde, ça dépasse !!!

    Quand on pense que la délocalisation de nos emplois a contribué à fabriquer des sans dents !!!!

    Chacun est l’artisan de son sort…..

  3. Le-civilisateur dit :

    N’oublier pas de vous rendre à Paris le 24 avec vos gilets jaunes.

  4. Bluesun dit :

    Henri Rochefort disait :

    “Si haut qu’on monte, on finit toujours par des cendre”.

  5. Bluesun dit :

    Même quand je ne dis rien, cela fait du bruit
    — Ségolène Royal

    C’est le résultat de la “bravitude”

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