Le Sénat ouvre une brèche, la Macronie perd la tête

Rédigé par notre équipe le 22 février 2019.

La publication du rapport de la Commission d’enquête du Sénat a éclaté au visage de la Macronie. Le choc est d’autant plus grand que les conclusions sont implacables pour le pouvoir. Sonnés, les Cerbères de la Macronie dont certains sont directement visés dans le rapport d’enquête ont d’emblée promis des réponses sur le fond. Plus de 48 heures après, pas l’ombre d’une réponse, mais des hurlements et des menaces qui montrent bien que la démocratie est bien combattue du côté de l’exécutif et défendue par le Sénat.

Au sortir du Conseil des ministres ce mercredi, Benjamin Griveaux avait sa tête des mauvais jours. Au lieu de dérouler les inepties politiciennes concoctées par ses pairs, le porte-parole du Gouvernement a dû répondre aux questions embarrassantes sur l’affaire Benalla-Macron. Des questions d’une grande actualité puisque le rapport de la Commission d’enquête du Sénat venait tout juste d’être publié. Un rapport peu cordial vis-à-vis de l’exécutif que Griveaux s’est chargé d’étriller sans même l’avoir lu ! Selon ce lecteur pas comme les autres, les sénateurs auraient accumulé « beaucoup de contre-vérités » qui appellent des « réponses factuelles » de la part de l’exécutif.

Stupeur et hurlements en Macronie

Circulez, il n’y a rien à voir dit le Griveaux. Malheureusement pour lui et ses petits copains, c’est plutôt circulez, il n’y a rien à entendre puisque les « réponses factuelles » se font attendre. Pas l’ombre d’une remise en cause sur le fond. C’est pour le moins curieux pour un rapport censé être truffé d’âneries et de « contre-vérités ». Le pouvoir ne sait pas quel gros bobard encore inventer pour se dépatouiller de cette affaire, alors au lieu de s’exposer sur le fond il prend les rames de la République et tape sur tout ce qui bouge.

C’est ainsi que le Premier ministre a gratifié les Français d’une sortie hallucinante ce jeudi. Après 24 heures de réflexion, Edouard Philippe n’a eu d’autre choix que de contester la légitimité de la Commission d’enquête. Pourquoi ne pas l’avoir fait au cours des mois précédents ? Cette dernière serait illégitime à faire des remarques sur l’organisation de l’administration en marche au sein de l’exécutif. Ainsi, les conclusions tirées seraient elles aussi illégitimes malgré leur pertinence indiscutable.

Edouard Philippe a donc daigné sortir de son bureau pour lancer des accusations graves contre le Sénat depuis le perron de Matignon. « La commission d’enquête sénatoriale du Sénat et le Sénat ont choisi de livrer une appréciation très politique » de l’affaire Benalla-Macron juge un Premier ministre qui se dit « pas surpris mais déçu ». « Personne ne peut être surpris que le Sénat fasse de la politique [mais] peut-être peut-on exprimer de la déception quand des sénateurs méconnaissent le principe de séparation des pouvoirs de cette façon » conclut celui qui a vendu son âme à la Macronie.

L’attaque est lancée et tournait déjà en boucle chez les députés En Marche – ceux là même qui ont saboté la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale justement pour éviter d’en arriver à des conclusions accablantes pour l’exécutif. Mais le Sénat est-il en tort lorsqu’il dénonce notamment les « dysfonctionnements majeurs au sein des services de l’Etat » ? Tous les professeurs et vrais experts en droit constitutionnel affirment que non. Le Sénat est dans son rôle et c’est parce qu’il fait correctement son travail que la Macronie en devient folle (de rage).

 

Philippe Bas, le président de la Commission d’enquête sénatoriale a d’ailleurs rappelé « Le parlement n’est pas la justice. Face à des faits qu’il juge d’une réelle gravité, il remet ses observations détaillées entre les mains d’un procureur en rappelant l’importance de son rôle de contrôle des institutions ». Charge désormais au président du Sénat (toujours dans le cadre des règles légales) de saisir la justice en demandant que Benalla et Crase soient poursuivis pour parjure. Un président du Sénat qui doit aussi demander à la justice de s’occuper des cas Kohler, Strzoda et Lavergne dont les réponses sous serment ont laissé plus d’un sénateur et Français dubitatif.

 

Avec ces trois là pris dans l’étau de la justice, la vérité ne serait plus très loin. Place donc aux juges – et pas ceux qui copinent avec Macron – pour en finir avec un pouvoir qui a peut-être entravé la manifestation de la vérité pour mieux cacher ses horribles secrets.

Déjà 3 remarques sur cet article

  1. amazonia dit :

    HEUREUSEMENT . LE SENAT . a fait son travail . MERCI .
    sur l’affaire BENALLA . Ce qui n’est pas le cas des députés
    Assemblée nationale entre les mains de EN MARCHE .
    Commission ? ETRE JUGE et PARTI ? 100% Magouilles CQFD .
    Monsieur MACRON : doit comprendre que
    les sénateurs / députés / ministres et LUI même ! TOUS /TOUS sont payer par NOS IMPOTS / TAXES +++
    ALORS MACRON STOP LE CIRQUE ETRE LE MAITRE ?
    DE QUI ? PATHETIQUE /RIDICULE. (( petit chose qui dit
    ceux qui ne sont RIEN ? de la part d’un moins que RIEN .))
    insulte les FRANCAIS ? Zéro respect .
    HONTE EST POUR LUI . Monsieur PETIT MACRON .

  2. Bluesun dit :

    “Qui conçoit en secret accouche en public.”
    Proverbe turc.

  3. Malgré les accusations justifiées du SENAT, un juge hors Macron sera-til nommé ? aura-t-il le courage de tenir tête au Président et à toute sa clique ? Je me le demande ? Il serait tout de même temps que nous sachions l’exacte place qu’occupait BENALLA qui semble nous avoir coûté bcp de fric…Merci aux sénateurs d’être présents, malgré le mépris envers eux de l’exécutif en place.

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